‹ Cinq cents contes et apologues (volume 2)Chapitre 6 sur 59 · PP I CO I TS SR PU · texte numérisé non relu

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ordres du roi (votre père) qui ne m’a pas permis de vous

emmener avec moi pour vous montrer à d’autres hommes, j'ai souvent été puni, » Quand sa femme eut entendu ce qu'il lui disait, elle en fut couverte de confusion et s’en affligea profondément. Jour et nuit elle se mit à penser au Buddha.

À quelques jours de là, on fit un nouveau banquet, et, cette fois encore, le mari s’y rendit seul. Sa femme, restée à la maison, prononça, avec un redoublement d’ardeur dans la prière et d’affliction, le vœu suivant : « Quand le Tathâgata est apparu dans le monde, il a fait du bien à beaucoup d'êtres. Moi seule, à cause de mes fautes, je n'ai pas pu en bénéficier. » Le Buddha, ému de la perfection de ses sentiments, lui apparut alors en bondissant hors de terre; elle vit d’abord les cheveux du Buddha, et quand elle en eut été émue de respect et de joie, ses propres cheveux se transformèrent en de beaux cheveux; elle vit ensuite le front du Buddha, puis ses sourcils, ses yeux, ses oreilles, son nez, sa bouche et son corps ; à mesure qu’elle les contemplait successivement, sa joie devenait de plus en plus profonde et sa propre personne se transformait; toutes ses laideurs disparurent et son visage devint comme celui d’une devi.

Cependant les fils de notables avaient discuté secrètement entre eux, disant : « Si la fille du roi ne vient pas à nos réunions, c'est ou bien parce qu’elle est d'une beauté peu commune, ou bien parce qu’elle est affreusement laide. Il nous faut maintenant enivrer son mari jus. qu’à ce qu’il ait perdu connaissance, puis nous lui prendrons ses clefs, nous ouvrirons la porte (de sa maison) et nous irons regarder. » Ils le firent donc boire jusqu'à ce qu'il fût ivre, puis ils lui prirent ses clefs et s’en allèrent en bande; lorsqu'ils eurent ouvert la porte et qu'ils regardèrent, ils virent cette fille du roi qui était d’une beauté sans égale. Aussitôt ils se retirèrent, fermerent

la porte et revinrent à l'endroit d’où ils étaient partis. Comme le mari n'avait pas encore repris ses sens, il lui rendirent ses clefs en les attachant sous sa ceinture.

Quand le mari se fut réveillé, il rentra chez lui; dès qu’il eut ouvert la porte, il aperçut sa femme qui était d'une beauté merveilleuse; tout surpris il lui demanda : « Quelle déesse êtes-vous, vous qui vous êtes établie dans ma demeure ? » Sa femme lui répondit : « Je suis votre épouse Lai-Fi. » Comme il s’étonnait et lui demandait ce qui était arrivé, elle lui répondit : « Je vous ai entendu dire que vous aviez souvent été puni à cause de moi; j'en ai conçu des regrets et j'ai songé au Buddha en limplorant et en m'affligeant; j'ai vu alors le Tathâgata qui m'est apparu en bondissant hors de terre; en le contemplant, j'en ai éprouvé de la joie et mon corps s’est transformé en devenant beau. » Le fils du notable pauvre fut extrémement joyeux et alla aussitôt informer le roi en lui disant : « La personne de la fille du roi s’est transformée spontanément et est devenue belle; maintenant, je voudrais vous la montrer. » À cette nouvelle, le roi fut content et fit immédiatement mander sa fille ; quand il l’eut vue, il en éprouva de la joie. Cependant, comme il était fort perplexe et surpris, il se rendit auprès du Buddha et lui dit : « O Honoré du monde, pourquoi cette fille est-elle née au fond de mon harem et a-t-elle eu un corps si laid que les hommes étaient frappés d'horreur en la voyant? Pour quelle cause, d’autre part, s’est-elle maintenant transformée et est-elle devenue belle ? »

