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comment il faut gouverner le bateau, voici comment il faut le redresser. » Mais le bateau tournait en rond et ne pouvait plus avancer pour aller à l'endroit où étaient les objets précieux ; tous les marchands qui étaient sur ce bateau périrent noyés.
CÉRID ROMIN SSD 77 à Le mari el sa femme qui avaient fait une convention au sujel d'une galelte à manger.
Autrefois un mari et sa femme avaient trois galettes ; le mari et sa femme firent un partage et chacun d’eux mangea une galette ; mais, comme il restait une galette,
ils convinrent entre eux que, si l’un d'eux parlait, il ne faudrait pas lui donner la galette ; quand ils eurent conclu
cette convention, à cause de cette seule galette, aucun d'eux n’osa parler. Au bout de quelque temps, des voleurs pénétrèrent dans leur maison et se mirent à dérober divers objets jusqu’à ce qu’ils eussent mis la main sur tout ce qui se trouvait là. Le mari et sa femme, à cause de la convention qu'ils avaient faite auparavant, regardaient cela sans mot dire. Les voleurs, remarquant qu'ils ne disaient rien, enlevèrent alors de force la femme ellemême en présence de son mari; celui-ci, bien que le voyant de ses propres yeux, ne dit encore rien. La femme cependant se mit à crier: « Au voleur ! » et apostropha son mari en ces termes : » Quel fou n’êtes-vous pas, vous qui, à cause d’une galette, voyez des voleurs sans crier. » Mais le mari battit des mains et dit en riant: «llé ! femme, c'est moi certainement qui ai gagné la galette et je ne te la rendrai pas! ».… IL. 14
(Trip, XXIV, 8, p. 77 r°.)
Celui qui, par haine, voulait nuire à un autre {\).
Il y avait autrefois un homme qui était irrité contre un autre et qui, dévoré de chagrin, ne connaissait plus la joie. Quelqu'un vint lui demander : « Pourquoi êtes-vous triste à ce point ? » Il répondit: « C'est parce qu'un homme m'a fait du tort et que je ne suis pas assez fort pour me venger. Je ne sais par quel moyen me venger et c’est pourquoi je m'afflige. » Une personne lui dit alors : « Il y a les incantations des P'i-lo-lo (Vidyâädhara) qui pourraient le tuer; mais elles ont cet inconvénient que, si vous ne parvenez pas ainsi à le tuer, c’est vous au contraire que vous tuerez. » À ces mots notre homme se sentit transporté de joie et dit : « Mon unique désir est que vous me les enseigniez; quand bien même je devrais me tuer moi-même, l'essentiel est que j'aie l'espoir de lui faire du mal »...
(RIDE XXIN 6 "D 77, 1)
Celui qui, pour imiter ses ancêtres, mangeait avec précipitation.
Autrefois un homme vint de l'Inde du Nord dans l'Inde du Sud, et, après y avoir demeuré longtemps, il y épousa
(1) Cf. Julien, les Avadänas, t. I, p. 207-208.
une fille du pays qui devint sa femme. Un jour cette femme avait préparé à boire et à manger, pour son mari; dès que le mari reçut sa nourriture il l’avala précipitamment et ne put éviter de se brüler; sa femme s’en étônna et lui dit : «Il n’y a pas ici de voleurs quiaient l'intention de dépouiller les gens; quelle est donc la chose si urgente qui vous fait vous hâter à ce point et ne pas manger tranquillement ? » Le mari répondit à sa femme qu'il avait pour cela une bonne raison secrète, mais qu’il ne pouvait la lui révéler.
En entendant ces mots, son épouse pensa qu'il avait quelque recette extraordinaire et elle l'interrogea à ce sujet avec insistance; au bout de quelque temps son mari finit par répondre : « Déjà mon grand-père et mon père avaient la coutume de manger toujours précipitamment; maintenant je les imite, et c'est pourquoi je me hâte. »…
MAN PR. O0 RE PU nr en PE
Celui qui goûlail les fruits d'âmra (mangue) (1).
Autrefois un notable avait donné quelques pièces de monnaie à un homme en le chargeant d'aller dans le jardin d’un autre homme pour y acheter des fruits d'ämra (an-p'o-lo) qu'il désirait manger; il lui avait fait en même temps cette recommandation : « N’achetez que des fruits doux et beaux. » Notre homme, tenant en main ses pièces de monnaie, alla donc pour acheter les fruits ; le propriétaire des fruits lui dit : « Tous les fruits de cet
(1) Cf. Julien, les Avadänas, 1. 1, p. 146-147.
arbre sont beaux et bons; il n’y en a pas un seul de mauvais; goûtez l’un d'eux, vous pourrez vous en convaincre. » L'acheteur de fruits se dit : « Il faut maintenant que je les goûte tous l’un après l’autre et alors je pourrai les prendre; si je n’en goûtais qu’un seul, comment sauraisje (ce que valent les autres) ? » Il prit donc les fruits l’un après l’autre et les goûta tous; puis il les rapporta à la maison. Quand le notable les vit, il en fut dégoûté et refusa: de les manger; il les fit tous jeter au loin...
