‹ Cinq cents contes et apologues (volume 2)Chapitre 3 sur 59 · TP: XIV, 10, D · texte numérisé non relu

TP: XIV, 10, D

Un perroquet recueillait des fleurs et des fruits pour son père

et sa mère aveugles. Le maître d’un champ, irrité de voir les

oiseaux lui dérober ses grains, tend un filet et prend le perroquet. Celui-ci lui tient un discours sur l’avarice ; l’homme, ému par ces paroles et touché de la piété filiale du MU LU remet en liberté son prisonnier (1).

(WErPIp,, XIVS 10 pp. 2 V3 0ve.)

Il y a de cela fort longtemps, il y avait un royaume dont le nom était Æ'i-lao (rejeter-vieillards) ; dans ce pays, toutes les fois qu'il y avait un vieillard, on le chassait au

loin. Or, un grand ministre avait un père âgé, et, suivant

la loi du royaume, il était dans l'obligation de le renvoyer ; mais, comme il était animé de piété filiale et de déférence, il ne pouvait s’y résoudre ; il creusa donc un trou profond dans la terre et y fit une habitation cachée dans laquelle il plaça son père ; il lui donnait en temps opportun ses soins dévoués.

Or il advint qu'un esprit céleste, qui tenait dans ses mains deux serpents, les plaça en haut de la salle principale du roi et dit à ce dernier ces paroles : « Si vous pouvez distinguer lequel est le mâle et lequel est la femelle, votre royaume obtiendra de rester en paix; mais si vous ne pouvez pas le distinguer, votre personne et votre royaume, dans sept jours, seront entièrement renversés et anéan-

(1) Traduit par Stanislas Julien (Les Avadänas, t. 1, pp. 68-70 ; ef. Jétaka, n° 484.

tis (1). » Quand le roi eut entendu ce discours, son cœur en conçut du déplaisir; il délibéra sur cette question avec tous ses ministres rassemblés; chacun d'eux s’excusa, disant qu'il était incapable de faire cette distinction. Le roi alors publia une proclamation dans tout son royaume pour promettre des titres et des récompenses magnifiques à qui serait capable de faire cette distinction. Le grand ministre retourna chez lui et alla interroger son père ; celui-ci répondit à son fils : « La distinction est aisée à faire ; prenez une matière fine et souple et posez dessus les serpents : celui qui aura remué se fera ainsi reconnaître pour le mâle; celui qui sera resté immobile se fera ainsi reconnaître pour la femelle ». On suivit ce conseil et on put effectivement distinguer le mâle de la femelle. L'esprit céleste posa encore cette question : « Qui est celui qu'on appelle éveillé quand il est endormi, et endormi quand il est éveillé ? »

Le roi et ses ministres furent de nouveau incapables de résoudre l’énigme ; on publia une seconde proclamation dans tout le royaume, mais personne ne put expliquer l'énigme. Le grand ministre demanda à son père quel était le sens de cette définition. Le père répondit : « Elle s'applique à un savant; au yeux du vulgaire, celuici est éveillé ; aux yeux des arhats, il est endormi (2). » Telle fut donc la solution qu'on apporta au génie céleste. Le génie céleste demanda derechef : « Combien pèse ce grand éléphant blanc? » Les ministres délibérèrent entre eux, mais aucun d'eux ne put le savoir; cette fois encore, on publia une proclamation dans tout le royaume et personne ne put savoir quelle réponse faire. Le grand

(1) Cette question est une de celles qui sontposées au jeune Mahosadha, âgé seulement de sept ans, dans le Jâtaka, n° 546 (trad. Cowell et Rouse, t. VI, p. 167). Mais la réponse est différente.

(2 Parce que le savoir laïque n'est pas la vraie connaissance aux yeux de celui qui possède la sagesse religieuse.

ministre interrogea son père qui lui dit : « Placez l’élé-

phant sur un bateau qui aura été mis dans un grand lac; faites alors un trait pour marquer jusqu’à quelle profondeur le bateau s'enfonce dans l’eau; puis, (l'éléphant étant enlevé), mettez des poids en pierre dans ce même bateau jusqu'à ce que l’eau couvre la ligne que vous aurez tracée. Vous saurez ainsi quel est le poids de léléphant (1) ». On apporta donc cette ingénieuse solution au génie céleste.

