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Un dragon étant monté au ciel fit descendre au loin une grande pluie ; en tombant sur les palais des devas, cette pluie se changea en substances précieuses des sept sortes ; en tombant parmi les hommes, elle forma de l'humidité fécondante ; en tombant sur les corps des démons affa-
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més, elle devint un grand feu qui les brûla sur tout le corps. C'était toujours la même pluie, mais elle se transformait de différentes manières suivant l'endroit où elle tombait.
Ces deux faits ({) prouvent que toutes les choses ayant forme n'ont pas une essence constante ; elles se modifient sous l'influence des péchés ou des actes producteurs de bonheur. |
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Dans un royaume étranger, 1l y avait un lieu où se tenaient (des religieux) ; or, parmi eux, il y en eut uu qui, dans l'endroit pur où étaient les moines, fit une ordure; alors un autre religieux, qui était d’un tempérament irritable, la lécha avec sa langue afin de la montrer à tous ces hommes. Quoique son intention fût de mettre en évidence la faute d’un autre, il ne comprit pas qu'il souillait lui-même sa bouche.
Cette histoire montre que l'homme quise plaît à dénoncer les péchés d’autrui est comparable à (ce religieux) ; il croit seulement mettre en évidence les fautes des autres et ne comprend pas qu’il se dégrade lui-même.
(Tape RU 7, p ve)
Dans un royaume étranger, des gens de basse condition,
(1) A savoir les deux anecdotes qui forment le sujet de ce conte et du conte précédent.
servaient un homme puissant et désiraient gagner ses bonnes grâces ; quand ils voyaient cet homme puissant cracher à terre, ils accouraient à l’envi afin d’enlever le crachat en marchant dessus ; or, l’un d’eux n’était pas fort agile, et, quoique désirant marcher (le premier) sur le crachat, il ne pouvait au début y parvenir; par la suite, voyant que cet homme puissant voulait cracher, il lui appliqua son pied sur la bouche au moment où il contractait sa bouche (pour cracher). L'homme puissant lui demanda : « Voulez-vous vous révolter contre moi? Pourquoi me frappez-vous la bouche avec votre pied ? » L'autre lui répondit : « J’avais de bonnes intentions et je ne voulais point me révolter. » «Si vous ne vous révoltez pas, reprit l'homme puissant, pourquoi en êtes-vous arrivé à commettre un tel acte ? » Il répondit : « Lorsque vous crachiez, je désirais marcher sur votre crachat ; mais à peine le crachat était-il sorti de votre bouche qu’une multitude de personnes me l’enlevaient toujours. Comme je n'étais jamais arrivé jusqu'ici à y réussir, j'ai donc marché dessus quand il était encore dans votre bouche. »
Cette histoire montre que, lorsqu'il y a une discussion, il faut attendre qu’une opinion soit sortie de la bouche et alors seulement soulever des objections; mais, quand l'opinion est à l’intérieur de la bouche et ne s’est point encore manifestée, si on soulève contre elle des objections, on est semblable à celui qui marchaitsur le crachat quand il était encore dans la bouche.
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Autrefois le Buddha, accompagné de tous ses disciples, entra dans la ville de Chü-wei (Grâvasti) avec l'intention
de mendier de la nourriture ; sur le bord de la route, il vit une fosse qui était pleine de liquides infects et où se trouvaient accumulés toutes sortes d’objets impurs; il aperçut une vieille truie qui, avec ses petits, était vautrée au milieu de cette fosse immonde. Alors le Buddha rit légèrement ; il montra ses quarante dents et fit voir en même temps ses quatre canines ; de ses quatre canines il émit une grande clarté qui illumina tous les trois chiliocosmes et qui environna les dix régions de l’espace ; cette clarté revint s’enrouler en trois replis autour du corps du Buddha, puis elle rentra en lui par sa poitrine. C’est la règle pour tous les Buddhas que, lorsqu'ils parlent de choses concernant les enfers, la clarté rentre par la plante de leurs pieds; lorsqu'ils veulent parler de choses concernant les animaux, la clarté rentre par leurs épaules ; lorsqu'ils veulent parler de choses concernant les démons affamés, la clarté rentre par leurs hanches; lorsqu'ils veulent parler de choses concernant les hommes, la clarté rentre par leur nombril; lorsqu'ils veulent parler de choses concernant les divers devas, la clarté rentre par leur poitrine ; lorsqu'ils veulent parler de choses concernant les crâvakas, la clarté rentre par leur bouche; lorsqu'ils veulent parler de choses concernant les Pratyekas Buddhas, la clarté rentre par la marque distinctive qui est entre leurs sourcils ; lorsqu'ils veulent parler des choses concernant les divers Buddhas et Bodhisattvas, la clarté rentre par le sommet de leur crâne.
