CAD NIV TO DEV
L'oiseau à deux têtes ; une des têtes mange d’excellents fruits; par jalousie, l’autre tête mange un fruit empoisonné qui fait mourir en même temps les deux têtes.
CPRDANEN AO D T0)
Autrefois, dans un étang de lotus, vivait une foule d'oiseaux. Un héron (baka) vient dans cet étang ; comme il marchait lentement en levant haut les pattes, les autres oiseaux s'émerveillaient de la gravité de sa démarche qui ne troublait aucunement la pureté de l’eau. Mais un perroquet blanc prononça cette gàthà : |
Il marche lentement en levant haut les pattes; — sa voix est exlrêémement suave; — mais, quand le menteur est dans ce monde, — qui ne reconnaît qu'il est un trompeur (2) ?
(1) Cf. le n° 392; t. II, pp. 422-493.
(2) L'expresion bakavrata « démarche de héron » a passé dans la langue courante avec le sens d’ « hypocrisie ».
y 4 dre a
Le héron répliqua : « Pourquoi parlez-vous ainsi? Venez vers moi pour que nous soyons amis ». Le perroquet blanc de répondre aussitôt : « Je sais que vous êtes un trompeur; nous ne serons jamais amis ». Le perroquet blanc était le Buddha ; le héron était Devadatta. |
CHA XIV 10: pr vb re)
Avadâna de la grande tortue. Cinq cents marchands, dont le chef se nomme « Celui qui ne sait pas reconnaître les bienfaits » se trouvent au milieu de la mer en péril de mort, lorsqu'une tortue gigantesque vient auprès de leur bateau et les sauve tous en les prenant sur son dos. Quand la tortue les a transportés sur le rivage, elle s'endort. Le chef des marchands, malgré les remontrances de ses compagnons, lui écrase la tête avec une grosse pierre afin de se nourrir de sa chair. Mais, dans la nuit, un troupeau d’éléphants met à mort tous les marchands en les foulant aux pieds.
(Trtp: IN 10 D 429 r-v°)
Devadatta cherche à faire périr le Buddha en répandant sur lui une drogue empoisonnée ; mais un coup de vent repousse la drogue sur la tête de Devadatta qui va mourir dans de grandes souffrances lorsque la bonté du Buddha le sauve en rendant inoffensif le poison. Le Buddha raconte à ce propos un avadâna : Autrefois, dans le royaume de Kïa-che (Kâci), dans la ville de Po-lo-nai (Vârânasi), il y avait deux conseillers d'État, l'un nommé Sseu-na (Sena), l’autre nommé « mauvaise intention » (Durmanas). Ce dernier cherche à causer la perte de Sseu-na (Sena) en l’accusant d’abord d’avoir voulu se révoller, ensuite d’avoir volé au roi des objets précieux ; comme ces calomnies restent sans effet, il s'enfuit chez le roi de P'i-l'i-hi (Videha),; à son instigation, ce roi envoie en présent au roi de Käâçi une cassette renfermant deux serpents venimeux ; malgré les conseils de son ministre Sseu-na qui redoute quelque piège,
le roi de Kâci ouvre lui-même la cassette et est aussitôt rendu aveugle par le venin des serpents; son ministre Sseu-na parvient à trouver une excellente médecine qui lui rend la vue.
(Trip., XIV, 10, p. 15 v°.)
Dans les générations passées, à côté des montagnes neigeuses, il y avait un roi des coqs de montagne qui était à la tête d’un grand nombre de coqs et de poules et s'en faisait suivre. Sa crête était extrêmement rouge et son corps était parfaitement blanc. Il dit à la foule des coqs et des poules : « Tenez-vous loin des villes et des villages de peur que vous ne soyez dévorés par les hommes. Nous avons beaucoup d’ennemis ; gardons-nous bien. » Or, dans un village, il y eut une chatte qui apprit que des coqs et des poules se trouvaient là-bas; aussitôt elle s’y rendit. Se | tenant sous l’arbre, avancant doucement et regardant avec humilité, elle dit au coq : « Je serai votre femme; vous serez mon mari. Votre corps est beau et aimable; la crête qui surmonte votre tête est rouge; votre corps est tout blanc. Je vous servirai; livrons-nous secrètement
aux plaisirs. »
Le coq lui répondit par cette gâthà :
« La chatle aux yeux jaunes profile de la stupidité des petits êtres ; — dès qu'elle en rencontre l’occasion, elle conçoit l'idée de leur faire du mal et veut les dévorer. — Je ne
(1) Le Buddha se trouvant à Wang-chô ich'eng (Râjagrhapura) Devadatta se rend auprès de lui et engage le Tathâgata à lui confier la multitude de ses disciples. Sur le refus du Buddha, il se retire furieux. Ce n'est pas seulement aujourd'hui que pareille chose s'est passée : suit l’avadäna dont nous donnons la traduction; le coq n'est autre que le Buddbha ; la chatte, c'est Devadatta.
vois point que quelqu'un qui aurait pour épouse un tel animal — puisse avoir une vie longue et paisible ».
