DE LA CONDITION DES OUVRIERS LVII
mais de devoirs envers Dieu qu'il doit religieusement remplir. C'est de là que découle la nécessité du repos et de la cessation du travail aux jours du Seigneur.
Qu'on n'entende pas toutefois par ce repos une plus large part faite à une stérile oisiveté, ou encore moins, comme un grand nombre le souhaitent, ce chômage fauteur des vices et dissipateur des salaires, mais bien un repos sanctifié par la religion. Ainsi allié avec la religion, le repos retire l'homme des labeurs et des soucis de la vie quotidienne, et l'élève aux grandes pensées du ciel, et l’invite à rendre à son Dieu le tribut d'adoration qu'il lui doit. Tel est surtout le caractère et la raison du repos du septième jour dont Dieu avait fait même déjà dans l'Ancien Testament l’un des principaux articles de la loi: Souviens-toi de sanitifer le jour du Sabbat (29), et dont il avait lui-même donné l'exemple par ce mystérieux repos pris incontinent après qu'il eut créé l'homme : 77 se reposa le septième jour de tout le travail qu'il avait fait (30).
(29) Memento ut diem sabbati sanctifires Exod. xx, 8.
(30) Requ'ev't die septimo ab universo opere quod patrarat. Gren. II, 2.