IL
(Tr RAIN SD: 1100)
Louer les services d’un potier.
Autrefois un maitre brahmane voulait tenir une grande réunion; il dit à son disciple : « J’ai besoin d’ustensiles en terre pour m'en servir lors de cette réunion. Louez pour moi les services d’un potier que vous irez me chercher au marché. » Ce disciple se rendit donc chez le potier; or, en ce moment, un homme arrivait sur la place du marché avec son âne chargé d’ustensiles en terre qu’il voulait vendre; mais, en un instant, l’âne les brisa tous; le marchand s’en retournait chez lui en pleurant et en s’affligeant, lorsque le disciple, qui avait vu toute cette scène, lui demanda : « Pourquoi soupirer et vous attrister ainsi ? » L'autre lui répondit : « Je m'étais ingénié et fatiœué pendant plusieurs années et j'avais ainsi réussi à faire ces ustensiles; j'allais au marché pour les vendre lorsque ce méchant âne en un instant les a tous brisés. Voilà pourquoi je suis affligé. » En entendant et en voyant cela, le disciple dit tout joyeux : « Cet âne est un animal merveilleux; ce qui a été fabriqué au prix d’un long temps, il peut le détruire en un moment. Je vais l'acheter. » Le potier le lui vendit avec plaisir et il revint monté sur la bête. Son maître lui demanda : « Pourquoi ne m'amenez.vous pas un potier? À quoi sert cet âne ? » Son disciple répliqua : « Cet âne est plus habile que le potier. Car les ustensiles que le potier met beaucoup de temps à fabriquer,illes détruit en un instant. » Son maître lui dit alors : « O grand sot sans intelligence! les objets que cet
ST
sr et PRES
suie 21
âne vient de pouvoir détruire, il serait incapable d’en fabriquer un seul, même en cent ans. »…
CÉrip XXI, :8,:p; 71 rev.)
Le trafiquant qui déroba de l'or (1).
Il y avait une fois deux trafiquants, qui voyageaient ensemble pour faire du négoce; l’un d’eux vendait de l’or et le second vendait de l’étoffe de feou-lo (tüla — coton); quelqu'un ayant acheté de l'or, le fit chauffer pour l’éprouver; or, le second marchand déroba l'or que cette personne venait de faire chauffer et se servit de son étoffe de teou-lo (tüla) pour l’envelopper; mais l’or était encore chaud et c'est pourquoi il brüla entièrement l’étoffe. L'affaire fut ainsi découverte et il perdit à la fois l’oret l’étoffe…
No 269.
CRD EN EN BD 71 Ne)
Couper l'arbre pour en prendre les fruits (2). P 1 P
Autrefois le roi d'un royaume avait un bel arbre, haut, large et fort grand, qui produisait toujours d'excellents fruits, doux au goût et exquis. Un homme étant venu auprès du roi, celui-ci lui dit : « Sur cet arbre vont pous-
(1) Cf. Julien, les Avadänas, \. T, p. 239-240. (2) Cf. Julien, Les Avadänas, . T1, p. 168-170, où les conclusions morales sont traduites.
ser des fruits exquis; pouvez-vous les manger ? » L'autre
répondit : « Cet arbre est haut et large; même si je voulais manger lesfruits, comment pourrais-je les prendre ? » Alors il coupa l'arbre dans l'espérance de prendre les fruits, mais il n’en trouva aucun et la peine qu’il s'était donnée fut inutile; il voulut ensuite remettre l'arbre de-
bout; mais celui-ci était mort et desséché et il n'y eut
aucun moyen de lui rendre la vie...
(rip RAIN 8 :p7b%e
Le transport de la bonne eau.
Autrefois, il y avait un village qui était à cinq yojanas de la ville royale; dans ce village se trouvait une eau exquise; aussi le roi avait-il ordonné que les habitants de ce village fussent chargés de lui apporter chaque jour de cette excellente eau; les habitants, excédés de cette corvée, voulaient tous émigrer et aller loin de ce village, mais le chef du village leur dit : « Ne partez point; j'irai parler au roi pour qu’il change les cinq yojanas en trois ; ainsi vous serez plus près et les allées et venues ne vous fatigueront plus. » Il alla en effet parler au roi qui fit cette modification en sa faveur et réduisit les yojanas à trois; à cette nouvelle, les habitants furent transportés de joie; quelqu'un cependant leur dit : « Ce sont toujours les cinq yojanas d'autrefois et rien n’a été changé. » Mais eux, quoique entendant ce discours, ajoutaient foi à la parole du roi et c’est pourquoi ils ne voulurent plus jamais partir...
Noa 7
CÉDIDI NAN EN PO DUT Te)
Le nuroir dans le coffret précieux.
Autrefois il y avait un homme qui était pauvre (1) et misérable; il était fort endetté et n’avait aucun moyen de se libérer. Il s’enfuit alors et s'en alla dans une région déserte; il trouva un coffret plein de joyaux; un miroir était appliqué au-dessus des joyaux et les recouvrait comme un couvercle. Quand le pauvre homme eut vu ce coffret, il fut très joyeux; il l’'ouvrit aussitôt et apercut alors un homme dans le miroir; saisi d’effroi, il joignit les mains et dit : « Je pensais que ce coffret vide ne contenait rien du tout; je ne savais pas, seigneur, que vous étiez dans ce coffret ; ne vous fâchez pas contre moi. ».…