CHENG KING (N
p. 669), décrit les nautonniers qui abordent sur le dos de la baleine comme sur un mont, y plantent des pieux pour attacher leur bateau :
Puis font grant feu, ce vos plevis.
Quand cel monstre la chalor sent
Del feu qui desus lui esprent ,
Donc se plunge par grand rador (= promptitude)
Aval en la grant parfondor ;
Et fet 0 sei la nef plungier
Et tote la gent perillei-.
M. Griiinvedel [Buddhistische SlucUen, p. 1 06) a fait remarquer que cette légende se trouve déjà dans l'Avesta i^Zend Avesla, trad. J. Darmesteter, II, p. 626).
Ken pen chouo yi ts'ie yeou pou p't mi ye p'o seng che ( Trip. , XVII , 3 , p. /18 r°) : cinq cents marchands vont être dévorés par le poisson makara lorsqu'une tortue gigantesque, prenant pitié d'eux , les fait monter sur son dos et les transporte jusqu'au rivage ; épuisée de fatigue, la tortue s'endort d'un sommeil profond avec la tête hors de sa carapace; 80.000 fourmis en profitent pour la manger toute vivante ; quand la tortue est réveillée par la souffrance , elle se résigne à ne faire aucun mouvement de peur de tuer un grand nombre de fourmis et elle se laisse mourir.
Cf. t. III, p. 29.
Cheou cheng king cité dans XXXVI, 1 , 6 1^. Cf. Sûtrâlamkâra , p. 383.
Iconographie : Parapet de gauche de la première galerie de Boro-Budur.
Km pen chouo yi ts'ie yeou pou p'i mi ye tsa che (Trip. , XVII , 2 , p. 87 v°-38 r°; Schiefner, Mahaushadha und Visakha = Ralston , Tibetan Tales, p. 177-1 81) : dans ce récit, la partie de dames est absente : c'est en s'engageant comme manœuvre que le brahmane parvient à entrer en conversation avec la reine.
La Fontaine, Les membres et l'estomac. Voyez la bibliographie détaillée de cette fable dans le Loqmân berbère de René Basset, p. i3i, n° 1.
Le thème du roi qui ne peut être guéri que par du lait de lionne a pour paralièle celui du roi qui ne peut être guéri que par du lait de tigresse. (Conte du Tyrol italien, n° 20 de ia collection Schneller, variante.)
Cf. Sûtrâlaruhài-ii , trad. Huber, n°63, p. 3a i-33o. Ta tchouang yen louen (cité dans le Tchou king yao 1st, Trip. , XXX \ 1 , 1 , p. 79').
Iconographie : Gaiidliâra (dans Joum. Asiat. , 1917, pl. III-IV).
、 N° 4 /il.
Kummâsapinda jâtaka {^Jntakd, n" /i 1 5) . XXXVI, 3,*85'.
Sseu j'en lu {Trip., XV, k , p. 1 5 v"- 1 6 r"j. La servante Houangt'eou , gardienne du parc Mo-U, fait don de sa nourriture au Biiddha; elle en est récompensée parce que le roi Prasenajit la pi eiid pour femme.
Ken peu chouo yi ts'ie ijeou pou pi ml ije tsa che [Trip., XVII , 1 , p. 2/1 V°-2 5 v°).
Légende (le rorigine des Licchavis.
Spence Hardy [Manual oj Buddhism, p. 2 35, n° 2) cite, d'après ie Pûjâîvaliya (xiii' siècle), une tradition très rapprochée de celleci; mais il dit que le garçon et la fille se nourrissent en suçant ieurs propres doigts d'où ils tiraient du lait. S'il n'y a pas là une simple erreur de traduction de Hardy, la leçon de ce texte serait moins bonne que celle de la version chinoise, car rallaitement par le pouce du père adoptif ou du père véritable est un trait de conte ; voyez les exemples réunis par Em. Cosquin dans son savant mémoire : Le lait de la mère et le coffre Jlottant {Revue des questions historiques, avril, 1 908). [Hertel, Z.D.M.G., 1911, ^89.]
Sur la tradition relative à l'origine de Vaiçâlî, voyez ies notes concernant notre n° /i3.
Fa-hien, trad. Legge , p. 78.
N。 Ixkl.
Tch'ou yao king ( Trip. , XXIV, 6 , p. 2 7 r°-v°).
N。 Zi50.
Cf. le n" /i58.