Ânanda, voyant que la clarté était rentrée par la poitrine, sut que le Buddha voulait parler de choses concernant les devas ; alors, se mettant à deux genoux, il demanda au Buddha quelle était sa pensée. Le Buddha dit à Ânanda: « Autrefois, 1l y a de cela des kalpas innombrables, il était un notable qui ne possédait aucun fils et qui avait seulement une fille; celle-ci était d’une beauté remarquable et d'une intelligence qui la rendait fort sage dans les dis-
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cussions ; le père et la mère de cette jeune fille la chérissaient fort. Quand elle fut devenue grande, elle prononça une gâthà pour poser à son père et à sa mère celte question :
Toutes choses s'écoulent comme une rivière au cours rapide ; — tout ce qui, dans le monde, est sujet de peine ou de joie, — à l'origine d'où cela sort-il — et quand cela prendra-t-il fin ?
En entendant ces paroles, le père etla mère en louèrent la rare élégance, mais ne surent comment répondre à cette gâthà ; la jeune fille qui désirait qu'on lui expliquât le sens de cette énigme et qui n’obtenait pas de réponse en conçut une grande tristesse et cessa de boire et de manger.
Le père et la mère, voyant leur fille en proie au chagrin, furent fort inquiets. Alors donc ils réunirent une grande assemblée à laquelle ils invitèrent tous les brahmanes et les vieillards les plus expérimentés ; quand cette multitude d'hommes se fut rassemblée comme des nuages et quand on eut fini de lui faire des offrandes, on disposa au milieu de la réunion un petit banc sur lequel la jeune fille s’assit ; puis elle prononça la même gâthà que précédemment afin d'interroger ces hommes nombreux ; mais tous gardèrent le silence et ne surent que répondre.
Le notable remplit alors un plat de joyaux des sept sortes et proclama qu’il donnerait cela à qui serait capable de répondre. Or, il y avait, en ce moment, un brahmane dont le corps était beau, mais dont l'intelligence était mince ; il convoita ces joyaux précieux et dit: « Je puis répondre. » La jeune fille, l'ayant entendu, prononça la gâthà pour l’interroger ; comme lui non plus ne pouvait fournir la solution de l'énigme contenue dans cette gâthà, il se borna à dire: « Tout cela n'existe pas. » La jeune fille se prit à méditer et obtint la contemplation du nonêtre des choses ; alors, elle s’écria: « Celui-ci est véritablement un grand maître ; il ne m'a pas peu aidée ».
Quand cette jeune fille eut terminé sa vie, elle naquit en haut dans la région du non-être des choses; après quarante kalpas, elle acheva cette destinée de deva et vint naître (maintenant) dans le monde. Celle qui était en ce temps, la fille du notable, c’est (aujourd’hui) cette vieille truie elle-même; son bonheur de deva étant terminé, les péchés qu'elle avait commis dans des existences antérieures ont fait que dans la présente génération elle a recu un corps de truie. Au moment où cette jeune fille prononcça la gâthà pour se renseigner, si elle avait rencontré un maitre éclairé, elle aurait pu atteindre à la sagesse ; mais cette jeune fille, bien qu'ayant pratiqué la contemplation, fut dépourvue d'intelligence; c’est pourquoi, lorsque la récompense attribuée à la contemplation eut pris fin, elle tomba dans les conditions mauvaises.