‹ Cinquante années de peuplementChapitre 14 sur 29 · CH. IV. — DANS LES PROVINCES DE L’OUEST I · texte numérisé non relu

CH. IV. — DANS LES PROVINCES DE L’OUEST I

Comme on le voit, si l’élément français manque de cohésion, il possède cependant une vitalité et une fécondité suffisantes pour ne pas être étouffé par des voisins plus puissants.

Ce n’est pas seulement en face de l’élément britannique que se trouvent les Canadiens- Français de la Saskatchewan. Si dans les vieilles provinces du Dominion, ces deux facteurs sont le plus souvent seuls en présence, il en est tout autrement, dans les régions de l’ouest où l’immigration a engendré la création d’un troisième facteur : l’élément étranger.

En 1911, sur les 492.000 habitants de la Saskatchewan, on comptait 251.000 Anglais, 23.000 Français et 218.000 étrangeis. En 1921, ces derniers sont plus de 300.000. En effet, si des 757.000 habitants de la province on retranche les 400.000 Anglais et les 42.000 Français, il reste 315.000 étrangers qui cherchent à conserver leur langue et même leur nationalité, ou qui, comme les Mennonites, se montrent réfractaires à toute assimilation.

On rencontre là des immigrants venus de tous les coins du globe. Parmi eux, le recensement de 1921 relève 68.202 Allemands, 58-382 Scandinaves, 45.343 Russes, 39-738 Autrichiens, 28.097 Ukrainiens (Ruthènes), 16.639 Hollandais, 8.161 Polonais, 5.380 Juifs, 3-477 Belges, etc. De 1911 à 1921, le nombre de tous ces

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étrangers s’était accru sensiblement. Seul le chiffre des Allemands et des Autrichiens était resté stationnaire. Bes Canadiens-Français, déjà bien inférieurs aux Anglais, sont moins nombreux que les Allemands, les Scandinaves, les Russes et à peine supérieurs aux Autrichiens.

Que deviendront dans l’avenir ces étrangers par rapport aux Canadiens-Français ? Sauf les Belges, qui se rattachent, le plus souvent, à eux par la langue et plus encore par la religion, ils n’ont pas l’espoir de les voir se fondre dans leur creuset, malgré les sympathies nationales et la communauté de religion de certains d’entre eux, comme les Polonais, par exemple. C’est qu’il existe, en effet, une loi sur l’enseignement en vertu de laquelle les enfants des étrangers, autres que ceux se servant du français comme langue usuelle, sont obligés de recevoir l’instruction en langue anglaise et, par suite, de recevoir exclusivement l’empreinte anglaise.

Seuls les étrangers établis dans les centres français et s’étant adaptés aux coutumes et à la langue des Canadiens-Français — ils ne sont pas très nombreux — seront susceptibles, grâce à l’ambiance dans laquelle ils vivent, de renforcer quelque peu l’élément français. Ce dernier ne doit donc pas compter sur l’assimilation d’une partie de l’immigration étrangère ; pour vivre d’abord et se développer ensuite, il ne doit faire fonds que sur ses propres forces.

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