XLVI ENCYCLIQUE DE LÉON XIII
ques sur la constitution chrétienne des sociétés.
Ce qu’on demande d’abord aux gouvernants, c'est un concours d'ordre général, qui consiste dans l'économie tout entière des lois et des institutions ; Nous voulons dire qu'ils doivent faire en sorte que, de l’organisation même et du gouvernement de la société, découle spontanément et sans effort la prospérité tant publique que privée.
Tel est, en eftet, l'office de la prudence civile et le devoir propre de tous ceux qui gouvernent. Or, ce qui fait une nation prospère, c'est la probité des mœurs, des familles fondées sur des bases d'ordre et de moralité, la pratique de la religion et le respect de la justice, une composition modérée et une répartition équitable des charges publiques, le progrès de lindustrie et du commerce, une agriculture florissante et d'autres éléments, s’il en est, du même genre, toutes choses que l'on ne peut porter plus haut sans faire monter d'autant la vie et le bonheur des citoyens. De même donc que, par tous ces moyens, l'Etat peut se rendre utile aux autres classes, de même il peut grandement améliorer le sort de la classe