Ce récit est tiré du Cheng king (Trip. , XIV, 5 , p. Bs'-Sq'') qui est bien antérieur au King lu yi sîang; il aurait donc mieux valu ie faire figurer à la page 202 du tome II.
Bàverujâtaka {^Jâtaka, n。 339).
Barlaam et Josaphat (Kuhn, p. 3 1 ; Joseph Jacobs, p. cxxiii).
Cf. notre n" 342.
Ken pen chouo yi ts'ie yeou pou p'i nai ijc y/o seng che ( Trtp. , XVU , 3 , p. 02 vO-53 r"); c'est le texte traduit du tibétain par Schiefner (= Ralston, Tibetan Tales, p. 253-q5G).
Ta tche lou louen ( Trip. , XX, 1 , 107").
KING LU YI SIANG (W Zi53). 231
Dans ie Mahâbhârata, (III, i i o, 3-i t 3, 26), le rsi Vil)liân- (laka s'est baigné après avoir aperçu I'Apsaras Urvaçî et avoir éprouvé un sentiment de jouissance; une gazelle boit de l'eau dans laquelle il s'est baigné et conçoit ; elle met au monde un garçon tjui a une corne sur la tête, et qui est nommé, pour celte raison , Rsyaçrnga «le rsi à corne de daim Celui-ci devient grand et mène une vie pieuse à côté de son père. Cependant une sécheresse désole le royaume des Afigas. Pour la faire cesser, le roi Lomapâda entreprend d'attirer à sa cour le jeune Rsyaçrnga ; il y parvient en lui envoyant une ancienne courtisane accompagnée de plusieurs autres femmes que le jeune homme prend, dans sa naïveté, pour des ermites. Malgré son père qui l'avertit que ces femmes sont des démons, Rsyaçrnga se rend dans le prétendu ermitage où habitent les femmes ; le radeau sur lequel est élevé cet ermitage se détache aussitôt et vogue jusqu'à la résidence royale; dès que Rsyaçrnga est entré dans le harem du palais, il pleut à torrents. Le roi lui donne en mariage sa fille Çântà.
Lûders (JDie Sage von Rsyaçrnga, dans Nackrickten K. Ges. de Wi'ssenschajien zu Gôttingen , phl.-hist. Kl, , 1897, p. 90-91, e 1 902 , p. 28-56) a montré que ce récit du Mahâbhârata ne pouvait être considéré comme primitif, et il a institué une discussion minutieuse des textes parallèles qui se trouvent dans la littérature tant non bouddhique que bouddhique. Nous ne pouvons que renvoyer à cet excellent mémoire dont il serait trop long d'analyser les conclusions.
Le trait du jeune homme qui n'a jamais vu de femmes et qui se plaît en ia compagnie des premières qu'il rencontre sans savoir au juste ce qu'elles sont, se retrouve dans le conte de La Fontaine intitulé Les oies du frère Philippe, d'après Boccace, Décaméron . ~ - Barlaam et Josaphat, Kuhn , 80, J. Jacobs, p. cxxxi.
Le trait de la coartisane qui prend pour monture un ascète, un sage ou un roi, est connu dans le folklore sous le nom de Lai d'Aristote parce que le moyen âge considérait le sage Aristote comme le héros de la mésaventure. Schiefner a retrouvé ce trait
232 KING LU Y I SI ANC, ( i53).
dans une anecdote relative au roi Pradyota {Mémoires de l'Académie (le Saint-Pétershonrg, t. XXII, n° 7, p. aS-Qy = Trip., XVII, a , p. 8 r°-y r"); il a en outre signalé ( t'hid. , p. 66-67 ) un texte de récrivain arabe Al-G'âhiz (+868 ou 869 ) qui raconte l'histoire du vertueux conseiller à qui arriva pareille infortune. Voyez encore Pancatantra (trad. Lancereau , i. V, p. 296, et Benfey, t. I , p. /i 6 1 : t. Il , p. 807 ); Ruhaka jâtaka \ Jàl(ik(i . 11。 1 1 ] ; et , pour ia bibliographie, R. Basset (Les fourberies de Si Djeh'a, trad. AIoulioras, p. ij), n° 3, et Revue des traditions popultilres, t. XV, n° 1).
On a remarqué avec raison (Beal, Romantic Legend of Buddha , p. iq/i, n. 2 ; Lûders, op, cit. , 1897, P- ' ^ (lue le moyen âge avait fait une transposition de la légende du vs\ Unicorne en substituant à l'ascète ranimai féroce appelé l'L iiicoi ne qui se laisse docilement emmener par une jeune fille.
