‹ Cinq traités d'alchimie des plus grands philosophesChapitre 39 sur 44 · DU SOUFRE · texte numérisé non relu

DU SOUFRE

Le Soufre contient trois principes humides.

Le premier de ces principes est surtout aérien et igné, on le trouve dans les parties extérieures du Soufre, à cause même de la grande volatilité de ses éléments, qui s’envolent facilement et consument les corps avec lesquels ils viennent en contact.

Le second principe est flegmatique, autrement dit aqueux, il se trouve immédiatement placé sous le précédent. Le troisième est radical, fixe, adhérent aux parties internes. Celui-là seul est général, et on ne peut le séparer des autres sans détruire tout l’édifice. Le premier principe ne résiste pas au feu ; étant combustible, il se consume dans le feu et calcine la substance du métal avec lequel on le chauffe. Aussi est-il non seulement inutile, mais encore nuisible au but que nous nous proposons. Le second principe ne fait que mouiller les corps, il n’engendre pas, il ne peut non plus nous servir. Le troisième est radical, il pénètre toutes les particules de la matière qui lui doit ses propriétés essentielles. Il faut débarrasser le Soufre des deux premiers principes pour que la subtilité du troisième puisse nous servir à faire un composé parfait.

LE COMPOSÉ DES COMPOSES

Le feu n’est autre chose que la vapeur du Soufre ; la vapeur du Soufre bien purifié et sublimé blanchit et rend plus compact. Aussi les alchimistes habiles ontils coutume d’enlever au Soufre ses deux principes superflus par des lavages acides, tels que le vinaigre des citrons, le lait aigri, le lait de chèvres, l’urine des enfants. Ils le purifient par lixivation, digestion, sublimation. Il faut finalement le rectifier par résolution de façon à n’avoir plus qu’une substance pure contenant la force active, perfectible et prochaine du métal. Nous voilà en possession d’une partie de notre Œuvre.

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