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témoignait de la piété filiale et de l’obéissance à son père
et à sa mère, il respectait et il aimait ses parents aux neuf degrés. Il recherchait les sages et honorait les
‘hommes saints ; il croyait au Buddha, il croyait à la Loi, il
croyait aux paroles des çramanas; il croyait que le bien est récompensé par le bonheur et que le mal est puni par le malheur. En observant les règles claires des dix actions excellentes (1) qui sont sincères et bien ordonnées, il
-gouvernait sa propre conduite; il avait donné des ordres
pressants à toutes ses femmes, depuis la reine jusqu’à la
plus humble concubine, pour que toutes à l’envi s’appli-
quassent au bien; il avait adressé des proclamations aux officiers et au peuple de ses possessions dans les quatre directions de l’espace pour que tous, grands et petits, portassent sur eux ces instructions et les récitassent et que leur cœur les mit en pratique.
Il arriva que, dans le royaume, un pauvre homme était dans une misère qu'il ne pouvait plus supporter; à bout de ressources, il fit un vol; le propriétaire du bien volé se saisit de lui et l’emmena pour exposer l'affaire au roi;
“celui-ci demanda : « Avez-vous volé ? » Le voleur répon-
dit qu'il avait en effet volé. « Pourquoi, reprit le roi, avezvous volé? » Le voleur répliqua : « J'étais réellement dans une affreuse misère et je n'avais plus de quoi vivre ; c’est pourquoi, violant vos lois saintes et claires, j'ai marché dans le feu et j'ai commis un vol. » Le roi, pénétré de compassion, le loua de sa parfaite sincérité, et, tout
confus, il se Sentit honteux; il dit en poussant un profond
soupir : « S'il y a dans le peuple des gens qui souffrent de la faim, c’ést moi qui les ai affamés; s’il y a dans le peuple des gens qui souffrent du froid, c'est moi qui les ai dépouillés de leurs vêtements. » Il ajouta : « Ma situation est telle que je puis faire en sorte que personne du
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royaume ne soit dans la misère; c'est de moi seul que dépendent les souffrances ou les jouissances du peuple. » Alors donc il accorda une amnistie générale à son royaume; il sortit tous les objets précieux qu’il avait dans ses magasins et en fit des libéralités; les hommeés qui étaient épuisés par la faim et par la soif, il les fit boire et manger; ceux qui avaient froid, il les vêtit; ceux qui étaient malades, il leur donna des remèdes; champs, jardins, habitations, or, argent, perles rondes et perles irrégulières, de tout cela chacun eut tant qu’il en demanda; les oiseaux qui volent, les quadrupèdes qui marchent et jusqu'à la multitude des insectes eurent aussi tout ce qu'ils aimaient en fait de céréales des cinq sortes et d’herbes.
A partir du moment où le roi eut fait ces libéralités, le royaume fut prospère et le peuple vécut dans l’aisance; les gens s'entraînaient les uns les autres vers la sagesse; dans le peuple personne ne tua plus, ni ne déroba le bien d'autrui, ni ne commit des débauches avec la femme d'autrui, ni ne fut fourbe, ou calomniateur, ou menteur, ou artificieux dans son langage, ou jaloux, ou colère; tous ces sentiments méchants et bornés se calmèrent et disparurent. Tous les hommes crurent au Buddha, crurent à la Loi, crurent aux çramanas ; ils crurent que celui qui fait le bien obtient du bonheur, que celui qui pratique le mal reçoit le malheur; le royaume entier fut paisible et joyeux ; les peines du fouet et du bâton ne furent plus appliquées. Les royaumes ennemis firent leur soumission ; les armes de guerre se pourrirent dans les magasins; dans les prisons on n'enchaîna plus des prisonniers. Le peuple louait cet heureux état de choses en disant : « Quel bonheur que nous ayons pu vivre en un tel moment! » Les devas, les nâgas, les démons et les génies contribuaient tous sans exception à la réjouissance et accordaient leurs faveurs et leur protection à ce royaume. Les influences funestes disparaissaient; les cinq céréales mürissaient en abon-
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