Le génie céleste demanda encore : « Quelle est la quantité d’eau contenue dans les deux mains réunies qui est plus considérable que la grande mer ? Quelqu'un le saitil? » Les ministres délibérèrent entre eux, mais ils ne purent résoudre le problème; on fit encore une proclamation qu’on publia partout et il n’y eut personne qui sût la réponse. Le grand ministre demanda à son père ce que signifiait cette question; son père lui dit : « Cette énigme est facile à résoudre. Si un homme capable d’être croyant et pur fait offrande de la quantité d’eau qu’il peut tenir entre ses deux mains au Buddha, aux religieux, ainsi qu'à son père, à sa mère, et aux hommes en péril ou malades, grâce à ce mérite, pendant plusieurs milliers et myriades de kalpas, il recevra des bonheurs illimités: quelque considérable que soit la grande mer, elle ne

(1) Ce remarquable procédé de pesée a passé dans le folklore chinois qui en attribue l'invention à Ts’ao Tch'ong À Yi. Le célèbre Ts'ao Ts’ao

Li fa (152-220 p. C.) avait un grand éléphant dont il désirait connaitre le poids; Ts'ao Tch'ong, qui n'était alors âgé que de cinq ou six ans, lui indiqua l’artifice même dont nous avons la description dans notre conte. Un livre d'école primaire, qui m'a été communiqué par M. C. Blanchet, le Xouo wen kiao k'o chou (Commercial Press, Chang-haï), raconte cette anecdote et y joint une vignette où on voit l'éléphant placé dans le bateau, tandis que le petit Ts'ao Tch'ong trace sur le bordage une ligne à l'endroit où affleure l’eau. Il est intéressant de trouver dans le Tsa pao tsang king le prototype de ce récit qui nous montre que la littérature des contes a pu introduire de l'Inde en Chine même des principes de physique.

dure pas plus d’un kalpa; en raisonnant ainsi, on voit que la quantité d’eau contenue dans les deux mains réunies est des centaines, des milliers et des myriades de fois plus considérable que la grande mer. » Telle fut la réponse qu’on donna au génie céleste.

Le génie céleste se transforma derechef en un homme affamé qui n’était plus qu’un squelette et il vint demander : « Y a-t-il au monde quelqu'un qui soit plus affamé, plus maigre et plus tourmenté que moi? » Les ministres assemblés se consultèrent, mais ne purent répondre. Le grand ministre alla exposer la chose à son père. Celui-ci lui dit : « Dans le monde, lorsqu'un homme est avare, avide et jaloux, qu’il ne croit pas aux trois Joyaux, qu’il ne sait pas entourer de soins son père, sa mère, ses maitres et ses aînés, il tombera, lors de ses existences ultérieures, dans la condition de démon affamé ; pendant des centaines, des milliers et des myriades d'années, il n’entendra même pas les mots « eau » et « céréales » ; son corps sera comme une grande montagne et son ventre comme une profonde vallée ; sa gorge sera comme une aiguille fine; ses cheveux seront comme des épées aiguës ; de son corps jaillira du feu et tout son être sera brûlant; tout le long de son corps jusqu’à ses pieds, à chaque mouvement qu'il fera, les articulations de ses membres prendront feu; un tel homme endurera des souffrances de la faim des centaines, des milliers et des centaines de fois plus pénibles que celles que vous éprouvez. » On rapporta donc cette réponse au génie céleste.

Celui-ci se transforma en un homme dont les mains et les pieds étaient chargés d’entraves; son cou était enchainé; de son corps jaillissait du feu et toute sa personne était brûlée ; il demanda encore : « Y a-t-il quelqu'un qui endure de plus grandes souffrances que moi? » Les ministres discutèrent à ce sujet, mais ne surent que répondre. Le grand ministre interrogea encore son père

qui lui dit: « Lorsque, dans ce monde, il y a une personne qui manque de piété envers son père et sa mère, qui résiste et nuit à ses maîtres et à ses aînés, ou, si elle est une femme, qui se révolte contre son mari, et lorsque cette personne parle mal des trois Vénérables, elle tombera, lors de ses existences ultérieures, dans les enfers où il y a les montagnes de couteaux et les arbres d’épées, les chars de feu et le charbon ardent des fournaises, le fleuve où on s’engloutit et l'urine bouillante, les chemins de glaives et les chemins de flamme, et les tourments analogues, sans mesure, sans limite, innombrables. Si on compare le sort de cette personne au vôtre, il est des centaines, des milliers et des myriades de fois plus pénible. » Ce fut donc cette réponse qu’on apporta au génie céleste.