Le Buddha répondit au roi : « Dans les temps passés, il y avait un Pratyeka Buddha qui chaque jour mendiait sa nourriture. Il arriva une fois devant la porte d’un notable; en ce moment la fille du notable vint, en apportant de la nourriture, la présenter au Pratyeka Buddha; mais en voyant que celui-ci était laid, elle prononca cette parole : « Cet homme est affreux; il a le corps comme couvert

d’une peau de poisson et ses cheveux sont comme une queue de cheval. » Celle qui, en ce temps, était la fille du notable, c’est aujourd’hui la fille du roi; parce qu’elle à donné à manger (au Pratyeka Buddha), elle est née au fond de votre harem; mais, parce qu’elle a mal parlé du Pratyeka Buddha, son corps a été horrible; parce que, couverte de confusion, elle m’a imploré avec affliction, elle a obtenu de me voir; parce qu’elle en a éprouvé de la joie,

son corps s’est transformé et est devenu beau. »

Lorsque la multitude des assistants eut entendu ces paroles du Buddha, elle lui rendit hommage, avec respect et prit plaisir à mettre en pratique ses enseignements.

CEID A RINEO DTO PP

Chan-kouang (excellent éclat), fille du roi Prasenayit, se vante auprès de son père de devoir toutes les faveurs dont elle jouit, non au roi, mais à l’efficace des actes qu'elle a commis dans des vies antérieures. Irrité, le roi la marie à l’homme le plus misérable de la ville. Cet homme se trouve être le fils d’un notable extrêmement riche de Crâvasti; il est tombé dans la misère parce qu’il a perdu ses parents quand il était encore enfant. Sur le conseil de la princesse, il se rend avec elle à l'endroit où ses parents avaient eu autrefois leur demeure ; la terre se creuse sous ses pieds et un lrésor caché apparaît. Étant ainsi mariée à l'homme le plus riche de la ville, la princesse invile le roi son père dans ses somptueux appartements et lui prouve que c’est bien à l’efficace de son karman qu’elle doit son bonheur.

(RD IN AO D Om vo) Deux fils de roi ont été bannis ; pendant qu'ils marchent dans une région déserte, ils viennent à manquer de vivres ; le frère

(1) CF. le n° 95; t. I, pp. 361-363.

(2):Cfi en. 51; 1 L'pp. WU.

cadet tue sa femme et la coupe en trois morceaux qu'il attribue à lui-même, à son frère aîné et à la femme de celui-ci. Le frère aîné cache le morceau qui lui a été donné et coupe de sa propre chair pour s’en nourrir. Un peu plus tard, le frère cadet, n’ayant plus rien à manger, propose de tuer la femme du frère aîné ; celui-ci sauve la vie à sa femme en donnant à son frère cadet le morceau de viande qu'il avait tenu secrèlement en réserve. Les deux frères atteignent enfin un endroit où ils peuvent s'établir. Le frère cadet meurt de maladié. Le frère aîné recueille par compassion un homme dont les pieds et les mains ont été coupés pour quelque crime. Sa femme a des rapports secrets avec cet homme et projette de tuer son mari. Elle demande à ce dernier de cueillir des fleurs et des fruits d'un arbre qui surplombe un précipice au fond duquel coule un torrent; feignant de vouloir l'empêcher de tomber, elle lui attache autour des reins £ une corde dont elle tient l'extrémité ; quand le frère aîné est au sommet de l'arbre, elle lui fait perdre l'équilibre en tirant la corde ; le frère aîné tombe dans le torrent sans se faire de mal ; il aborde dans un royaume dont le roi vient de mourir et il est nommé roi. À quelque temps de là, sa femme, portant sur ses épaules son amant estropié, vient dans ce même royaume ; elle est reçue par le roi et est couverte de confusion en reconnaissant son mari. Le roi lui pardonne.

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PERIDS, KV, Lo ep TON)

Le notable Siu-la (Sudatta) était devenu fort pauvre ; un jour qu'il était allé louer ses services à quelque autre personne, sa femme vil venir successivement chez elle Aniruddha, Subhuti, Mahäkâcçcypa, Mahàämaudgalyâyana, Câriputra et enfin le Buddha lui-mème ; à tous elle remplit leur bol à aumônes. Quand son mari revient et lui demande à manger, elle lui dit qu'elle n’a plus rien et lui explique ce qu'elle à fait. Sudatta l’approuve. En récompense de ses bons sentiments, ses magasins se trouvent remplis de denrées qui se renouvellent à mesure qu'il en fail usage.

