‹ Cinq nôChapitre 21 sur 49 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Le tsure s écarte vers le coin de la scène ; le shite se place au milieu. Le waki se lève et se tourne vers lui.

WAKI.

Holà! je voudrais demander quelque chose au vieillard qui est là!

SHITE.

C'est à moi que vous vous adressez? De quoi s'agit-il?

WAKI.

J'ai entendu parler de Prunier-Volant: quel est l'arbre qu'on nomme ainsi?

SHITE.

Oh! quelle sottise! Nous ne l'honorons ici que sous le nom de Seigneur Prunier-Rose.

waki.

Vraiment, vraiment, doit-on donc l'appeler aussi Seigneur Prunier-Rose? Chose émouvante ! Par la puissance de la poésie de son maître, le voilà maintenant devenu arbre sacré, et l'on ne se rassasie pas de le contempler.

SHITE.

Et le pin que voilà, que vous en semble?

WAKI.

En vérité, en vérité, lui aussi est entouré d'une haie; les cordes sacrées (l) y sont suspendues. Il a vraiment tout l'aspect d'un merveilleux arbre sacré. Eh quoi donc? Serait-ce là le Vieux-Pin?

SHITE.

Ah ! que vous avez mis de temps à vous en apercevoir !

SHITE et TSURE.

Considérez bien le Seigneur Prunier-Rose. lui-même L'éclat de ses fleurs est d'un arbre jeune, et leur gardien Est dans la fleur de la jeunesse. Mais au contraire,

CHŒUR

Moi qui garde ce pin, je suis vieux:

Vieux aussi est cet ombrage (*) où je demeure.

Vieillard abandonné. Et ce tronc solitaire.

0 I M A T S U io3

Vous ne l'avez pas reconnu pour le Vieux-Pin.

Quel sentiment doit en éprouver le dieu?Jen suis effrayé.

Le tsure va se placer a droite, devant le chœur. Tous s'asseoient.

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