Le génie céleste se transforme alors en une femme dont la merveilleuse beauté l’emportait sur celle de toutes les femmes de ce monde; puis il demanda : « Y a-t-il au monde quelque personne d’une beauté égale à la mienne ? » Les ministres restèrent silencieux et ne surent que répondre. Le (grand) ministre interrogea de nouveau son père qui lui répondit : « Dans le monde, lorsqu'un homme a foi dans les trois Joyaux et les vénère, obéit avec piété filiale à son père et à sa mère, se plait à faire des libéralités et supporte avec patience les injures, progresse dans la vertu et observe les défenses, il obtient (plus tard) de naître en haut parmi les devas et il a alors une beauté merveilleuse qui l'emporte des centaines, des milliers et des myriades de fois sur la vôtre, en sorte que, si on vous compare à lui, vous avez l'air d'un singe aveugle. » On transmit cette réponse à l'esprit céleste.

L'esprit céleste prit encore un morceau de bois de ichen l'an (candana, santal) parfaitement quadrangulaire et régulier, puis il demanda: « Où en est la tête? » Les ministres appliquèrent à cette question toutes les forces de leur intelligence, mais ne surent que répondre. Le

ministre interrogea de nouveau son père qui lui répondit: « C'est là une chose facile à connaître ; jetez ce morceau de bois dans l’eau ; la base sera constamment plus lourde et l'extrémité qui forme la queue se dressera en l'air. » Telle fut donc la réponse qu'on fit à l'esprit céleste (1).

L'esprit céleste prit deux juments blanches, de taille et de couleur identiques, puis il demanda: « Laquelle est la mère ? Laquelle est la fille ?» Les ministres, cette fois encore ne surent que répondre. Le grand ministre interrogea son père qui lui dit : « Donnez-leur de l'herbe à manger; celle qui est la mère ne manquera pas de repousser l'herbe pour la donner à sa fille. »

De cette manière, on put répondre successivement à toutes les questions. L'esprit céleste en fut très satisfait; il donna en grande quantité au roi de ce royaume des joyaux et des richesses, puis il dit au roi: « Dorénavant je protégerai le territoire de votre royaume en sorte que les ennemis du dehors ne pourront l’envahir et lui nuire. » Quand le roi eut entendu ces paroles, il en conçut des transports de joie; il demanda alors à son ministre : « Estce vous même qui avez su tout cela ou est-ce quelque autre homme qui vous l’a enseigné ? Grâce à votre intelligence supérieure, notre royaume a réussi à rester tranquille ; en outre il a obtenu des joyaux et des richesses et il est assuré d’être protégé. Tout cela est dû à vos capacités. » Le ministre répondit au roi: « Ma sagesse personnelle n'y est pour rien; je désire, à roi, que vous m accordiez la faveur de n’avoir rien à craindre et je vous exposerai tout ce qui en est. » Le roi répliqua : « Quand bien même vous auriez commis des crimes méritant dix mille fois la mort, je ne vous en demanderai pas compte; à combien plus forte raison ne le ferai-je pas pour une légère faute. » Le ministre dit au roi: « C’est une loi de

(1) Cf. la même énigme résolue de la même manière dans le Jätaka, n° 546 (trad. Cowell et Rouse, t. VI, p. 166).

