‹ CinqMars, ou Une conjuration sous Louis 13Chapitre 44 sur 55 · MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR

» Je suis au desespoir d’avoir encore manqué à la » lidélité que je dois à Votre Majesté ; je la supplie très- » humblement d’agréer que je lui en demande un mil- » lion de pardons , avec un compliment de soumission » et de repentance.

» Votre très-humble sujet ,

» Gaston. »

Jtçj

— Qu’est - ce que cela veut dire ? s’écria Louis ; osaient-ils s’armer contre moi-même aussi?

Jussi! dit tout bas le Cardinal se mordant les lè-

406 • ci»Q-MAns.

vrcs; puis H reprit : — Oui , sire , aussi 5 c’est ce que me ferait croire jusqu’à un certain point ce petit rouleau de papiers.

Et il lirait, en parlant, un parchemin roulé d’un morceau de bois de sureau creux , et le déployait sous les yeux du Roi.

— C’est tout simplement un traité arec l’Espagne , auquel, par exemple, je ne crois pas que Votre Majesté ait souscrit. Vous pouvez en voir les vingt articles bien en régie *. Tout est prévu , la place de sûreté, le nombre des troupes , les secours d’hommes et d’argent.

— Les traîtres ! s’écria Louis agité , il faut les faire saisir • mon frère renonce et se repcnt ; mais faites arrêter le duc de Bouillon...

— Oui , sire.

— Ce sera difficile au milieu de son armée d’Italie.

— Je réponds de son arrestation sur ma tête , sire ; mais ne reste-t-il pas un autre nom ?

— Lequel?... quoi?... Cinq-Mars? dit le Roi en balbutiant.

— Précisément , sire , dit le Cardinal.

— Je le vois bien... mais... je crois que l’on pourrait. . .

— Écoutez-moi, dit tout à coup Richelieu d’une voix tonnante , il faut que tout finisse aujourd’hui. Votre favori est à cheval à la tête de son parti ; choisissez entre lui et moi. Livrez l’enfant à l'homme , ou l’homme à 1 enfant , il n’y a pas de milieu.

— Eh ! que voulez-vous donc si je vous favorise ? dit le Roi.

1 Les articles de ce traité sont rapportés en détail dans la Relation de Fontrailles; voir les notes.

Le tu Av ah..

— Sa tête et celle de son confident.

* — Jamais... c’est impossible ! reprit le Koi avec horreur et tombant dans la même irrésolution où il était avec Cinq-Mars contre Richelieu. Il est mon ami aussi bien que vous ; mon cœur souffre de l’idée de sa mort. Pourquoi aussi n’étiez-vous pas d’accord tous les deux ? pourquoi cette division ? C’est ce qui l’a amené jusquelà. Vous avez fait mou désespoir : vous et lui , vous me rendez le plus malheureux des hommes !

Louis cachait sa tête dans ses deux mains en parlant, et peut-être versait-il des larmes; mais l’inflexible ministre le suivait des yeux comme on regarde sa proie , et, sans pitié, saus lui accorder un moment pour respirer, profita au contraire de ce trouble pour parier plus long- temps.

— Est-ce ainsi , disait-il avec une parole dure et froide , que vous vous rappelez les commandements que Dieu même vous a faits par la bouche de votre confesseur ? Vous me dites un jour que l’Église vous ordonnait expressément de révéler à votre premier ministre tout ce que vous entendriez contre lui , et je n’ai jamais rien su par vous de ma mort prochaine. U a fallu que des amis plus fidèles vinssent m’apprendre la conjuration; que les coupables eux- mêmes , par un coup de Providence , se livrassent à moi pour me faire l’aveu de leurs fautes, lin seul , le plus endurci , le moindre de tous , résiste encore ; et c’est lui qui a tout conduit , c’est lui qui livre la France à l’étranger, qui renverse en un jour l’ouvrage de mes vingt années , soulève les huguenots du Midi , appelle aux armes tous les ordres de l’État , ressuscite des prétentions écrasées , et rallume enfin la Ligue éteinte par votre père ; car c’est elle , ne vous y trompez pas , c’est elle qui relève toutes ses têtes

contre vous. Êtes- vous prêt au combat? où donc est

votre massue?