CIDRE 8 p77,%0)
Celui qui, parce qu'il avait deux femmes, perdit - ses deux yeux (1).
Autrefois un homme avait épousé deux femmes; mais, dès qu'il s'approchait de l'une, l’autre s’enirritait; comme il ne parvenait pas à prendre une résolution nette, il se coucha donc juste entre ses deux femmes, le corps bien allongé et le visage en l’air ; précisément alors il plut abondamment, et, comme l'habitation avait des fentes qui laissaient passer la pluie, de l’eau et de la boue tombèrent dans ses yeux; cependant, à cause de l'engagement qu'il avait pris auparavant, il n’osa pas se lever pour se mettre à
l'abri, en sorte que ses deux yeux perdirent ensemble la vue.
(1) Cf Julien, les Avadänas, t. II, p. 68-69.
ER T7 SAT ut PCT PNR 6
CFrip XX XIN 8 PTT V2)
Celui dont on fendit la joue parce qu’il avait fourré du riz dans sa bouche.
Autrefois un homme s'était rendu dans la famille de sa
femme, et, voyant cette dernière occupée à moudre du
riz, il s’était approché de l'endroit où elle se trouvait, avait
pris furtivement du riz et se l'était mis dans la bouche; en voyant son mari, la femme voulut causer avec lui, mais, ayant la bouche pleine de riz, il ne put absolument pas lui répondre; comme il avait honte devant sa femme, il n’osait pas cracher ce riz, et c'est pourquoi il ne parlait pas; sa femme, surprise de son mutisme, palpa sa joue avec la main pour voir ce qu'il avait et pensa qu'il lui était venu un abcès dans la bouche; elle dit donc à son père : « A peine mon mari était-il arrivé qu'il a pris soudain un abcès dans la bouche, et il ne peut plus du tout parler.» Le père appela aussitôt un médecin pour le soigner; le médecin déclara que cette maladie était fort grave et qu’elle ne pourrait guérir qu'en faisant une incision avec un couteau; aussitôt donc il lui fendit la bouche avec un couteau; le riz s'en échappa et toute l'affaire devint manifeste.
(TDR EN Op NP
Celui qui prélendit faussement que son cheval était mort.
Autrefois un homme, monté sur un cheval noir, était allé à la guerre pour attaquer des brigands; par suite de
la grande peur qu'il avait, il n’osa pas combattre, il se barbouilla le visage de sang, feignit d’être tué et se coucha dans un tas de morts; le cheval qu'il montait fut volé par quelqu'un. Quand les armées furent parties, il voulut retourner chez lui; il coupa alors la queue d’un cheval blanc appartenant à quelque autre personne et la rapporta; lorsqu'il fut arrivé chez lui, il y eut un homme qui lui demanda : « Le cheval que vous montiez, où est-il et pourquoi n’êtes-vous pas monté sur lui? » 11 répondit : « Mon cheval est mort; je n'ai rapporté que sa queue. » Un assistant fit alors cette remarque : « Votre cheval était primitivement noir; comment se fait-il que sa queue soit blanche ? » Notre homme resta coi sans répondre et fut la risée de tous...
N° St0
CPPID A XRIENE-S D 770%)
Des hommes vulgaires qui entrent en religion dans le désir d'y trouver leur profit et leur entretien.
Autrefois, un roi avait institué ce règlement : « Tous les brahmanes qui sont dans mon royaume seront astreints à se laver; s'il en est qui ne se lavent pas, on donnera immédiatement des ordres pour qu'ils soient employés à toutes sortes de corvées pénibles. » Or, un brahmane tenait, sans s'en servir, une cruche à ablutions et prétendait se laver; mais toutes les fois que quelqu'un lui mettait de l’eau dans sa cruche, il la répandait; il prononca cette parole : « Si je ne suis pas assez propre, que le roi luimême me lave. Si je me conforme (en apparence) aux désirs du roi, c'est afin d'éviter ses corvées. » Il prétendait
donc faussement s'être lavé, mais en réalité ne se lavait point. |
Le Tels sont aussi les hommes vulgaires qui abandonnent | - la vie laïque; ils se rasent la tête et portent le vêtement ,
sombre, mais, dans leur for intérieur, ils violent les interdictions ; ils feignent en apparence d'observer les défenses, mais n’espèrent que tirer des hommes leur profit et leur entretien. En outre, comme celui qui ne cherche qu’à éviter les corvées du roi, ils ont les dehors d’un çramana, mais ils sont en réalité des trompeurs et, comme celui qui tient une cruche sans s’en servir, ils n'ont que l'extérieur (d’un religieux).