‹ Cinq cents contes et apologues (volume 3)Chapitre 48 sur 72 · NES · texte numérisé non relu

NES

CERDENIN BD 7800)

Celui qui perdit en même lemps son chameau ci:S0 Jarre,

Autrefois un homme avait une jarre pleine de grain; un chameau mit sa tête dans la jarre pour manger le grain et ne put pas l’en ressortir; voyant qu'il ne pouvait l’en ressortir, notre homme se désolait, lorsqu'un vieillard vint lui dire : « Ne vous affligez pas; je vais vous enseigner le moyen de faire sortir la tête du chameau ; si vous suivez mon avis, vous pourrez certainement la faire vite sortir; il vous faut lui couper la tête et alors vous la ferez sortir vous-même. » Notre homme se conforma à ce conseil et coupa la tête avec son couteau; de la sorte il tua le chameau et brisa la jarre. Tout le monde rit d’une pareille sottise…

(Frip}, AXINS 8, p: 787%)

Le rustre qui s’éprit de la fille du rot.

Autrefois un rustre se promenait dans la ville lorsqu'il aperçut la fille du roi qui était d’une rare beauté. Il se mit à penser à elle le jour et nuit sans que sa passion püt être réprimée ; il désirait coucher avec elle, et comme il ne voyait pas le moyen d’y parvenir, son teint s’altérait et jaunissait,; il finit par tomber gravement malade. Ses amis, étant venus le voir, lui demandèrent pour quelle cause il se trouvait dans cet état. Il leur répondit : « J’ai vu hier la fille du roi qui est merveilleusement belle et je voudrais coucher avec elle; mais, comme je ne puis y parvenir, j'en suis malade; si je n’y parviens pas, ma mort est certaine. » Ses amis lui dirent : « Nous allons trouver quelque bon stratagème qui vous permettra d'obtenir ce que vous désirez; ne vous tourmentez plus. » Un autre jour, ils vinrent le voir et lui dirent : « Nous avons trouvé pour vous un stratagème qui vous fera obtenir la fille du roi, à moins cependant que celle-ci ne soit pas consentante. » En entendant ces mots, notre rustre tout joyeux s’écria en riant : « Je l’obtiendrai certainement!... »

(rip KV 865678 164

Traire l’ânesse.

Autrefois les habitants d’un royaume de la frontière ne

connaissaient pas les ânes; ils entendirent quelqu'un dire : « Le lait d’ânesse est excellent »; mais aucun d’eux ne savait ce que c'était. Or donc, ces hommes se procurèrent un âne mâle et voulurent traire son lait; tous à envi se mirent à le presser avec la main; l’un lui pressait la tête; l’autre, l'oreille; le troisième, la queue ;le quatrième, le pied; il y en avait même un qui lui pressait les parties génitales; chacun d’eux désirait être le premier à obtenir du lait pour être le premier à en boire; parmi eux, celui qui pressait le membre viril de l’âne s’écria que c'était sa mamelle et se mit à la traire dans l'espérance d'en tirer du lait. Tous ces gens s’épuisèrent en efforts sans rien obtenir; ils se fatiguërent vainement sans résultat et devinrent la risée de tout le monde...

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