L^INSTRUCTION PUBLIQUE AUX ILES SANDWICH
présente tous les six mois son rapport au conseil central. L'inspecteur général, nommé par le conseil, reçoit un traitement en rapport avec l'importance de sa charge et tous ses frais de voyage lui sont remboursés.
Mais, dira-t-on, comment concilier les exigences de l'enseignement avec celles des différents cultes auxquels appartiennent les élèves des écoles? Cette question si complexe en certains pays a été résolue ici très-simplement. On a adopté l'enseignement laïque.
L'état ne peut ni ne veut se charger de l'instruction religieuse. Car, de deux choses l'une, ou l'Etat enseignera une religion de préférence aux autres, et alors il existeia une religion d'Etat, incompatible avec la liberté des cultes pleine et entière dont jouissent ces anci^ms sauvages; ou l'Etat devra enseigner toutes les religions possibles, au moins toutes celles auxquelles se rattachent les élèves de ses écoles, s'il est vrai, toutefois, comme on le prétend dans ces îles lointaines, que tous les citoyens sont égaux devant la loi. Au lieu de cela, le gouvernement laisse sagement aux pères et aux mères des jeunes citoyens le soin de les faire instruire dans la croyance qu'ils ont choisie. La
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religion est affaire de conscience, l'Etat ne s'en mêle pas ; il n'est pas athée, car l'athéisme est une doctrine aussi : il est simplement laïque, ce qui vaut beaucoup mieux.
Toutefois, comme le local scolaire est le plus commode pour les instructions religieuses, prêtres et pasteurs y réunissent leurs jeunes ouailles à des jours ou à des heures différentes . S'il y a conflit , le conseil ferme le local et les ministres des différents cultes choisissent un autre endroit pour y donner leur enseignement religieux.
Quant aux cultes eux-mêmes, le gouvernement n'en salarie aucun; jamais il n'a voulu s'immiscer dans ces afliaires-là; il a eu le rare bon sens de se reconnaître incompétent. Les fidèles construisent et entretiennent leurs Eglises et paient leurs pasteurs ; les districts riches viennent en ai<ie aux plus pauvres, et pour ce qui concerne l'Eglise presbytérienne, à laquelle se rattachent la majorité des habitants, elle est dirigée par la Société évangélique hawaiienne.
Au-dessus des écoles primaires ou écoles de district sont les écoles secondaires où l'on n'entre gratuitement qu'à la suite d'un concours. En sortant de ces écoles-là, on
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peut se présenter à Fécole normale où se forment la majeure partie des instituteurs primaires.
Mais , dira quelqu'un, il est bien dur d'enlever ainsi à des parents pauvres des enfants dont ils peuvent avoir besoin. Un fils de dix à douze ans peut aider son père aux travaux de la campagne ou de l'atelier; une fille du même âge est déjà utile à sa mère dans la maison. Est-il }uste que le père travaille tout seul à son métier ou que la mère se fatigue à soigner ses plus jeunes enfants pour que le fils et la fille aînés passent toute la journée sur les bancs de l'école, acquérant des connaissances superfiues à des personnes de leur condition ?
Cette remarque a certainement quelque chose de fondé ; s'il est nécesssaire d'apprendre à lire, il est plus nécessaire encore d'apprendre le dévouement; mais l'un ne nuit pas à l'autre, au contraire. D'ailleurs, on dirait en vérité que le gouvernement hawaiien a songé à tout. Les enfants vont en classe entre neuf heures du matin et deux heures de l'après-midi. Avant et après, ils sont libres, et comme ils n'ont pas beaucoup de chemin à faire pour se rendre à l'école, rien ne
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s'oppose à ce que le fils soit l'apprenti ou le valet de ferme de son père , rien n'empêche la fille aînée d'aider sa mère dans le ménage.
Nous ne sommes pas, néanmoins, à bout d'objections; en voici une qui a bien sa valeur. L'Etat fournit gratuitement les moyens d'instruction et veut que tous les citoyens en profitent. C'est fort bien; mais dans ce système d'instruction gratuite, obligatoire et laïque, que deviennent les droits du père? J'ai une école à ma porte, mais l'instituteur me déplaît; je n'ai pas une confiance parfaite dans sa moralité; je doute de ses talents, sa méthode ne me convient pas; ou bien, les enfants qui fréquentent l'école sont grossiers, sales , mal tenus. En vertu de quel principe m'imposerait-on, pour mon enfant, des procédés d'enseignement qui me sont antipathiques, ou des compagnons si mal choisis? Moi seul sais ce qui convient au tempérament intellectuel de mon fils ou de ma fille, moi seul dois présider au choix de ses maîtres et de ses camarades. Je conçois que la loi m'obltlge à instruire mon fils comme elle m'oblige à le nourrir; qu'elle me punisse même si je lui refuse l'instruction, comme elle me punirait