Hluan-tsang mentionne au Gandliâra rermitage où résidait Ekaçrnga au pied des montagnes du Svat, Foucher, p. 270. Dans ia fi g. 3à de i. Archaeological Surre^j of India . Annual Report, 1 g 1 1- 1912, pl. XLVIH, on a cru voir une représentation du rsi Ekaçrnga au moment où il s'apprête à prendre la femme sur son dos; d'ailleurs, depuis la rédaction de l'article de Sir Aurel S te in , la statue de la femme a été retrouvée, ce qui a pprmis de reconstituer le *]roupe; mais voyez Foucher, dans 丄 Wmoù'es concernant l'Asie orientale, III, fig. 3 et p. 2 1 . —— On trouve ce récit représenté sur un chapiteau de l'église Saint-Pierre de Caen , où Arislole est chevaiiohé p.ir une femme et où un chasseur poursuit un «Unicorne». Cf. Un chapiteau de léglisc Saint-Pierre de Caen , par Armand Gasté, professeur à la Faculté des Ll'IU'l's de Caen (1887). — Voyez dans les Prolegomena on the history of defensive armor, de B. Laufer I plancho XI) , un niascjue japonais et un masque tibétain employés dans les représentations théâtrales où figure ie j-si Unicorne.
Le lai (TArislote a été transplanté d'Oiienl l'n Europe par Jacques de Vitry (Thomas Wiiglit, À Selectnm of Latin Stones, London, iSUfî , p. 79).
KllSr, LU YI SIANG (N» 457). i>3:î Schiefner, Das Pamlara-Mndchcn Tara ( Mémoires de l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbuurg , l. \XI1 , p. «i îy-a y): dans ce récit c'est k' roi Fradyota qui sert de iiiuiiture à la fillo de Pàndava. Hiuan-tsang, Mémoires . l , 1:2/1; Walters , I , 'j , 8.
Iconographie : la naissance d'Eky (; rn^u est représentée dans un inétlaillon de Bharhut (Cunningham , pl. XXVI , n 。力 et sa concoption au GandhAra ( Mémoires ''om'erimt" l'Asie orientale, III , pi. IV, 3). ― Ekaçrnga et les courtisanes dans un bas-relief d'Amaràvuti (Fergusson , Trpp and Serpent Worship . pl. LXXXVI ; expliquée par Liiders, op. cit. , 1897, p. 1 33 ). — Ekaç 善' iiga est représenté sous ia forme d'un jeune ascète portant une corne sur le front sur i(' linteau inférieur de la porte Nord du stupa de Sànchî. —— Laufer, Chinese clay figures, I, 110-111.
. IV° /i57.
Siuan tsi po yuan king [Trip., XIV, ) o , p. 7 y r^-v" ) : un voleur s'est introduit dans un temple bouddhique pour y dérober une jarre en cuivre ; il ne peut mettre à exécution son projet; mais pendant qu'il était dans le temple, il a entendu réciter une stance des livres saints où on disait : « Les de va s clignent des yeux avec une extrême lenteur; les hommes de ce monde clignent des veux très rapidement. A quelque temps de là, il vole une perle de grand prix que des marchands ont donnée au roi Pra^enajit. Il est soupçonné ; sur les conseils d'un sage ministre , on i'enivre, puis on lui fait croire qu'il est né parmi les devas pour avoir volé la perle du roi : mais il n'est pas dupe de la ruse parce qu'il constate tjue les femmes dont il est entouré clignent des yeux rapidement. Le sage conseiller propose alors au roi un autre stratagème : notre homme est promu au rang de grand ministre; on lui confie tous les trésors du palais ; puis le roi, après lui avoir témoigné une confiance illimitée , lui demande comme par hasard s'il sait comment a été dérobée autrefois la perle précieuse. Le 、uleur avoue alors son délit; puis, conscient de l'avantage qu'il a eu à connaître
une seule stance des livres saints, il entre en religion a tin de s'assurer des mérites bien plus considérables encore.
Pour les dieux dont ies yeux ne clignent pas, cf. Nala et Damayantî , dans le Mahnhharâta , III, 67 (traduction anglaise de P. C. Roy, III, p. 171, et traduction française de Sylvain Lévi , p. Zio).
No 編.
Wen yu king ( Trip. , XIV, 9, p. 82 v°-33 r。; I.-J. Schmidt, Der Weise wid der Thor, p. 1 6 1-1 6/i ). Cf. Hertel dans Z.D.M.G., 1911, klxo.
