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SCÈNE IV EUCHARIS, ANATOLE

ANATOLE, entrant très-vivement par le fond.

C’est moi... bonjour, pat... (Apercevant Madame Canivet.) ah! Madame Canivet, mes hommages I

EUCHARIS

Boujour, M. Anatole, bonjour.

ANATOLE

Tiens ! vous paraissez bien préoccupée, madame ?

EUCHARIS

Moi... non, non...

ANATOLE

Vous cherchez quelque chose ?

EUCHARIS

Oui... une lettre... c’est-à-dire,... de ma couturière, M. Analole... de ma couturière...

ANATOLE, indifférent.

Ail!

EUCHARIS

Et je ne sais où je l’ai mise., je crains même de l’avoir égarée., vous n'avez rien trouvé par hasard dans l’escalier?

ANATOLE

Moi !.. non madame... Et d’ailleurs, y trouver quelque chose, cela me parait difficile.

Air : Rester, restez, troupe jolie.

Car cet escalier que je monte A la hâte soir et matin A son architecte fait honte,

A peine y voit-on son chemin Même en tâtonnant de la main!

Il est noir.. . comme un mélodrame!

Ou comme l'âme d'un huissier!

Je n’connais que vos yeux, madame,

De plus noirs.. . que votre escalier !

Excepté vos yeux, rien, madame,

N’est si noir que votre escalier !

EUCIIARIS.

Ah! M. Anatole, celte comparaison est une galanterie!

ANATOLE

On fait c’qu’on peut, madame!

EUCIIARIS, toujours préoccupée.

Oh! à tout prix., il faut que je la retrouve... (A Anatole.) Quelle heure est-il donc, je vous prie?

ANATOLE

J’arrive à l’instant, madame, donc il est 9 heures. (A part.) Je ne suis pas fâché de lui dire ça.

EUCIIARIS.

Oui, oui, je le sais, vous êtes d’une exactitude remarquable... aussi je ne vous cacherai pas que mon mari qui a déjà fait quelques douzaines de clercs avant de vous rencontrer, est complètement satisfait de vos services..

ANATOLE, l’interrompant.

En un mot... je le hotte!., (a part.) Quelle amère dérision!

EUCHAR1S.

Allons, M. Anatole, je vous laisse à votre besogne; il faut que je sois prête de bonne heure, nous avons à déjeûner un ami de mon mari qui arrive de Besançon...

ANATOLE

Besançon... vous avez dit Besançon?

EUCIIARIS.

Oui, sans doute... qu’y a-t-il d’élonnanl à ce qu’on arrive de Besançon ?

ANATOLE

Bien !... Oh ! mais rien du tout, madame. (Très-trouMé) Il y a même tous les jours deux locomotives qui ne font que ça, et personne n’en est surpris... (A part) je ne sais plus trop ce que je dis, moi..

Au revoir, M. Anatole, au revoir.,. (A part) Je vais remuer tous mes tiroirs. (Eue sort).

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