… ce pays qu'il n’est pas permis de nourrir les vieillards. - J'ai un vieux père ; comme je ne pouvais me résoudre à le - chasser au loin, j'ai contrevenu aux prescriptions du roi

et je lai caché sous terre. Or toutes les réponses que je —. vous ai précédemment apportées furent dictées par la … sagesse de mon père et ne sont point dues à mes capacités. Mon unique désir, Ô grand roi, est que, dans toute l'étendue du royaume, vous permettiez, contrairement à ce qui s’est fait jusqu'ici, de nourrir les vieillards. »

Le roi, tout émerveillé de ces paroles, en conçut de la joie ; il fit des offrandes au père de son ministre et l’honora en le nommant son maître: « IL a sauvé, ajouta-t-il, la vie de tous les habitants du royaume. Un tel service, je ne saurais jamais assez le reconnaître. » Puis le roi promulœua un ordre, qui devait être annoncé partout, pour dire qu'il n’était plus permis de chasser les vieillards, qu'on devait les nourrir avec piété filiale et que ceux qui se conduiraient mal envers leur père et leur mère seraient passibles de grands châtiments.

Le Buddha dit : « Celui qui, en ce temps, était le père, c'est moi-même; celui qui était le ministre, c’est Chü-lIfou (Câriputra); celui qui alors était le roi, c'est A-chüche (Ajâtaçatru) ; celui qui, en ce temps, était l'esprit céleste, c’est A-nan (Ânanda). »

GP XIV 10 D: 9 ve)

Le Bouddha s’est rendu dans les cieux Trayastrimças, et pen-

dant quatre-vingt-dix jours, il a expliqué la Loi pour le béné-

| fice de sa mère Mâyà ; aux bhiksus qui s'en étonnent, il répond par un jâtaka : autrefois le Buddha était un roi-singe qui commandait à cinq cents singes ; il les sauva en une occasion

où ils avaient été pris dans les filets d’un chasseur ; une autre

fois, une vieille guenon étant tombée avec son petit qu'elle

porlail sur ses épaules, au fond d'un ravin, les singes se sus-

pendirent les uns aux autres en se prenant par la queue et le =

roi singe put, en se mettant au bout de la chaîne ainsi formée, retirer la vieille mère du fond du gouffre. S'il a pu agir ainsi en : faveur de la guenon quand il n'était que singe, qu'est-ce que le Buddha ne fera pas maintenant en faveur de sa mère pour la délivrer des trois voies mauvaises ?

( Fripe, LIN: Lo; PP: 3 vo-/ Pas

Avadänas destinés à expliquer pour quelles causes la femme esclave AXia-lan-lchü-lo (Katañngalà) a obtenu de devenir bhiksuni, puis d'atteindre à la dignité d’'arhat (1). |

(Trip.. XIV, 10, p. 4 v°-4 r°) (2).

Un jeune homme nommé Ts'eu-l'ong-niu (Maïtrakanyaka) est orphelin de père ; 1l donne à sa mère tout ce qu'il gagne, à savoir 2 pièces de monnaie par Jour, puis 4 pièces de monnaie, puis 8, puis 16. Il se décide à aller sur mer pour s'enrichir ; sa mère veut le retenir et embrasse ses pieds ; il frappe sur les mains de sa mère pour l'obliger à desserrer son étreinte, et, dans ce geste, 1l lui casse quelques dizaines de cheveux. I} part et amasse de grandes richesses ; au retour, il est, pendant le trajet sur terre, abandonné par la caravane dont il élait le chef. Il arrive à une ville de lreou-li violet où il est reçu par 4 belles femmes qui lui donnent 4 perles et il vit dans les délices pendant 40.000 années ; puis il arrive à une ville de p'o-li où il est reçu par 8 belles femmes qui lui donnent 8 perles et 1l vit dans les délices pendant 80.000 années ; puis il arrive dans une ville d'argent où il est reçu par 16belles femmes qui lui donnent 16 perles et il vit là 160.000 années ; puis il arrive

(1, Cf. FEER, Avadäna çaltaka (Annales du Musée Guimel, t. XVIII, p. 289- 293), (2 CR len39 AA pp 131-127:

nheommest

TSA PAO TSANG KING Il

à une ville d’or où il est reçu par 32 belles femmes qui lui don-

nent 32 perles et il vit là 320.000 années. Enfin il arrive à une

ville de fer ; il y trouve un homme qui portait sur la tête une roue de feu ; cette roue se transporte aussitôt sur la tête de | «.… Ts'eu-l'ong-niu. Celui-ci demande à un geôlier pourquoi il doit - endurer ce supplice et pourquoi il a éprouvé auparavant de si