Cf. i, ù5o.
Tien tsouen chouo a yu ivang p't yu king ( Trip. , XXIV, 8 , p. 65 vO-66 r°) : un pays où on ne manque de rien envoie un des siens dans un pays étranger avec mission dV acheter quelque chose qui ne se trouve pas dans sa patrie ; le délégué ne trouve rien de nouveau à acquérir; mais il avise un homme qui est assis dans une boutique vide et lui demande ce qu'il vend. «La sagesse, répond l'autre, et je la vends cinq cents onces d'or. » La sagesse se résume en vingt mots qui signifient qu'il faut longuement réfléchir et ne pas agir avec précipitation. A son retour, l'envoyé aperçoit au clair de lune deux sortes de souliers au pied du lit où est couchée sa femme , et il croit d'abord surprendre un adultère; en réalité , sa femme était indisposée et sa mère s'était couchée auprès d'elle pour la soigner. Quand il s'aperçoit de son erreur, il s'écrie : « C'est bon marché ! C'est bon marché î ,,, voulant dire par ià qu'il a acheté à bon compte, en le payant cinq cent onces d'or, le conseil qui lui a permis de ne pas être le meurtrier de sa mère et de sa femme.
Un récit analogue est fourni par la traduction malaise du Pancatantra (cf. Pandja Tandaran , trad, en hollandais par klinkert, 1870, p. 77).
Le thème de la jalousie excitée chez un homme parce qu'il croit trouver sa femme couchée avec un amant apparaît, comme l'a remarqué E. Rhode ( Der gncchische Roman . 2' éd., p. SgS] dans une fable de Phèdre {III, 10). Il inspire aussi la légende de Saint Julien l'Hospitalier (cf. rétude sur cette légende publiée par M. G^déon Huet dans le Mercure de France, 1" juillet 1 918, p. 66-69 ). Flaubert, Trois contes : Saint Julien l'Hospitalier.
Gesta Romanorum (éd. Oesterly, 11" 1 o3 , p. 63 i-/i3/i) : l'empereur Domitien achète pour mille pièces d'argent trois maximes qui sont : avant d'agir, songe aux conséquences; ne quitte jamais le grand chemin pour prendre un sentier de côté; ne passe jamais la nuit dans une maison où le mari est vieux et où la femme est jeune.
No m.
Esope, f. 56 et 56" de l'édition Halm, Teubner, 1862; ― Phèdre, II, 2. — La Fontaine : L'homme entre deux âges et ses deux maîtresses (livre I, f. 17).
Gœthe, L'apprenti sorcier.
Cf. n° 20 5.
Mahâhhârata, XI, V (signalé par W. A. Glouston dans Y Athenaeum du 7 février 1891).
Barlaam et Josaphat, dans Rehatsek , J. R. As. Soc, 1 890 , p. 1 35-1 36 ; cf. Kuhn, Festgruss an Otto von Bôhthngk, p. 68-76, et Barlaam und Joasaph , p. 76 ; Jacobs, Barlaam and Josaphat, p. Lxx-Lxxvii et CXI-CXIII.
Gesta romanorum (éd. Oesterley, n° 168, p. 556, et note bibliographique, dans The early english version of the Gesta Romariorum, par S. Herrlage, 1879, p. ^67 ), où l'homme oublie tous les dangers dont il est entouré dès qu'il peut goûter le miel; bien plus, il tarde à prendre une échelle que lui tend un de ses amis, en
sorte que, i'arbre s étant rompu , il tombe dans la gueule du dragon. L'échelle est la pénitence : elle est ajoutée par le moine qui a fait (le cet apologue une parabole chrétienne.
Iconographie : Bishop Moule , k Buddhist Sheet-tract , containing an Apologue of Human Lije (dans Juum. of the China Brunch of the Roy. As. Soc, vol. XIX; la planche est en regard de ia page ^k).
Jacobs cite d'à utres images (/oc. laurl.).
