DE LA CONDITION DES OUVRIERS XXXWTEH
riches (9); qu'enfin, il viendra un jour où ils devront rendre à Dieu, leur juge, un compte très rigoureux de l'usage qu'ils.
auront fait de leur fortune.
Sur l'usage des richesses, voici l’enseignement d'une excellence et d'une importance extrême que la philosophie a pu ébaucher, mais qu'il appartenait à l'Eglise de nous donner dans sa perfection et de faire descendre de la connaissance à la pratique. Le fondement de cette doctrine est dans la distinction entre la juste possession des richesses et leur usage légitime. La propriété privée, Nous l'avons vu plus haut, est, pour l'homme, de droit naturel (10) ; l'exercice de ce droit est chose non seulement permise, surtout à qui vit en société, mais encore absolument nécessaire. Maintenant, si l'on demande en quoi il faut taire:
consister l'usage des biens, l'Eglise répond sans hésitation : Sous ce rapport, l'homme ne doit pas tenir les chosez exté-
(9) Luc. vi, 24-26.
(10) Licitum est quod homo propria possideat. Æles' etiam necessarium ad humanam vitam. S. Thom. II-ITI. Quæst. LXVI, a, 2.