grandes félicités. Les joies qu'il a éprouvées par quantités pro-

portionnées aux nombres 4, 8, 16 et 32 sont la récompense du

bien qu'il a fait autrefois à sa mère en lui donnant 2 pièces de monnaie, puis 4, puis 8, puis 16. Le supplice de la roue de feu lui est infligé parce qu'il a cassé des cheveux à sa mère. Les peines de Ts’eu-l'ong-niu ne devaient prendre fin que lorsque quelque autre, homme, ayant agi comme lui, viendrait le remplacer; mais il conçoit la bonne pensée de concentrer en lui les douleurs de tous ceux qui souffrent et aussitôt la roue de feu tombe par terre. Le geôlier, irrité, le tue, mais il renaît dans les cieux Tusita.

CETED UN, DO DDLE VE

Autrefois dans les montagnes neigeuses il y avait un ascète nommé T'i-po-yen (Dyvaipâyana) qui avait coutume d'’uriner sur une roche. Une biche, qui lécha ce rocher, devint grosse et donna le jour à une fille ; cetle fille était fort belle, et, dans chaque endroit où elle posait le pied, naissait une fleur de lotus. Un jour que le feu qu'elle était chargée d'entretenir s'était éteint, elle se rend chez un voisin pour emprunter du feu et, sur la demande du maître de maison, fait sept fois le tour de sa demeure qui se trouve ainsi entourée de sept rangs de lotus.

Survient le roi Wou-l'i-yen (Udayana) qui voit les lotus, s ‘enquiert

de leur origine, recherche la fille, la trouve et l'épouse. La jeune femme donne naissance à cinq cents œufs ; la première femme du roi, poussée par la jalousie, substitue cinq cents boulettes de farine aux cinq cent œufs qu'elle place dans une boîte scellée el

jette dans le Gange. La boîte est recueillie par le roi Sa-lan-

(1) Cf. le n° 23, t. [, pp. 80-84.

p'ou dont le royaume est situé en aval; ce roi donne un œuf à chacune de ses cinq cents épouses et de chaque œuf sort un garçon qui devient beau et fort. Quand ces cinq cents enfants sont devenus de vaillants hommes, le roi Sa-tan-p'ou refuse de payer tribut au roi Wou-l'i-yen et l'attaque. En ce péril, le roi Wou-l'i-yen a recours à la femme aux fleurs de lotus ; il la place sur un grand éléphant blanc et la met en avant des troupes; la femme presse ses deux seins et de chacun d'eux sortent deux cent cinquante jets de lait qui tombent droit dans la bouche de ses fils, les cinq cents guerriers de l’armée ennemie. Les fils reconnaissant alors leur père et leur mère, la guerre prend fin. Les cinq cents fils, de même que les deux rois, deviennent des Pratyeka Buddhas.

Cri IN TO ph D V0 :)

Autre rédaction du même récit : la fille née de l’ascète et de la biche a des pieds de biche ; elle est épousée par le roi du royaume de Fan-yu (Brahmavati) ; elle donne le jour à mille feuilles de lotus auxquelles l'épouse principale substitue une masse de viande de cheval pourrie ; les mille feuilles de lotus, après avoir élé jetées dans le Gange, sont recueillies par le roi du royaume de Wou-k’i-yen (Uddiyâna) ; sur chaque feuille il y avait un petit garçon. Les mille fils deviennent de vaillants guerriers et attaquent le roi de Fan-yu; leur mère monte sur une tour élevée et presse ses deux seins : de chaque sein sortent cinq cents jets de lait qui tombent dans la bouche des mille fils.

rip NIV 6::p 00)

L'éléphant blanc à six défenses, tué par le chasseur qui s’est revêlu d'un kâsâya. C’est le Saddanta jâtaka.

(PGI n°280 1 pp, 101104

(Frp.; XIV, 10: p6%) (1):

Sasa jâtaka. Ici il n’y a que deux personnages : l’ascète et le lièvre qui se jette dans le feu pour lui assurer un repas.

CPP RINE MO ND 7 ES),

Le bon roi-singe sauve cinq cents singes en leur faisant tra-

verser la rivière sur une branche d’arbre p'i-to-lo qu'il a cour-

bée. Le méchant roi-singe cause la mort de ses cinq cents sujets en ne sachant pas comment les faire fuir.