Le Roi, anéanti, ne répondait pas, et cachait toujours sa tête dans ses mains. Le Cardinal, inexorable, croisa les bras et poursuivit :

— Je crains qu’il ne vous vienne à l’esprit que c’est pour moi que je parle. Croyez-vous vraiment que je ne méjugé pas, et qu’un tel adversaire m’importe beaucoup? En vérité, je ne sais à quoi il lient que je ne vous laisse faire , et mettre cet immense fardeau de l’état dans la main de ce jouvenceau. Vous pensez bien que , depuis vingt ans que je connais votre cour, je ne suis pas sans m’être assuré quelque retraite où, malgré vous-même, je pourrais aller, de ce pas, achever les six mois peutêtre qu’il me reste de vie. Ce serait un curieux spectacle pour moi que celui d’un tel régne ! Que répondrez vous, par exemple, lorsque tous ces petits potentats, se relevant dès que je ne pèserai plus sur eux, viendront à la suite de votre frère vous dire, comme ils l’osèrent à Henri IV sur son trône : « Partagez-nous tous les grands gouvernements à titres héréditaires et souveraineté ; nous serons contents 1 ! » Vous le ferez , je n’en doute pas, et c’est la moindre chose que vous puissiez accorder à ceux qui vous auront délivré de Richelieu ; et ce sera plus heureux peut-être, car pour gouverner l’Ile-de-France, qu’ils vous laisseront sans doute, comme domaine originaire , votre nouveau ministre n’aura pas besoin de tant de papiers.

En parlant , il poussa avec colère la vaste table qui remplissait presque la chambre, et que surchargeaient des papiers et des portefeuilles sans nombre.

* Mémoires de Sully, 1595.

LE TRAVAIL

f Louis fut tiré de son apathique méditation par l’excès d’audace de ce discours; il leva la tête et sembla un instant avoir pris une résolution par crainte d’en prendre une autre.

— Eh bien ! monsieur , dit-il , je répondrai que je veux régner par moi seul.

— A la bonne heure, dit Richelieu; mais je dois vous prévenir que les affaires du moment sont difficiles. Voici l’heure où l’on m’apporte mon travail ordinaire.

— Je m’en charge, reprit Louis, j’ouvrirai les portefeuilles, je donnerai mes ordres.

— Essayez donc, dit Richelieu , je me retire, et si quelque chose vous arrête, vous m’appellerez, f II sonna; à l’instant même, et comme s’ils eussent attendu le signal , quatre vigoureux valets de pied entrèrent, et emportèrent son fauteuil et sa personne dans un autre appartement; car, nous l’avons dit, il ne pouvait plus marcher. En passant dans la chambre où travaillaient les secrétaires, il dit à haute voix : — Qu’on prenne les ordres de Sa Majesté.

Le Roi resta seul. Fort de sa nouvelle résolution , et fier d’avoir une fois résisté, il voulut sur-le-champ se mettre à l’ouvrage politique. Il fit le tour de l’immense table , et vit autant de portefeuilles que l’on comptait alors d’empires, de royaumes et de cercles dans l’Europe; il en ouvrit un, et le trouva divisé en cases, dont le nombre égalait celui des subdivisions de tout le pays auquel il était destiné. Tout était en ordre , mais dans un ordre effrayant pour lui , parce que chaque note ne renfermait que la quintessence de chaque affaire, si l’on peut parler ainsi, et ne touchait que le point juste des relations du moment avec la France. Ce laconisme était à peu près aussi énigmatique pour Louis que les

