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(EPP XIXK, 7, pri
Il y avait autrefois le roi d'un grand royaume ; son corps contracta une grave maladie et pendant douze années ne put s’en guérir; tous les plus grands médecins furent incapables de le bien soigner. En ce temps, dans un petit royaume de la frontière qui dépendait de ce grand roi, il y avait un maitre médecin qui savait fort bien soigner les maladies. Le roi le fit donc venir pour qu'il soignât sa maladie; au bout de peu de temps il eut le bonheur d'être délivré (de son mal).
Le roi songea alors aux moyens de récompenser ce maitre pour le bienfait qu'il lui avait rendu; il envoya à plusieurs reprises des émissaires pour répandre ses ordres dans ce royaume là-bas en disant : «Le maitre a guéri par
ses soins la maladie du roi; comme il a un grand mérite, il faut qu'on lui attribue des récompenses proportionnées ; qu'on lui donne en abondance des éléphants, des chevaux, des chars, des bœufs, des moutons, des champs, des maisons, des serviteurs, des domestiques, et toutes sortes d'ornements magnifiques. Le roi de ce petit royaume, ayant recu les ordres promulgués par le souverain, disposa une habitation avec une haute salle et des pavillons à plusieurs étages; il donna à la femme de ce maître des vêtements, de la nourriture, des colliers de perles et des parures ; puis il tint prêts en abondance toutes sortes d'animaux domestiques, tels que: éléphants, chevaux, bœufs et moutons - Tant que le maître était resté auprès du roi, personne ne lui avait soufflé mot de tout cela. Le maître se disait en lui-même : « J'ai guéri la maladie du roi et j'ai eu beaucoup de mérite; mais je ne sais point encore si le roi me récompensera ou non.» Quelques jours s'étant encore écoulés, le roi recouvra toute sa santé; le maître demanda à prendre congé, voulant rentrer dans son pays. Le roi y consentit aussitôt; il lui donna un cheval efflanqué et un équipage qui lui aussi était tout misérable. Le maitre, soupirant profondément et mécontent, (se disait) : « En guérissant la maladie du roi, j'ai eu un grand mérite: mais le roi, ne connaissant pas la valeur de mon bienfait, n’en a pas tenu un juste compte et me fait partir les mains vides. » | |
Tout le long de la route il s’abandonnait à sa tristesse et en concevait un chagrin perpétuel ; quand il arriva dans son pays, il aperçut un troupeau d’éléphants et demanda au gardien des éléphants : « A qui sont ces éléphants? » Le gardien des éléphants répondit : « Ce sont Les éléphants de maître un tel. » II demanda encore au gardien des éléphants : « De qui maître unteltient-ilces éléphants?» Le gardien des éléphants lui répondit: « Maitre un tel
les a recus comme récompense du mérite qu'il a eu en guérissant par ses soins la maladie du grand roi. » Continuant à avancer (le médecin) vit un peu plus loin un troupeau de chevaux et demanda au gardien des chevaux : « À qui appartiennent ces chevaux ? » Le gardien des chevaux lui répondit: « Ce sont les chevaux de maître un tel. » Un peu plus loin, il vit encore un troupeau de bœufs et de moutons et demanda aux gardiens du troupeau de bœufs et de moutons: « À qui appartiennent ces bœufs et ces moutons? » Le berger lui répondit: « Ce sont les bœufs et les moutons de maître un tel. » Un peu plus loin, il aperçut sa propre habitation où des salles élevées et des pavillons à étages étaient fort différents de sa maison primitive ; il demanda au portier : « À qui est cette habitation? » Le portier lui répondit : « C’est l'habitation de maitre un tel. » Il entra alors dans les appartements intérieurs de sa demeure et vit sa propre femme, l’air prospère et riant, habillée de vêtements précieux; tout surpris, il lui demanda : « De qui est-ce ici la femme? » Un serviteur lui répondit: « C’est la femme de maitre un tel. »
(Le médecin) qui, depuis le moment où il avait vu les éléphants et les chevaux jusqu’à celui où il était entré dans sa demeure, avait appris que tous (ces dons) lui avaient été attribués comme récompense du mérite qu’il avait eu en soignant la maladie du roi, se mit alors avoir des regrets rétrospectifs en songeant combien mince avait
été son mérite en soignant la maladie du roi.
