K11 INTRODUCTION
Un autre médaillon de Barhut (XXXIV, 2) nous montre un poisson énorme et, au-dessous, un bateau chargé de passagers ; c'est l'histoire de la nef qui allait être avalée par le poisson makara ; mais ceux qui la montaient eurent la bonne inspiration d'invoquer le nom de Buddha, ce qui les fitaussitôt sortir de la gueule du monstre (n° 186).
Dans d’autres cas, la version chinoise nous fournit un détail qui explique telle ou telle particularité d’un basrelief. En voici un exemple : le Cyâma jâtaka est figuré sur une des portes de Sänchi ; dans l'interprétation très exacte qu'il en a donnée, M. Foucher (1) attire l'attention sur une divinité qui a ressuscité le jeune Gyâma ; ce ne peut être, dit-il, la Bahusundari de la version pâlie; d’autre part, le récit du Mahâvastu ne nous est d’aucun secours puisqu'il n’a recours à aucune intervention d’un être surnaturel; il est probable, ajoute M. Foucher, que ce personnage n’est autre que Çakra. Cette hypothèse est en effet confirmée par la rédaction chinoise (n° 43) qui fait descendre du ciel Cakra pour rendre la vie à l'enfant.
Les contes nous permettent de comprendre, non seulement les bas-reliefs ou les fresques, mais encore les anciennes processions liturgiques où l’on représentait des scènes des existences antérieures du Buddha. Étant de passage à Ceylan en l’an 412 de notre ère, le pèlerin Fahien raconte (2) que, lors de la fête du milieu du troisième mois, le roi du pays faisait représenter des deux côtés de la route les cinq cents existences passées du Bodhisattva; ici, on le voyait sous les traits du prince Sudâna (n° 500) ; là, il était le jeune Çyâma (n° 43) ; là encore il apparaissait comme roi-éléphant, ou comme cerf ou comme cheval (probablement les n°° 28, 18 et 59); les figures étaient peintes et il semblait qu’on vit des personnages vivants.
(1) Les Bas-reliefs gréco-bouddhiques du Gandhära, p. 283. (2) Chap. XXX VIII; trad. Legge, p. 106.