lettres en chiffres qui couvraient la table. Là, tout était confusion; sur des édits de bannissement et d’expropriation des huguenots de La Rochelle, se trouvaient jetés les traités avec Gustave-Adolphe et les huguenots du Nord contre l’Empire; des notes sur le général Bannier, sur AValstein , le duc de Weimar et Jean de Wert , étaient roulées pêle-mêle avec le détail des lettres trouvées dans la cassette de la Reine ; la liste de ses colliers et des bijoux qu’ils renfermaient, et la double interprétation qu’on eût pu donner à chaque phrase de ses billets. Sur la marge de l’un d’eux étaient ces mots : Sur quatre ligne s de l’écriture d’un homme, on peut lui faire un procès criminel. Plus loin étaient entassées les dénonciations contre les huguenots , les plans de république qu’il avaient arrêtés; la division de la France en cercles, sous la dictature annuelle d’un chef ; le sceau de cet état projeté y était joint, leprésentant un auge appuyé sur une croix, et tenant à la main la Bible qu’il élevait sur sou front. A côté était une liste des cardinaux que le Pape avait nommés autrefois le même jour que l’évêque de Luçon ( Richelieu ). Parmi eux se trouvait le marquis de Bédemar, ambassadeur et conspirateur à Venise.

Louis XIII épuisait en vain ses forces sur des détails d’une autre époque, cherchant inutilement les papiers relatifs à la conjuration , et propres à lui montrer son véritable nœud et ce que l’on avait tenté contre lui même , lorsqu’un petit homme d’une figure olivâtre , d’une taille courbée, d’une démarche contrainte et dé vote, entra dans le cabinet ; c’était un secrétaire d’État, nommé Desnoyers; il s’avança en saluant :

— Puis-je parler à Sa Majesté des affaires de Portugal ? dit-il.

LE TRAVAIL. 411

— D’Espagne par conséquent , dit Louis ; le Portugal est une province d’Espagne.

— De Portugal, insista Desnoyers. Voici le manifeste que nous recevons à l’instant ; et il lut :

— Don Juan, par la grâce de Dieu, roi de Portugal, des Algarves , royaumes deçà l’Afrique , seigneur de la Guinée, conqueste, navigation et commerce de l’Estiopie, Arabie, Perse et des Indes....

— Qu’est-ce que tout cela? dit le Roi; qui parle donc ainsi?

— Leduc de Bragance, roi de Portugal, couronné il y a déjà une.... il y a quelque temps, sire, par un homme appelé Pinto. A peine remonte sur le trône, il tend la main à la Catalogne révoltée.

— La Catalogne se révolte aussi ? Le roi Philippe IV n’a donc plus pour premier ministre le comte-duc?

— Au contraire , sire , c’est parce qu’il l’a encore. Voici la déclaration des États-Généraux catalans à S. M. Catholique, contenant que tout le pays prend les armes contre ses troupes sacrilèges et excommuniées. Le roi de Portugal...

— Dites le duc de Bragance, reprit Louis; je ne connais pas un révolté.

— Le duc de Bragance donc, sire, dit froidement le conseiller d’État, envoie à la principauté de Catalogne son neveu, D. Ignace de Mascarenas, pour s’emparer de la protection de ce pays (et de sa souveraineté peutêtre) , qu’il voudrait ajouter à celle qu’il vient de reconquérir. Or, les troupes de Votre Majesté sont devant Perpignan.

— Eh bien! qu’importe? dit Louis.

— Les Catalans ont le cœur plus français que portu-

gais, sire, et il est encore temps d’enlever cette tutelle

au roi de... au duc de Portugal.

— Moi soutenir des rebelles! vous osez !...

— C’était le projet de Sou Éminence , poursuivit le conseiller d’État; l’Espagne et la France sont en pleine guerre d’ailleurs, et M. d’Olivarès n’a pas hésité à tendre la main de Sa Majesté Catholique à nos huguenots.

— C’est bon ; j’y penserai , dit le Roi; laissez-moi.

— Sire , les États-Généraux de Catalogne sont pressés, les troupes d’Aragon marchent contre eux....

— Nous verrons.... Je me déciderai dans un quart d’heure, répondit Louis XIII.