Une autre version du n° ^169 se rencontre dans un sûtra du Tripilaka chinois (XIV, 8, p. 1 8 \°- 1 y r"), le Fo chouo p'i yn king, Sûlra de la parabole prononcée par le Biiddha, traduit sous la grande dynastie T'ang par le maître de la Loi du Tripitaka, Yi-tsing(i) :
Voici ce que j'ai entendu raconter : un jour Po-Hie-Jan (Bhagavat) se trouvait dans ie parc d'Anâthapindnda , le Jetavana, qui est dans la ville de Che-lu-fa (Çrâvasti). En ce temps, l'Honoré du monde, au milieu d'une grande assemblée , dit au roi Chengkouang («vainqueur-éclat», Pradyota ) : «0 grand roi, je vais maintenant vous exposer une parabole : tous les êtres soumis à la naissance et à ia mort prennent gout à ce qui est transitoire et misérable; ô roi, maintenant, écoulez attentivement et réfléchissez bien à ce que je vais vous dire.
« Dans les temps passés, il y a de cela des kalpas innombrables , un homme qui marchait dans la campagne déserte fut poursuivi par un éléphant furieux; terrifié , il s'enfuyait sans trouver aucun asile; voyant un puits à sec le long duquel pendait une racine d'arbre , il se laissa glisser le long de cette racine pour se cacher dans le puits. Or il y avait deux rats, l'un noir et l'autre blanc , qui constamment rongeaient celle racine d arbre; sur les qualn* parois du puits, il y avait quatre serpents venimeux qui voulaient piquer cet homme; au fond était un dragon venimeux. L'homme
(1) Yi-lsiiifT vécut de 635 à 7 1 H P. G. Ses Iraductioas datent , pour la plupart , ilii romniemuini'nt du vni' siècle. Cf. l. H , p. 355, n. 1. ― Ce petit sût ni , qui fonsliiue uu numéro spécial du Tripitaka [ Nanjio , Catalogue, u° ^35), a élé traduit sous une forme écourlée par Julien {Le$ A vaddua» , vol. I, p. 1 3 1-1 ). Comparez , dans notre ouvrage, les u"' du5 el
KING LU Yl SIANG (N" A 69).
redoutait le dragon et les serpents et il craignait que la rarino d'arbre ne se rompît. Sur l'arbre il y avait rlu miel d'abeilles dont ciiuj gouttes tombèrent dans sa bouche : mais, l'arbre s'étant agité, les abeilles se dispersèrent et descendirent piquer cet homme. En outre, un incendie vint brûler cet arbre, v
Le roi dit : « Un tel homme, comment pourrait-ii, quand il subit des tourments illimités, désirer cette petite jouissance du goût ? »
Mors l'Honoré da monde reprit : «ô grand roi, la campagne déserte , c'est la vaste étendue de la nuit perpétuelle de l'ignorance; quand on parle de cet homme , on représente ainsi les autres êtres ; l'éléphant symbolise l'impermanence; le puits symbolise l;i naissance et la mort (le samsâra); la racine d'arbre sur une paroi escarpée symbolise la destinée humaine; les ileux rats, i,un noir et l'autre blanc, symbolisent le jour et la nuit; le fait qu'ils rongent la racine d'arbre symbolise rextinction du flux de pensées successives(i); quant aux quatre serpents venimeux , ils symbolisent les quatre éléments; le miel symbolise les cinq désirs; les abeilles symbolisent les pensées perverses ; l'incendie symbolise la vieillesse et ia maladie; le dragon venimeux symbolise la mort. C'est pourquoi, ô grand roi, il vous faut savoir que la naissance, la vieillesse , la maladie et la mort sont choses fort redoutables; il faut y penser constamment et ne pas vous laisser absorber et dominer par les cinq désirs. " Alors l'Honoré du monde prononça derechef ces gâthâs :
« La campagne déserte est le chemin de l'ignorance; — l'homme qui s'enfuit est le commun des hommes (le profane); — le grand éléphant symbolise l'impermanence; —— le puits symbolise le bord escarpé de la vie et de la mort.
(') On appelle 念 念 滅 la première des trois sortes d'impermanence 三 M 常. Tous les dharmas composés sont un flux de pensées qui naissent et qui meurent sans jamais rester stables; c'est de là que vient le terme ? r l'impermanence (k flui de pensées» 切有爲 之法。 念念生 滅而不 停住。 故 名念 念無常 0 ( Dictionnaire Bukkyâ jiten de Kojima Sekihô , et Chouen tch'mg louen, Nanjio, n。 ia46, Trip., XIX, a, 3i v°).
«La racine d'arbre symbolise la destinée humaine; — ies deux rats sont comme le jour et la nuit : — ils rongent la racine, et, de même, toute pensée successive se détruit ; —— les quatre serpents sont comme les quatre éléments.
