PALETTE
dance; les familles avaient du superflu. Le roi s’en
réjouissait tout particulièrement; il obtint alors les cinq bonheurs qui sont : 1° vivre longtemps ; 2° être beau d’une beauté qui croît chaque jour; 3° avoir une vertu qui ébranle les huit directions de l’espace, le zénith et le nadir ; h° n'avoir aucune maladie et avoir une énergie chaque jour grandissante ; 5° posséder un royaume dont les quatre régions sont paisibles et avoir un cœur sans cesse joyeux.
Quand, par la suite, le roi mourut, il était à ce moment comme un homme en pleine force qui mange abondamment et qui se plait à dormir. Soudain il naquit en haut parmi les devas Trayastrimças. Quant aux gens de ce royaume, ils observèrent les dix défenses que leur avait données le roi et il n’y eut aucun d’eux qui allât naître dans les conditions d’habitant des enfers, de démon affamé ou d'animal; après leur mort, leurs âmes obtinrent toutes de monter parmi les devas. |
Le Buddha dit aux cramanas : «En ce temps, celui qui était le roi Ho-mo, c’est moi-même. »
Après avoir entendu ce texte saint, les cramanas furent tous grandement joyeux; ils rendirent hommage au Buddha puis se retirèrent.
NL:
(Trip; VI, 5, p: 08 v°-59 1°.)
ûtra du discours adressé par le Buddha au maître de maison.
Voici ce que j'ai entendu dire : Une fois le Buddha se trouvait à Chûü-wet (Grâvasti), dans le Jetavana, dans le jardin d’'Anâthapindada. En ce temps, un maître de maison se trouvait subir l’infortune que lui avaient value ses
existences antérieures ; il était extrêmement pauvre et en
souffrait, Il avait des vêtements d’herbes, des nattes de
chaume, des légumes et de la bouillie de millet pour suf-
fire à ses besoins. Quoique fort misérable, cependant il ne portait jamais ses pas dans une demeure où la sagesse était absente ; sa main ne prenait pas le don qui venait
d’un homme dénué de sagesse; il se conduisait résolu-
ment avec pureté; toutes les doctrines fausses ne pouvaient souiller son cœur. Les défenses des livres saints ne quittaient jamais sa bouche, car il les récitait dès le matin et les récitait encore le soir. Il était loué par l’Ho-
noré du monde et respecté par l'assemblée des sages. Bien que ses vêtements et sa nourriture ne fussent pas.
suffisants pour son corps et sa bouche, il faisait des offrandes à l'assemblée des saints avec tout ce qu’il pouvait avoir chez lui de légumes, de bouillies de millet et de nattes en herbes, et il n’y manquait pas un seul jour. Les çramanas dirent : « Ce maître de maison est fort pauvre et est toujours hâve de faim; nous ne pouvons accepter la nourriture qu’il nous donne constamment. Les livres saints disent : « Que les cramanas observent de tout leur cœur le vrai; que les défenses soient pour eux au complet; que leur conduite soit élevée; que leur volonté soit (pure) comme l'or céleste; qu'ils n’attachent pas de prix à la richesse et aux femmes et que les livres saints seulement soient précieux à leurs yeux; qu’ils suppriment et éteignent les six appétits (1). » Faisons donc le serment de nous débarrasser de la faim; pourquoi aurions-nous honte de quêter (2) et pourquoi ne le ferions-nous pas ? »
(1) ;< À : Ce sont les appétits de l'œil, de l’oreille, du nez, de la bouche, du corps, de la pensée.
(2) 7 - D'après le Fan yi ming yi tsi, les mots fen wei sont la transcription du sanscrit pindapâta qui signifie la boulette (pinda) qui tombe - (pâta) dans le bol du religieux. Une autre explication, d'un caractère nettement scolastique et artificiel, ramène /fen wei à pinda-yà — aller à la ronde (en mendiant). Enfin, une troisième explication, d'ailleurs
. Ils se rendirent ensemble auprès du Buddha et lui exposèrent toute cette affaire ; l'Honoré du monde garda le silence, Le jour suivant, le maître de maison se rendit en personne au vihâra; quand il eut fini de se prosterner, il … s’assit de côté. Le Buddha, songeant à ce que les cramanas Jui avaient révélé précédemment, demanda à ce maître de maison : « Vous plairait-il de faire journellement des libéralités bienveillantes pour subvenir à l'entretien des bhiksus ? » Il répondit : « Oui certes. Tout ce que j'ai chez moi, je l'offre chaque jour ; mais je regrette d’être pauvre et de n'avoir que des légumes, de la bouillie de millet et des nattes en herbe; je fais outrage ainsi à ces hommes saints et sages et c'est là ce qui me rend taciturne. » Le Bienheureux lui dit : « L'importance des actes de libéralité consiste dans les quatre intentions qui sont : avec un cœur bienveillant se tourner vers autrui, avec un cœur pitoyable témoigner de la compassion, se réjouir de ce fn que les autres opèrent leur salut, protéger et secourir tous les êtres vivants. Même quand l’offrande qu’on a b |
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faite est petite, les conditions dans lesquelles on naît par la suite sont toujours celle de naître en haut comme deva, ou celle d’être parmi les hommes; les souhaits qu'on conçoit se réalisent spontanément; le cœur a pleine satisfaction en ce qui concerne les formes pour l'œil, les sons pour l'oreille, les parfums pour le nez, les saveurs pour la bouche, et les vêtements dont est revêtu le corps; on n'aura pas à craindre de manquer de rien de tout cela. Si la libéralité qu'un homme fait est sans valeur et si en outre son cœur ny prend pas plaisir, quand plus tard il obtiendra la récompense appropriée, ce sera un bonheur mince entre tous ; les dignités et les objets pré-
insoutenable, admet qu'il faut attribuer leur sens propre aux caractères chinois ici employés; fen signifie donc « distribuer » (les aumûônes aux religieux et religieuses); wei signifie « protéger » (de manière à assurer la pratique de la religion).