Le petit secrétaire d’État sortit avec un air mécontent et découragé. A sa place, Chavigny se présenta , tenant un portefeuille aux armes britanniques.

— Sire, dit-il , je demande à Votre Majesté des ordres pour les affaires d’Angleterre. Les parlementaires, sous le commandement du comte d’Essex, viennent de faire lever le siège de Glocester ; le prince Rupert a livré à Newbury une bataille désastreuse et peu profitable à S. M. britannique. Le parlement se prolonge , et il a pour lui les grandes villes, les ports et toute la population presbytérienne. Le roi Charles Ier demande des secours, que la Reine ne trouve plus en Hollande.

— Il faut envoyer des troupes à mon frère d’Angleterre, dit Louis. Mais il voulut voir les papiers précédents , et , en parcourant les notes du Cardinal, il trouva que, sur une première demande du Roi d’Angleterre, il avait écrit de sa main :

« Faut réfléchir long-temps, et attendre: — les communes sont fortes; — le roi Charles compte sur les Écossais, ils le vendront.

LE TRAVAIL

« Faut prendre garde. Il y a là un homme de guerre qui est venu voir Vincennes, et a dit qu 'on ne devait jamais frapper (es princes qu’à ia tête. Remarquable, ajoutait le Cardinal. Puis il avait rayé ce mot, y substituant redoutable. »

Et plus bas :

« Cet homme domine Fairfax; — il fait l’inspiré; ce sera un grand homme. — Secours refusé ; — argent perdu. »

Le Roi dit alors : — Non , non , ne précipitez rien , j’attendrai.

— Mais, sire, dit Chavigny , les événements sont rapides ; si le courrier retarde d’une heure , la perle du Roi peut s’avancer d’un an.

— En sont-ils là ? demanda Louis.

— Dans le camp des Indépendants, on prêche la république la Bible à la main ; dans celui des Royalistes, on se dispute le pas , et l’on rit.

— Mais un moment de bonheur peut tout sauver !

— Les Stuarts ne sont pas heureux , sire , reprit Chavigny respectueusement ; mais sur un ton qui laissait beaucoup à penser.

— Laissez-moi, dit le Roi d’un ton d’humeur. Le secrétaire d’État sortit lentement.

Ce fut alors que Louis XIII se vit tout entier, et s’effraya du néant qu’il trouvait en lui-meme. Il promena d’abord sa vue sur l’amas de papiers qui l’entourait, passant de l’un à l’autre, trouvant partout des dangers et ne les trouvant jamais plus grands que dans les ressources mêmes qu’il inventait. Il se leva, et, changeant de place, se courba ou plutôt se jeta sur une carte géographique de l’Europe ; il y trouva toutes çes terreurs ensemble, au nord, au midi , au centre de

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son royaume ; les révolutions lui apparaissaient comme des Euménides ; sous chaque contrée, il crut voir fumer un volcan : il lui semblait entendre les cris de détresse des rois qui l’appelaient , et les cris de fureur des peuples ; il crut sentir la terre de France craquer et se fendre sous ses pieds ; sa vue faible et fatiguée se troubla, sa tête malade fut saisie d’un vertige qui refoula le sang vers son cœur.

— Richelieu ! cria-t-il d’une voix étouffée en agitant une sonnette ; qu’on rappelle le Cardinal !

Et il tomba évanoui dans un fauteuil.

Lorsque le Roi rouvrit les yeux , ranimé par les odeurs fortes et les sels qu’on lui avait mis sur les lèvres et les tempes , il vit un instant des pages , qui se retirèrent sitôt qu’il eut entr’ouvert ses paupières , et se retrouva seul avec le Cardinal. L’impassible ministre avait fait poser sa chaise longue contre le fauteuil du Roi , comme le siège d’un médecin près du lit de son malade , et fixait ses yeux étincelants et scrutateurs sur le visage pâle de Louis. Sitôt qu’il put l’entendre , il reprit d’une voix sombre son terrible dialogue :

— Vous m’avez rappelé, dit -il; que me voulezvous?