ÉErine NEN 40; 10 7°)
Devadatta feint de se convertir et veut venir confesser ses fautes au Buddha; en réalité, il a l’intention de lui nuire. Dans les temps passés, le roi Fan-mo-ta (Brahmadatta) qui régnait à Po-lo-nai (Vârânasi), avait interdit de tuer aucun être vivant ; Devadatta était alors un chasseur qui, revêtu d’un habit de religieux, tuait en grand nombre des cerfs et des oiseaux ; il fut dénoncé par l'oiseau X7-li qui montra que, quoique revêtu d’une robe de religieux, 1l était en réalité un chasseur. L'oiseau Ki-li n’est autre que le Buddha.
CFrIps, XIV, 10; DA6 7
Devadatta reçoit d’abondantes offrandes que lui envoie le roi Ajâtaçatru ; le Buddha déclare aux bhiksus que Devadatta n’en profitera pas longtemps et il raconte à ce propos un avadâna. Il y avait, autrefois, deux ascètes ; l’un était vieux et avait obtenu les cinq abhijñâs ; l’autre était dans la force de l’âge et n'avait rien obtenu du tout, Ce second ascète, émerveillé des prodiges que peut accomplir le premier, insiste pour que celui-ci lui enseigne comment on pratique les abhijñâs ; lorsqu'il a acquis cette connaissance, il étonne les hommes par des miracles et reçoit de grandes offrandes ; mais 1l parle mal du vieil ascète et perd aussitôt ses facultés surnaturelles ; il est alors chassé de la ville.
(rip NEVETO pp 26 616%)
Ceux qui croient aux enseignements du Buddha atteignent au Nirvâna ou obtiennent de renaître dans les conditions supérieures d'homme ou de deva. Ceux qui ajoutent foi aux paroles
de Devadatta tombent dans les enfers. Autrefois, il y avait deux chefs de marchands accompagnés de cinq cents marchands. Tandis qu'ils cheminaient dans le désert, un yaksa se présente à eux sous la forme d'un jeune garçon vêtu de beaux vêtements, couronné de fleurs et jouant du luth; il les engage à jeter là les plantes à eau dont ils étaient chargés, les assurant qu'ils en trouveraient en abondance un peu plus loin. Un des chefs de marchands suit son conseil et il périt de soif avec tous les siens. L'autre chef de marchands sauve sa caravane, parce qu'il a précisément gardé sa provision d’eau, malgré les avis du démon (1).
(Trip., XIV, 10, pp. 16 vo-17 ro.)
Huit devas se présentent l’un après l’autre devant le Buddha ; les sept premiers (en réalité 1l n’y en a que six d’énumérés) se plaignent de n'être pas parfaitement heureux ; ils racontent quelle en est la cause provenant de leurs existences antérieures ; le premier n’a pas témoigné son respect avec assez de zèle à son père et à sa mère, à ses maîtres et à ses aînés, aux çramanas et aux brahmanes ; le second ne leur a pas donné des lits et des sièges assez confortables ; le troisième ne leur à pas fourni une nourriture assez bonne ; le quatrième n’a pas écouté la Loi ; le cinquième a écouté la Loi sans en comprendre le sens ; le sixième a compris le sens de la Loi mais n’a pas su la mettre en pratique. Survient enfin un dernier deva qui se proclame parfaitement heureux, car il n’est
lombé dans aucune des fautes que les autres devas ont à se reprocher.
(Trip., XIV, 10, p. 17 ro-15 vo.)
Gakra Devendra a entendu le Buddha expliquer la Loi et il est devenu srotâpanna. Remonté dans les cieux, il réunit autour
(1) Voyez un récit analogue dans le Tch'ang a han king (Trip., XII, 9, p. 38 r°). — Cf. Vimänavatthu, n° 84; — Apannaka jâtaka (Jätaka, n° 1); — SPENCE HARDY, Manual of Buddhism, pp. 108-112. — Ce jâtaka est menlionné dans le Milinda pañho (S. B. E., vol. XXXV, p. 289).
de lui les devas pour louer le Buddha, la Loi et l'Assemblée. Parmi les assistants se trouve une devi d’une beauté merveilleuse qui porte sur sa tête une couronne de fleurs. Cette devi doit sa félicité présente au fait que, dans une existence antérieure, elle a disposé des couronnes de fleurs sur le stûpa de
Kâçyapa Buddha (1).