éTrip., XIV, 10, pp.10 v°-11r°) (0).

So-lo-na (Sarana), fils du roi de Yeou-tien ff Ï& (Udayana), s'est résolu à entrer en religion. Tandis qu’il médite sous un arbre, survient le roi Ngo-cheng (Canda, surnom de Pradyota, roi d'Ujjayini) accompagné de ses femmes ; le roi s'étant endormi, les femmes se rassemblent autour du jeune homme et l’'entendent expliquer la Loi. A son réveil, Le roi Ngo-cheng aperçoit ses femmes réunies auprès de So-lo-na et, dans sa fureur, 1l roue de coups ce dernier. So-lo-na se rend auprès de son upadhyâya Kâtyâyana et lui annonce son intention de quitter la vie religieuse et de rentrer dans le monde. Pour l'en détourner, Kâtyâyana lui envoie pendant la nuit un songe qui est le suivant: le roi d'Udayana est mort; son fils So-lo-na lui a succédé ; il livre bataille au roi Vgo-cheng ; il est vaincu, fait prisonnier et on s'apprête à lui couper la tête. À ce moment, le jeune homme se réveille ; il va raconter ce qu'il a vu en rêve à son maître ; celuici lui montre que, s’il avait été vainqueur, son cas n’eût pas été meilleur puisqu'il serait, à sa mort, tombé dans les trois voies mauvaises. So-lo-na reconnaît que les souffrances qu'il a endurées lorsque le roi Ngo-cheng le battait ont une importance minime et il reprend la résolution de persévérer dans la pratique de la religion ; il obtient au bout de quelque temps la dignité d'arhat.

COPIDE INA OS D TPE ME)

Dans le royaume de Xien-lFo-wei (Gandhâra), un boucher emmenait un troupeau de cinq cents jeunes bœufs lorsqu'un eunuque, ému de compassion, rachète ces bœufs et leur rend la li-

(1) Voyez le Sûträlamkära, trad. Huber, n° 65, pp. 312-355.

(2) Dans le Journal Asiatique de nov.-déc. 1897 (pp. 528-529), M. Sylvain Lévi a signalé une autre rédaction de ce conte dans le Fa-yuan {chou lin (Trip., XXXVI, 8, p.14 r°) qui l’emprunte au Pi-p'o-cha louen (Vibhäsà câstra); dans cette autre rédaction, l'anecdote est rapportée au temps du roi Xia-ni-che-kia (Kaniska).

berté. À cause de cette bonne action, l’ennuque recouvre aussitôt sa virilité.

(Trips, XIV 10,0 1) TN)

Le roi Prasenajit entend pendant la nuit deux de ses ennuques, qui le croient endormi, discuter entre eux: l'un dit qu'il doit tout au roi ; l’autre dit qu'il doit tout à l’efficace de ses actes antérieurs. Le roi projette de récompenser richement le premier; il lui ordonne donc d’aller présenter à sa femme le vin qui reste dans sa coupe (apparemment pour inviter cette femme à venir partager la couche du roi); il a fait avertir au préalable sa femme qu'elle eût à combler de présents l'ennuque qui se présenterait à elle. Le premier ennuque est chargé de cette commission ; mais, au moment où il sort de la chambre du roi, il est pris d’un saignement de nez et remet la coupe de vin au second ennuque ; c'est donc celui-ci qui reçoit les riches présents. Le roi reconnait alors que les enseignements du Buddha sont véritables et que chacun recoit les rétributions que lui ont values ses actes antérieurs.

(Trip XIV SAS Dp10:v-124:)

Deux frères sont entrés en religion. L’ainé a obtenu la dignité d’arhat; le cadet, à cause de sa profonde connaissance des livres saints, est fort estimé du conseiller d'état qui le prend pour maître de sa famille et qui lui donne une somme considérable pour édifier un temple. Le frère aîné vient habiter dans ce temple. Le conseiller d'état témoigne de la préférence au frère ainé en lui envoyant à deux reprises une pièce d’étoffe de grande valeur, tandis qu'il fait cadeau d'une étoffe grossière au frère cadet. Celui-ci, animé par la jalousie, a recours à la calomnie ; il prend la belle étoffe que son frère aîné lui a généreusement laissée, et il la remet à la fillé du conseiller d'état en l’engageant à s'en faire un vêtement qu'elle coudra en présence de