Louis , renversé sur l’oreiller, entr’ouvrit les yeux et le regarda , puis se hâta de les refermer. Cette tète décharnée , armée de deux yeux flamboyants , et terminée par une barbe aiguë et blanchâtre; cette calotte et ces vêtements de la couleur du sang et des flammes, tout lui représentait un esprit infernal. •

— Régnez, dit-il d’une voix faible.

— Mais.... me livrez-vous Cinq-Mars et de Thou ? poursuivit l’implacable ministre en s’approchant pour lire dans les yeux éteints du prince , comme un avide

LE TRAVAIL. 4l5

héritier poursuit jusque dans la tombe les dernières lueurs de la volonté d’un mourant.

— Régnez , répéta le Roi en détournant la tête.

— Signez donc , reprit Richelieu ; ce papier porte : « Ceci est ma volonté de les prendre morts ou vifs.

Louis, toujours la tête renversée sur le dossier du fauteuil , laissa tomber sa main sur le papier fatal , et signa.

— Laissez- moi , par pitié ; je meurs , dit-il.

— Ce n’est pas tout encore , continua celui qu’on appelle le grand politique ; je ne suis pas sûr de vous ; il me faut dorénavant des garanties et des gages. Signez encore ceci , et je vous quitte.

— « Quand le Roi ira voir le Cardinal , les gardes de celui-ci ne quitteront pas les armes ; et quand le Cardinal ira chez le Roi , ses gardes partageront le poste avec ceux de Sa Majesté1. <>

De plus :

— « Sa Majesté s’engage à remettre les deux princes, ses fils, en otage entre les mains du Cardinal, comme garantie de la bonne foi de son attachement2. »

— .Mes enfants ! s’écria Louis relevant sa tête , vous osez....

— Aimez-vous, mieux que je me retire ? dit Richelieu.

Le Roi signa.

— Est-ce donc fini ? dit-il avec un profond .gémissement.

Ce n’était pas fini; une autre douleur lui était réservée. La porte s’ouvrit brusquement , et l’on vit eu-

1 Manuscrits de Pointis, 1G42, n° 185.

* Mémoires d’Anne d'Autriche, 1042.

trer Cinq-Mars. Ce fut celte fois le Cardinal qui trembla.

— Que voulez-vous , monsieur ? dit-il en saisissant la sonnette pour appeler.

Le grand-écuyer était d’une pâleur égale à celle du Roi ; et , sans daigner répondre à Richelieu , il s’avança d’un air calme vers Louis XIII. Celui-ci le regarda comme regarde un homme qui vient de recevoir sa sentence de mort.

— Vous devez trouver, sire , quelque difficulté à me faire arrêter, car j’ai vingt mille hommes à moi , dit Henri d’Effiat avec la voix la plus douce.

— Hélas! Cinq-Mars, dit Louis douloureusement , est-ce toi qui as fait de telles choses ?

— Oui , sire , et c’est moi aussi qui vous apporte mon épée , car vous venez sans doute de me livrer, dit-il en la détachant et la posant aux pieds du Roi, qui baissa les yeux sans répondre.

Cinq-Mars sourit avec tristesse et sans amertume , parce qu’il n’appartenait déjà plus à la terre. Ensuite, regardant Richelieu avec mépris :

— Je me rends parce que je veux mourir, dit-il; mais je ne suis pas vaincu.

Le Cardiual serra les poings par fureur ; mais il se contraignit.

— Et quels sont vos conipliccs ? dit-il.

Cinq-Mars regarda Louis XIII lixement , et entr’ou-

vrit les lèvres pour parler...

Le Roi baissa la tète , et souffrit en cet instant un supplice inconnu à tous les hommes.

— Je n’en ai point, dit enfin Cinq-Mars, ayant pitié du prince ; et il sortit de l’appartement

Il s’arrêta dès la première galerie , où tous les gen-

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