(Trip. XIV, 10, pp. 17 v°-18 r°.)
Histoire d’une autre devi merveilleusement belle qui est récompensée parce que, au temps du Buddha Kâcyapa, elle a scrupuleusement observé chaque mois les huit abstinences (2).
(rip XIV A0 D 1801)
Quand le roi Bimbisära régnait à Wang-chô lch'eng (Râjagrhapura), il donnait des lampes en offrande au Buddha. Plus tard, sur le con«eil perfide de Devadatta, le roi Ajâtaçatru veut détruire la religion bouddhique; les gens du pays n’osent plus allumer des lampes pour les offrir au Buddha. Seule, une femme continue à le faire. Furieux, le roi Ajâlaçatru la fait périr en la coupant par le milieu du corps; elle obtient alors de renaître parmi les devas Trayastrimças (3).
(Pr RINE "FO D A8 TS)
Interrogée par Çakra Devenda sur la cause de sa félicité, une devi répond que, dans sa vie antérieure, elle était une jeune fille qui, montée sur un char, allait se promener, lorsqu'elle rencontra le Buddha et aussitôt s’écarta de la route pour lui laisser le passage libre.
(1) Cf. l’histoire de Mâlini dans le Mahävastu, éd. Senart, t. I, pp. 300 et suiv.) et Vimänavallhu, n° 37.
(2) Les huit premiers termes de la série du çiksàäpada.
(3) Cf, Vimänavatthu, n° 9.
IIT. 3
(Trip., XIV, 10, p. 18 v°.)
Interrogée par Çakra Devendra sur la cause de sa félicité, une devi répond que, dans une existence antérieure, elle était une jeune fille qui était allée cueillir des fleurs d'açoka lorsqu'elle rencontra le Bouddha et répandit sur lui ces fleurs (1).
(Trip., XIV, 10, pp. 18 v°-19 r°.)
Le roi Bimbisâra, qui était un adorateur du Buddha, avait fait ériger dans son palais un stûpa abritant des cheveux du Buddha, afin que les femmes de son harem pussent faire des offrandes à ce stûpa. Après la mort de Bimbisâra, Ajâtaçatru, obéissant aux conseils pervers de Devadatta, interdit de faire des offrandes au stûpa ; une femme du harem nommée Chü-lifou-mo-l'i désobéit à cet ordre ; elle est mise à mort sur l'ordre 4 d'Ajâtaçatru, mais elle renaît parmi les devas Trayastrimças ; elle raconte alors à CÇakra Devendra pourquoi elle a obtenu un tel bonheur. |
PO
(LPSC ANT 402 D: 1800:)
Un notable de Crâvasti avait fait construire un stûpa et un temple ; à cause de cette bonne œuvre, il renaît parmi les devas Trayastrimças. Sa femme, restée veuve, continue à entretenir le stûpa et le temple. Le deva, qui fut son mari, lui apparaît et lui révèle qui il est ; il ne peut plus avoir de rapports charnels avec elle parce qu’elle est femme et impure, mais il l'engage à persévérer dans ses œuvres pies, car, à sa mort, elle renaîtra comme devi et s’unira de nouveau à lui. C'est en effet ce qui arrive.
1) Cf. Vimänavatlhu, n° 38.
(Trip. XIV, 10, pp. 19 r°-19 v°.)
Un notable de Wang-chô Ich'eng (Râjagrha) va chaque jour adorer le Buddha ; sa femme ayant conçu des doutes sur sa fidélité conjugale, il lui explique pourquoi il sort quotidiennement et lui parle du Buddha ; sa femme monte sur un char pour aller, elle aussi, voir le Buddha; elle ne peut approcher de lui à cause de la foule des auditeurs et se contente de le saluer de loin ; cette bonne action lui vaut de renaître parmi les devas
Trayastrimças.
CCrpa XIV 10 7D: 19%)
Avec l’assentiment du roi Prasenajit, le notable Sru-la (Sudatda) fait une quête dans tout le royaume en faveur des trois Joyaux ; une pauvre femme lui donne la seule chose qu'elle possède, à savoir la pièce d'étoffe dont elle se couvrait le corps. A cause de cette bonne action, elle renaît en qualité de devi.