‹ Cinq cents contes et apologues (volume 4)Chapitre 92 sur 93 · D FAR · texte numérisé non relu

D FAR

. du refuge en les trois Vénérables; toute notre maisonnée a

trouvé cela extraordinaire et a déclaré que cela était causé par la planète Mars. » Le père dit: « Arrêtez-vous, arrè-

tez-vous. Cet enfant n’est pas ordinaire. Parmi les hommes

qui naissent dans le monde, il en est qui atteignent cent ans, ou quatre-vingts ou quatre-vingt-dix ans et qui ne savent pas encore tous remettre leur destinée aux trois Vénérables. À combien plus forte raison (est-il admirable) que cet enfant, dès qu'il fut tombé à terre, ait pu prononcer l'invocation au Buddha. Ayez soin de le nourrir et de veiller sur lui et ne le négligez point. »

L'enfant donc grandit; quand il fut près d’avoir sept ans, il se trouvait à jouer avec des camarades de son âge sur le bord de la route, lorsque les disciples du Buddha Câriputra et Mahâmaudgalyäyana vinrent à passer auprès de l'enfant; celui-ci se prosterna à leurs pieds en disant : « Je vous salue, Ô Câriputra et Mahâmaudgalyäyana. » Çàriputra et Mahâmaudgalyäyana furent fort surpris de ce que cet enfant savait adorer les bhiksus. L'enfant leur dit : « O religieux, ne me reconnaissez-vous pas? Quand le Buddha était en haut parmi les devas, en train d'expliquer les livres saints à sa mère, j'étais alors un deva qui devait

descendre (dans ce monde) pour y devenir un petit porc.

En suivant les avis du Buddha, j'ai pris mon refuge (dans les trois Vénérables) et j'ai pu devenir un homme. » Les bhiksus entrèrent en contemplation et à leur tour surent ainsi ce qui s'était passé. Ils prononcèrent alors un vœu magique en disant: Z'seu-li-lche.

L'enfant dit à Maudgalyâyana et à Câriputra : «Je désire que, en mon nom, vous invitiez à venir l’Honoré du monde, tous les Bodhisattvas et les religieux ainsi que les bienfaiteurs. » Maudgalyâävana et Câriputra consentirent à recevoir sa proposition. L'enfant revint alors dire à son père et à sa mère: « Tout à l'heure, je jouais ici et là, lorsque je vis passer deux disciples du Buddha; j'en ai

profité pour inviter à dîner le Buddha et les quatre catégories (de sa suite). Je désire que vous leur prépariez des mets doux et excellents. » Son père et sa mère acceptèrent ce qu'il disait et se conformèrent à ses paroles: ils s'émerveillèrent de ce que, malgré son jeune âge, il avait conçu une noble pensée; en outre, ils trouvèrent admirable que, par sa conduite, il eût pu explorer et connaître ses vies antérieures; prenant les objets les plus précieux et les plus exquis, ils rassemblèrent les aliments dont la saveur

était la plus réputée dans le monde, recherchèrent tout

ce qu'il y avait de meilleur et de plus fin et dépassèrent même ce dont l'enfant avait eu l’idée. Le Buddha et les religieux en foule, à cause de cette action méritoire, vinrent tous, en ayant recours à leurs puissances surnaturelles, dans la demeure de l'enfant pour y manger. Le père et la mère, les grands et les petits leur firent des offran- des et les nourrirent, et quand ce fut fini, firent passer des parfums, et de l’eau pour se laver; tout cela fut conforme à la Loi, Le Buddha leur expliqua les livres saints; aussitôt, le père, la mère, ainsi que l'enfant et tous leurs parents en ligne paternelle et maternelle, obtinrent tous le degré d’a-wei-yue-tche (avivartin).

Si telle est la grandeur du bonheur produit par le fait de prendre son refuge (dans les trois Vénérables), quel ne sera pas (le bonheur qu'on acquerra), si jusqu'à la fin de sa vie, on agit conformément à la sagesse et à la religion ?

(Fin du Kieou tsa pi yu king.)

2328. — Tours, imprimerie E. ARRAULT et Cie.

ui A: # : «

Poe eV Ag Ps Lg #4 tr pére

Page 1