« Les gouttes de miel symbolisent les cinq désirs; — les abeilles sont comparables aux pensées perverses ; — l'inrendie est comme la vieillesse et la maladie; — le dragon venimeux représente ies souffrances de la mort.
«Quand le sage considère ces choses, — il en conçoit promplement le dégoût de l'existence ; ― les cinq désirs sont ce à quoi son cœur ne s'applique plus; — alors on peut l'appeler un homme délivré.
« Celui qui demeure fermement dans la mer de l'ignorance — est constamment pourchassé par la mort et la vie; — il préfère rester attaché aux sons et aux couleurs, —— et il ne se plaît pas à se séparer du commun des hommes. »
Quand le roi Cheng-kouang eût entendu le Buddha lui expliquer ie caractère transitoire et funeste de la vie et de la mort, il obtint une connaissance telle qu'il n'en avait point encore eue et conçut profondément le dégoût du monde et le désir de s'en détacher; joignant les mains pour adorer et admirant de tout son cœur, il dit au Buddha : « 0 Honoré du monde , Tathâgata , Grand compatissant, cette explication merveilleuse de la Loi que vous venez de me donner, maintenant je la porterai sur ma tête. » Le Buddha répliqua : « Très bien , très bien ; ô grand roi , agissez comme vous venez de le dire et ne vous laissez pas aller à la négligence. » Alors le roi Cheng-kouang et tous les membres de la grande assemblée furent entièrement joyeux ; ils acceptèrent avec foi ces enseignements et les mirent en pratique.
Cf. XXXVI, 7, p. 9/» r。.
Cf. n" a 77.
Comparer avec XXXVl, 3, p. 58"*', assez différent.
Pour le bâton qui frappe tout seul, cf. n"* 277 et 670.
Tch'ou yao king ( Trip. , XXIV, 5 , p. 5o r。-v。).
Sûtrâlamkâra , trad. Huber, n" 83, p. li^i-Uoh.
Le thème du reflet qui fait croire à une fiile laide qu'elle est belle se retrouve dans les pays gaéliques et à Madagascar; cf. Gosquin , Les contes indiens et l'Occident ( dans Revue des traditions populaires , t. XXVIII , sept. 1918, p. 899-/109).
Ta tche tou louen { Trip. , XX, 1 , p. 78 i'°-v°); —— Mi cha sai pou ho hi wou fen lu ( Trip. , XVI, 2 , p. 11 v") ; ― Vie de Hiuan-tsang, (trad. Julien, p. 1 3/i ) , et Mémoires { id. , t. I, p. 36o).
Titlira jâtaka [Jâtaka, n° 37).
Iconographie : Brique émaillée de Pagan (Grûnwedel, Bud- (Ihfstische Studien, fig. 6/i ).
Cheng king ( Trip. , XIV, 5 , p. h^^-h-j^).
No 487.
Ken pen chouo yi ts'ie yeou pou pi tch'ou ni p'i nai ye ( Trip. , XVI , 10, p. 85 、-0-86 r°) : un orfèvre , après sa mort, est né sous îa forme d'une oie sauvage; pour venir en aide à sa fille qui est dans la pauvreté , il lui apporte à plusieurs reprises des perles précieuses ; la jeune fille se dit que, puisque cette oie lui laisse une
perle chaque fois qu'elle vient, elle doit avoir des joyaux plein le corps; elle dispose alors un filet pour la prendre; mais l'oie voit le filet et ne revient plus. La morale est qu'«il ne faut pas avoir trop d'avidité, car trop d'avidité fait perdre tout ce qu'on avait gagné 7) , ou , comme le dit La Fontaine dans la fable de La poule aux œufs d'or ( V , i 3 ) :
L'avarice perd tout eu voulant tout gagner.
Voir la bibliographie détaillée de la fable de la poule aux œufs d'or dans le Loqmnn berbère de René Basset, p. 66 , n. i .
Cf. rnp.,\[, 5,1".
Hien yu king' [Trip. , XIV, 9 , p. 78 \ "-y 9 r°, I.-J. Schmidt, Der Wet se und dev Thor, p. 3 q c)-6 01); dans la version chinoise du Hieit yu king, le vihàrasvâmin fautif a le litre de mo-mo-ti 麼 蹇 帝 (cf. l'article de M. Sylvain L6\\ et moi intitulé : Quebpies titres énigmatiqupn dans la hiérarchie écclésiasiKjue du bouddhisme indien, dans Joum. as., i 1 5 , 1 , 2 0 0-309 \,