‹ Cinq conférences sur l'encyclique de Léon XIII de la condition des ouvriers [microforme]Chapitre 58 sur 80 · CVIII ENCYCLIQUE DE LÉON XIII · texte numérisé non relu

CVIII ENCYCLIQUE DE LÉON XIII

Pour ce qui est des intérêts physiques et corporels, l'autorité publique doit tout d'abord les sauvegarder en arrachant les malheureux ouvriers aux mains de ces spéculateurs qui, ne faisant point de différence entre un homme et une machine, abusent sans misère de leurs personnes pour satisfaire d’insatiables - cupidités.

Exigez une somme de travail qui, en émoussant toutes les. facultés de l'âme, écrase le corps et en consume les forces jusqu'à l'épuisement, c'est une conduite que ne peuvent tolérer ni la justice, ni l'humanité. L'activité de l’homme, bornée comme sa nature, a des limites qu'elle ne peut franchir. Elle s'accroît sans doute par l’exercice et l'habitude, mais à la condition qu'on lui donne des relâches et des intervalles de repos. Ainsi le nombre d'heures d’une journée de travail ne doitil pas excéder la mesure des forces des travailleurs, et les intervalles du repos devront-ils être proportionnés à la santé de l'ouvrier, et réglés d'après les circonstances des temps et deslieux. L’ouvrier qui arrache à la terre ce qu’elle a de plus caché, la pierre, le fer et l’airain, a un labeur dont la brièveté devra compenser la peine et la gravité, ainsi que le dommage

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