Cette parabole s'applique à la vertu qui procure le bonheur. La vertu qui procure le bonheur est arrêtée au milieu des difficultés qui sont comme la maladie du roi; le médecin est comparable à l'homme accomplissant les actes qui procurent le bonheur; quand il guérit la maladie du roi, il est comparable à l’homme de bien qui peut accomplir les actes procurant le bonheur; la guérison de la maladie du roi est comme la réussite de la vertu qui
TsA PE YU KING (N° 171-172) 31
procure le bonheur; quand le roi publie l’ordre de donner en présent (au médecin) des éléphants, des chevaux, et des bâtiments, cela signifie que lorsque les actes qui procurent le bonheur s’accumulent d'un côté, la récompense se réalise de l’autre. Ceux qui espèrent qu'ils seront rapidement (récompensés) se plaignent toujours de ce que la rétribution est trop lente; c'est ainsi que les hommes de peu de foi, dès qu'ils ont accompli une action qui procure le bonheur, espèrent aussitôt que la récompense leur arrivera entre le matin et le soir; quand la vieillesse, la maladie et la mort surviennent, ils disent qu'il n’y a pas naturellement de récompense excellente ; mais quand ils ont obtenu le mystérieux séjour dans les cieux et que les excellentes rétributions leur parviennent toutes, ils sont comme ce médecin quand il voyait les éléphants et les chevaux; grâce à ce mystérieux séjour, ils arrivent dans les palais célestes; ayant reçu le mystère de cette autre vie, leurs yeux voient dans les salles célestes toutes sortes de beaux spectacles; alors ils comprennent et ils ont le regret rétrospectif de n'avoir autrefois pas fait grand” chose; tel ce médecin qui, en voyant les dons qui lui étaient faits, regrettait que le mérite qu'il avait eu à guérir une maladie füt mince.
(Er XI 7 D. hr)
Dans un royaume étranger il y avait des pluies malfaisantes; quand elles tombaient dans l’eau des fleuves, des lacs, des rivières, des puits et des fossés des remparts, les hommes qui buvaient de cette eau en concevaient une folie et une ivresse qui ne se dissipaient qu'au bout de sept jours.
En ce temps, le roi de ce pays était fort sage et était habile aux pronostics. Un nuage chargé de la pluie malfaisante s'étant élevé, le roi le reconnut; il couvrit alors un puits de manière que la pluie ne pût y pénétrer. Cependant les divers fonctionnaires et la foule des sujets du roi burent tous de l’eau de la pluie malfaisante; en pleine séance de la cour, ils devinrent fous; ils ôtèrent leurs vêtements et allèrent tout nus; ils se couvrirent la tête de boue et assistèrent ainsi à l’audience du roi.
Le roi était seul à n'être pas fou; revêtu des habits qu'il avait coutume de porter, coiffé de son bonnet divin et orné de ses bracelets et de ses colliers, il restait assis sur son lit. Tous ses sujets qui ne se savaient pas fous, pensaient au contraire que le roi devait être bien fou pour être seul ainsi habillé; ils se disaient les uns aux autres dans la foule : « Ce n'est point là une affaire de peu d'importance ; songeons à ce qu’il convient de faire ensemble. »
Le roi, craignant une révolte de ses sujets, eut peur pour lui-même et leur dit : « J’ai une excellente médecine qui peut guérir cette maladie; vous tous, attendez un instant que j'aie pris cette médecine; je réapparaïitrai dans un instant. » Le roi entra dans son palais, ôta les vêtements qu'il portait, barbouilla son visage de boue et ressortit au bout d’un moment; tous ses sujets en le voyant furent très joyeux et dirent qu'il agissait conformément à la règle, car ils ne se savaient pas fous.
Sept jours plus tard, tous les sujets reprirent leur bon sens et se sentirent fort honteux; chacun d’eux remit ses vêtements et son bonnet pour venir à la réunion de la cour. Le roi, intentionnellement, était resté comme aupavant et se tenait assis tout nu; ses sujets furent frappés de stupeur et lui demandèrent : « O roi, vous avez toujours eu une grande sagesse; pourquoi vous conduisez-vous ainsi ? » Le roi leur répondit: « Mon cœur est toujours resté ferme et ne s’est point altéré; mais comme vous
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