(Trip, XIV 10; D 7 vo),

En temps de disette, un homme pauvre enterre vivants son père et sa mère afin d'avoir de quoi nourrir ses nombreux enfants. Son exemple est suivi et devient la règle dans le royaume de Po-lo-nai (Vârânasi). Un homme, qui désire sauver son vieux père du sort qui l'attend, l'installe dans une habitation | qu'il a ménagée sous la terre, en sorte qu’on peut croire que, | suivant la coutume, il l’a enterré vivant ; un génie pose alors quatre énigmes au roi en lui annonçant que si, dans sept jours, | ilne les a pas résolues, sa tête sera brisée en sept morceaux. Le vieillard dicte à son fils des réponses qui sont toutes tirées de la religion bouddhique et le roi peut être sauvé. Par reconnaissance le roi abroge la loi qui prescrivait d’enterrer vivants les vieillards.

(Trip XIV, 20, p'OrTiev.)

Grâce à son grand éléphant parfumé, le roi de Pr-Fi-hi (Videha) a triomphé du roi de Xia-che (Kâçi). Ce dernier, pour

(1) Cf. le n° 21, t. I, pp. 75-77.

(2) Cf. le n° 114, t. I, pp. 385-386.

(3) Réplique affaiblie du n° 400, t, ITF, pp. 3-9.

lutier contre son ennemi, fait capturer. dans la montagne un éléphant blanc parfumé qui lui assurera, pense-t-il, la victoire, Mais, quand cet éléphant est installé dans l'écurie, il refuse de manger ; comme on lui en demande la cause, il dit que son son père el sa mère sont vieux et aveugles et qu’il doit retourner auprès d’eux pour les nourrir; après leur mort, il reviendra. Émerveillé de sa sagesse, le roi de Xïa-che s'écrie : « Nous ne sommes que des éléphants à tête d'homme ; mais cet éléphant est un homme à tête d'éléphant. » Il rend la liberté à l'éléphant el ordonne que la piété filiale soit rigoureusement observée dans tout le royaume. Quand le père et la mère de l'éléphant sont morts, celui-ci revient auprès du roi de Xïa-che qui veut aussitôt combattre ; l'éléphant l'en dissuade en lui montrant les maux de la guerre ; puis il se rend auprès du roi de Pi-l'i-hi et le décide à faire la paix avec son ennemi.

(Trip., XIV, 10, p. 8 vw.)

Autrefois, dans le royaume de Po-lo-nai (Vârânasi), c'était la coutume, lorsqu'un homme atteignait l’âge de soixante ans, que ses enfants le missent hors de sa demeure en le chargeant de garder la porle et en lui donnant seulement un tapis pour se coucher dessus. Le cas s'étant présenté dans une famille où il y avait deux frères, le frère cadet coupe l'unique tapis qui se trouve dans la maison et en donne la moitié à son père ; à son frère aîné qui lui demande l'explication de sa conduite, il répond que l’autre moitié du tapis est destinée à son frère aîné quand celui-ci aura à son tour atteint l’âge de soixante ans. Le frère aîné comprend alors la barbarie de la coutume ; lui et son frère cadet obtiennent du premier ministre, puis du roi, qu'elle soit abrogée.

CTP AIN A0 -DR:r0N 0:

La femme de Brahmadatta, roi de Värânasi, s'irrite de ce que

le roi a voulu lui faire boire le vin qui restait dans le fond de sa coupe et elle prononce cette parole imprudente : « Plutôt

que de boire ce vin, j'aimerais mieux percer la gorge de mon

fils et boire son sang. » Le roi la prend au mot et fait appeler

le jeune garçon; celui-ci demande pourquoi on veut le tuer; le roi lui répond de demander grâce à sa mère ; la mère refuse et

. on coupe la gorge à son fils pour lui en faire boire le sang.

PErrD XIVe To D 0)

Explication des causes pour lesquelles le bhiksu T'o-piao, quoique doué de qualités éminentes, a pu être calomnié par une bhiksuni au point d'en être réduit à se consumer lui-même en entrant dans le samädhi de l'éclat du feu.

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