(1) Cf. Sûträlamkära, trad. Huber, n° 73, pp. 423-426.

son père. La jeune fille se laisse persuader : à son père qui l’interroge sur la provenance de cette étoffe, elle dit que c’est le frère aîné qui la lui a donnée. Le conseiller d'état croit que le saint homme a voulu séduire sa fille. L’arhat, sentant qu'il a été calomnié, s'élève dans les airs et accomplit dix-huit transformations surnaturelles en présence du conseiller d’état qui reconnaît alors son erreur {1).

CErpb, XIV: 40 pp. 12512 V9):

Câriputra et Maudgalyâäyana, surpris par la pluie, se réfugient dans le four d’un potier. Une jeune gardienne de bœufs s’y trouvait déjà, à leur insu. Cette fille, en voyant leurs beaux visages, éprouve de la jouissance sensuelle. Câriputra et Maudgalyâäyana sortent du four sans avoir aperçu la jeune fille; celle-ci sort après eux. Or, un certain Tch'eou-k'ia-li (Kokali), qui savait distinguer sur le visage des gens s'ils avaient ou non éprouvé une jouissance sensuelle, voit Çâriputra et Maudgalyâäyana sortir du four suivis de la gardienne de bœufs qui vient d’éprouver une jouissance sensuelle. Il accuse les deux saints hommes de s'être livrés à la débauche avec la bergère. Il répète son accusation devant les bhiksus, devant Bhagavat, descendu exprès du ciel pour lui faire entendre raison, enfin devant le Buddha ;ilest puni de sa dénonciation calomnieuse par des boutons qui deviennent de plus en plus enflammés, lant et si bien que, lorsqu'il se plonge dans l’eau pour éteindre le feu qui le dévore, l'étang tout entier se met à bouillonner. Pourquoi Çâriputra et Maudgalyàyana ont-ils été en butte à cette calomnie? C’est parce que, dans une naissance antérieure, ils ont eux-mêmes conçu des soupcons injurieux du même ordre à l'égard d’un Pratyeka Buddha.

(1) Comme on le lit plus loin dans un autre conte, le fait seul de pouvoir s'élever de quatre doigts au-dessus de terre prouve que l’homme qui accomplit un tel prodige est délivré de tous les désirs sensuels: à plus forte raison en est-il de même de celui qui s'envole librement dans les airs.

(2) Cf. Karma çalaka, trad. Feer, Journ. As., mars-avril1901, pp. 179-280, et FEER, Kokâlika, Journ. As., mars-avril 1898, p. 202.

(Trip., XIV, 10, pp. 12 v°-14 r°.)

Devadatta étant venu injurier le Buddha et ayant été chassé par Ânanda, l'explication de ces faits est donnée par l’avadäna que voici : autrefois, dans le royaume de Xïia-che (KAci), il y avait deux rois nâgas qui étaient frères ; l’un se nommait T'a-la (Datta) et l’autre Yeou-p'o-ta-ta (Upadatta). Ils étaient bons et faisaient pleuvoir en temps opportun. Comme le roi leur sacrifiait des bœufs et des moutons, ils viennent le prier de cesser ces immolations d'êtres vivants qui ne leur agréent point ; le roi se refusant à les écouter, ils s'en vont et arrivent auprès d’un méchant petit nâga nommé Touen-tou-p'i Dundubhi) qui les injurie. Le plus jeune des deux rois-nâgas s'irrite contre lui, mais l'aîné l’engage à ne pas se mettre en colère et à revenir avec lui dans le royaume de Kâçi. Les deux bons nâgas sont reçus avec joie par le roi qui ne leur offrira plus dorénavant en sacrifice que du lait. L'aîné des nâgas prononce alors un nombre considérable de stances, dont voici les premières :