cieux des sept sortes qu'il obtiendra ne suffiront pas à assurer sa gloire; comme il sera dans une condition mesquine, et comme, en outre, son cœur sera avare et parcimonieux, il n'osera ni se vêtir, ni se nourrir; toujours inquiet et agité, il ne se réjouira jamais; avec son ventre
affamé et son corps souffrant du froid, il ressemblera à
un mendiant; il ne fera que naître et mourir, sans rien accomplir d’excellent qui lui assure la félicité. Si on fait des libéralités avec des choses de bonne qualité, mais
que le cœur ne soit pas absolument sincère, si, par arro-.
gance et confiance en soi, on n’est pas personnellement respectueux, si on recherche à force de cajoleries une brillante renommée et qu'on désire se faire connaître au loin, l’homme qui aura agi pour ces motifs aura plus tard peu de richesses, mais ses contemporains le loueront sans raison en disant qu’il est riche à millions; quant à lui, il craindra d’être dépouillé ; ses vêtements seront toujours misérables et sa nourriture ne sera jamais délicate; lui aussi ne fera que naître inutilement et mourir inutilement; les bhiksus ne franchiront jamais sa porte ; il s’éloignera
des trois Vénérables (Triratna) et se tiendra constamment
près des mauvaises doctrines. Quant à celui qui fait don d'objets de bonne qualité et qui respectueusement les offre avec les quatre bienfaisances (1), qui de sa propre main verse à boire (2) et qui concentre sa pensée sur les trois Vénérables (Triratna), qui fait le serment d’agir en sorte que tous les êtres vivants rencontrent le Buddha et montent au ciel, et que toutes les souffrances soient détruites, un tel homme, dans les existences ultérieures où il naïîtra, obtiendra l’objet de ses désirs quels qu'ils soient; il rencontrera le Buddha et naïîtra dans les cieux comme il l'avait souhaité (3).
GED 12 02 (2) A ceux à qui il fait des offrandes.
(3) Une note placée ici indique que, dans certains exemplaires, ce sûtra
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(Frip:, VI,5, p. 59 r°-59 v°.
Autrefois il y avait un brahmane nommé Wei-lan; sa gloire était grande et sa dignité élevée; il devint souverain volant {1); ses richesses auraient été difficiles à calculer; il aimait en personne à faire des libéralités ; des filles illustres de grande beauté, des vêtements qui éblouissaient le monde, il en faisait don aux hommes ; il avait des vases d’or pleins de grains d’argent et des vases d'argent pleins de grains d’or; son aiguière et sa
cuvette étaient faites de quatre substances précieuses
combinées ; dans ses chaudrons en or et en argent, il
avait des aliments de toutes sortes de saveurs ; toutes
ses bufflesses célèbres du Nord (2) avaient leurs cornes enveloppées d’un étui d’or jaune; chacune d'elles donnait journellement quatre cheng (3) de lait; toutes étaient suivies de leurs veaux ; il avait des vêtements précieux faits par le tissage et des réseaux à jour faits avec des perles brillantes; sur les rideaux de son lit des pendeloques précieuses éblouissaient la vue; il avait des éléphants renommés, des chevaux excellents, des selles et des brides d’or et d'argent rattachées avec des liens faits de toutes sortes de joyaux; ses chars avaient des dais décorés et des peaux de tigre lui tenaient lieu de siège; de tout ce qui était orné et ciselé il n’était rien de bon qu'il ne possédât. Tout ce que nous avons énuméré depuis les
est placé immédiatement après celui du roi Sa-ho-l'an (voyez plus haut, n° 13).