DANS DES PROVINCES DE D’OUEST
Alberta
Venue à la vie politique en même temps que la Saskatchewan (1905), l’Alberta s’est peuplée comme celle-ci, par les mêmes moyens, à l’aide des mêmes courants d’immigration, mais avec une intensité un peu moins grande. Située entre cette province et les Montagnes Rocheuses, qui la séparent de la Colombie, limitée au sud par les États-Unis, l’Alberta doit à sa position géographique, d’être un peu en retard sur ses voisines des prairies. Mais ce retard est de peu d’importance et son développement se poursuit normalement.
Ua population française, qui était de 19.825 unités, en 1911, est passée à 30.913 en 1921. Elle a moins progressé que celle de la Saskatchewan, n’augmentant que de moitié, tandis que sa voisine doublait son nombre, mais elle a l’avantage d’être moins dispersée. On ne rencontre point de centres français dans la partie méridionale de la province. La plupart sont situés au nord et à l’est d’Edmonton, la capitale.
Au nord-ouest le plus ancien village est celui de Saint- Albert, qui fut à l’origine le siège du premier évêché catholique — aujourd’hui transféré à Edmonton. Dans le voisinage de Saint- Albert, les centres de Morinville, Ray, Legal,
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Picardville et quelques autres réunissent autour d’eux environ 7.000 Canadiens-Français, c’est un groupe compact, le plus important de l’Alberta.
Plus à l’est, autour de Saint-Paul des Métis, se trouve le second groupe français de la province. Fa région de Saint-Paul fut d’abord animée par le P. Facombe, qui la peupla de métis, ses protégés ; mais ceux-ci ont depuis lors fondu dans la masse des colons dont ils ne forment plus aujourd’hui qu’une petite fraction.
Entre la rivière Saskatchewan, le lac Froid et le lac Fa Biche, ont pris naissance de petites paroisses françaises : Fafond, Saint-Édouard, Saint-Vincent, Bonnyville, Normandeau, Charron, Plamondon, etc., qui peuvent facilement s’étendre, en raison du peu de densité et parfois même de l’absence de population voisine.
Bien qu’un peu moins peuplé — 5 k 6.000 Canadiens-Français — que le groupe de Saint- Albert, avec lequel le contact pourrait être pris par la création de quelques centres nouveaux, le groupe de Saint-Paul, qui n’est pas sur la route directe que suivent les courants migrateurs, est, de par sa situation géographique, appelé à se développer progressivement et à devenir un point d’appui solide pour l’extension de la race française.