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SCÈNE II

Introduction instrumentale. Entrée du tsure et du sbite, dans cet ordre. Tous deux sont vêtus en jardiniers, les manches relevées pour le travail. Le sbite porte un masque de vieillard. Il tient à la main un bâton pourvu de petites branches, servant à enlever ce qui pourrait s'accrocher aux arbres. Ils s'arrêtent sur le pont, entre les pins, et se font face pour le chant de Yissei.

SHITE et TSURE.

O fleurs de prunier, coiffure que porte à sa venue le

[printemps, Et que l'oiseau, dit-on, tresse à travers les branches (') !

TSURE (tourné vers le public).

Des aiguilles du pin, la teinte aussi est dans tout son éclat.

SHITE et TSURE (se faisant face).

O vert profond dix fois renouvelé (7) !

Ils entrent en scène : le tsure se place au milieu, le sbite à

gauche.

SHITE.

Tendu vers la brise, en secret elles éclosent; et lorsque

[s'ouvre L'année, au seuil [que garde] le pin. protecteur des

feuilles (•),

SHITE et TSURE.

Elles font accueil au printemps (!). Et soudain

Humides de rosée, toutes les herbes, tous les arbres

Sous la bonté des dieux semblent frissonner.

O luxuriance qui partout dit le printemps!

Au temple du dieu et du Buddha (*) où nous portons

Dans la lumière tiède de ce jour de printemps, [nos pas.

Les racines des pins Rampent entre les pierres où les nattes de mousse (bis) S'étendent. Comment la poésie de Shikishima (3) Pourrait-elle finir? Sur cette montagne, [branches

Voilant le ciel une neige tombe (4). Pour les vieilles Il faut craindre, et plus encore pour les fleurs en plein

[éclat.

Pour que nulle main ne les brise (5), veillons sur ce pru-

[nier.

Allons! tout autour de ces fleurs dressons une haie, Autour de ces fleurs de prunier dressons une haie.

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