‹ Cinq cents contes et apologues (volume 4)Chapitre 91 sur 93 · AIRE · texte numérisé non relu

AIRE

Crus. XEK: 7, p:,27 v°-98 r° ; cf, p. 10 voi r°.)

Autrefois, le Buddha était allé en haut chez le second des devas Trayastrimcas pour expliquer les livres saints à sa mère ; il y avait alors un deva dont la longue vie approchait de sa fin ; sept choses le prouvaient: 1° l’éclat au milieu de sa nuque s'était éteint ; 2° Les fleurs qui ornaient le sommet de sa tête se flétrissaient ; 3 le teint de son visage s'était altéré ; 4° sur ses vêtements il y avait de la poussière ; 5° de la sueur sortait sous ses aisselles ; 6° son corps S'était amaigri ; 7° il avait quitté son trône. Ce deva pensa à part lui: « Quand ma longue vie sera terminée, je devrai abandonner mon trône de deva, mes palais faits des sept joyaux, mes étangs et més vergers, mes boissons et ma nourriture quise produisaient spontanément, et toute la foule de mes habiles musiciennes ; il me faudra descendre naître dans le royaume de Æiu-yi-na-kie (Kuçinagara) dans le ventre d’une truie galeuse dont je serai le petit. » Ilen concevait par avance une grande tristesse et ne savait que faire, ni à quel moyen recourir pour échapper à ce châtiment.

Un deva lui dit: « Actuellement le Buddha est ici pour expliquer les livres saints à sa mère ; le Buddha est secourable pour tous les êtres des trois mondes ; c’est le Buddha seul qui peut vous délivrer de ce châtiment. » Ilse rendit donc auprès du Buddha, se prosterna la tête contre terre et l’adora ; avantmême qu'il eût posé aucune question, le Buddha dit à ce deva : « Tous les êtres, quels qu'ils soient, sont soumis à l'impermanence; vous le savez

depuis longtemps ; pourquoi vous affligez-vous ? » Ce deva dit au Buddha : « Quoique je sache que le bonheur des devas ne peut pas être éternel, je regrette d’avoir à quitter le trône pour devenir un petit porc né d’une truie galeuse. C’est cela qui me tourmente. Si je recevais par bonheur quelque autre corps, je ne me permettrais pas de m’en irriter. »

Le Buddha lui dit: « Si vous voulez éviter ce corps de

petit porc, il vous faut par trois fois chercher un refugeen

disant : namo Buddha, namo la Loi, namo l'assemblée des bhiksus; je confie ma destinée au Buddha ; je confie ma destinée à la Loi; je confie ma destinée à l’assemblée des bhiksus. Faites cela trois fois chaque jour. » Le deva suivit l'avis que lui avait donné le Buddha et du matin jusqu’à la nuit il se confiait (dans les trois refuges).

Or, sept jours plus tard, la longue vie de ce deva prit fin; il descendit naître dans le royaume de Wei-ye-li (Vaicâli) en qualité de fils d’un notable; tandis qu’il était dans le ventre de sa mère, il prononcait trois fois chaque jour la formule des trois refuges. À sa naissance, dès qu'il fut tombé à terre, il s’'agenouilla encore et prononça la formule des refuges; en outre, sa mère en accouchant n'eut pas d'humeurs sales; les servantes, qui étaient à côté de la mère, furent effrayées et la quittèrent en s’enfuyant; la mère elle-même était profondément surprise. Elle se dit que, si son fils avait parlé dès qu’il était tombé à terre, c'était parce qu'il était sous l'influence de la planète Mars et elle voulut le tuer. Mais, à la réflexion, elle se dit : « Mon jeune fils est un prodige; mais, si je tue cet enfant, son père m'en fera certainement un crime; j'attendrai d'avoir parlé de cela au notable; il ne sera pas alors trop tard pour tuer (mon fils). » |

La mère recueillit donc l'enfant et vint dire au notable ; « J'ai enfanté un fils; dès qu'il fut tombé à terre, il se mit à deux genoux, joignit les mains et prononcça la formule

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