Que tous, réunis harmonieusement, écoutent de tout leur cœur, — qu'excellemment ils purifient et calment les diverses lois de leur cœurs, — (pour entendre) les récits sur les existences antérieures du Bodhisatlva, —et les anciennes gâthâs concernant l'apparilion du Buddha actuel. — Quand le deva entre tous les devas, le sambuddha, — le Tathägata élait dans ce monde, les bhiksus — prononçaient à l’envi de mauvaises paroles et se dénigraient mutuellement. — Le grand Compatissant les vit et les entendit el leur tint ce langage ; — il réunit les religieux bhiksus et leur parla ainst: — Vous tous, bhiksus, c'est en vous appuyant sur moi que vous êtes sortis du monde ; — ce qui est contraire à la Loi, vous ne devez pas le faire. — Vous prononcez chacun de votre côté des paroles grossières ; — à l'envi vous vous calomniez et vous vous faites muluellement du tort; — n'avez-vous pas appris que celut qui sait comment on cherche la Bodhi — accumule les actions de compassion et de palience et mène une conduite pénible ? — Si vous voulez vous appuyer sur la loi du Buddha, — il vous faut mettre en pratique les six respects harmo-

nieux. — Le sage écoute excellemment pour étudier la doctrine du Buddha, — car il a le désir d’être profitable et avantageux et de calmer la multitude des vivants. — À tous les êtres il ne cause ni chagrin ni peine; — quand l'homme qui pratique la vertu a été instruit, il doit se tenir éloigné du mal; — que celui qui est sorti du monde conçoive de la colère et formule des reproches, — (c’est aussi anormal que si) de l’eau glacée sortait du feu.

Dans les temps passés, j'étais un rot nâga: — mot et mon frère cadet nous demeurions dans le même lieu. — Si quelqu'un désire se conformer aux règles qui concernent celui qui est sorti du monde, — il doit s'abstenir de colère et d'irritation et agir d'accord avec la sagesse. — Le frère aîné se nommait Ta-ta (Datta): — Le second se nommait Yeou-p'o-ta (Upadatta) ; -— tous deux ne tuaient pas d'êtres vivants et observaient les défenses pures.— Quoiqu'ils eussent une grande vertu redoutable;ils étatent las de leurs corps de nâgas ; — et constamment ils se lournatent vers les bonnes conditions d'existence (gati) en demandant à étre des hommes ; — toutes les fois qu'ils voyatent un Cramana ou un Brahmane — ou quelqu'un observant les défenses ou ayant beaucoup de savoir, — ils changeaient de forme pour lut faire des offrandes et être constamment en rapport d'amitié avec lui. — Le huilième jour, le quatorzième jour et le quinzième jour, — ils observaient les huit défenses et réprimaient leurs sentiments et leurs pensées. — Ils abandonnèrent l'endroit où ils demeuratient pour aller en un autre lieu. — Là se trouvait un nâga nommé Touen-tou-p'i (Dundubhi), — qui, voyant la grande vertu redoutable de ces deux nâgas, — et sachant qu'il ne les valait pas, en conçut de l'envie et de la colère...

Dundubhi injurie donc les deux nâgas ; Upadatta voudrait se venger en le faisant périr; mais son frère aîné Datta l'exhorte au pardon des offenses en un fort long sermon, toujours sous forme de gâthâs.

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Les avadânas qui suivent sont tous destinés à expliquer l'animosité de Devadatta contre le Buddha :

Autrefois, dans le royaume de Kia-che (Kâçi), vivait un grand roi-nâga nommé Zchan-p'e qui comblait de ses bienfaits le royaume ; le quatorzième et le quinzième jours de chaque mois, il prenait la forme humaine, observait les cinq défenses, pratiquait la libéralité et écoutait la Loi. Survient un magicien de l'Inde du sud qui plante une flèche en terre, accomplit une formule d’incantation, et, grâce à ce procédé, s'empare du nâga. Le roi de Kâcçi accourt, à la tête d'une armée, pour délivrer ce dernier; mais le magicien a recours à une nouvelle formule d’incantation qui fait que toute l’armée du roi ne peut plus avancer ; le roi paie une rançon pour racheter le nâga. À deux nouvelles reprises, le brahmane vient pour s'emparer du nâga ; les autres nâgas projettent de le tuer, mais ils en sont détournés par le bon roi-nâga qui, ainsi qu'on peut bien le penser, n’est autre que le futur Buddha, tandis que le méchant brahmane est Devadatta.

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