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Voici maintenant le classement des provinces sous le rapport du pourcentage en 1921 :
i° Ontario, 33.38 % de la population totale ; 2° Québec, 26,87 % ! 3° Saskatchewan, 8,62 % ; 4° Manitoba, 6,94 % ; 50 Alberta, 6,70 % ; 6° Colombie, 5,97 % ; Nouvelle-Écosse, 5,96 % ; 8° Nouveau-Brunswick, 4,41 % ; 90 Prince- Édouard, 1,01 % ; Nord-Ouest, 0,09 % ; Yukon, 0,05 %.
Les Canadiens-Français ont suivi le mouvement général par le seul apport de leur remarquable natalité, aucune immigration n’étant venue renforcer leurs rangs. De 1.082.940, en 1871, ils passent à 1.298.929, en 1881 ; à 1.404.974 en 1891 ; à 1.649.371 en 1910 ; à 2.054.890, en 1911, et à 2.452.751, en 1921.
La plus faible augmentation est celle relevée en 1891. Elle n’est que de 106.000 unités, alors qu’en 1901 elle s’élève à 245.000. Ce reserrement dans la moyenne habituelle des augmentations, n’a pas pour cause un affaiblissement de la natalité ; elle est imputable à la façon dont les opérations du recensement ont été pratiquées et qui ont eu pour conséquence de fausser le dénombrement des nationalités en retirant à l’élément français une partie de ce qui lui revenait. Le chef du service du recensement, M. G. Johnson, a d’ailleurs déclaré, à la suite des réclamations qui lui avaient été adressées
que la façon de poser la question : « Êtes-vous Canadien-Français », avait été mal comprise et avait entraîné des erreurs. Il a reconnu par suite que « des personnes d’origine canadienne française n’avaient pas été énumérées comme telles et que leur nombre n’avait pas -été donné avec précision. » C’est surtout dans l’Ontario et la Nouvelle-Écosse, où les Canadiens-Français n’avaient pas de recenseurs de leur race, que ces « erreurs » furent commises (i).
Si les Canadiens-Français ont vivement progressé en nombre, le pourcentage accuse une légère différence à leur détriment. Après 31,07 % en 1871, ils représentaient 30,71 % de la population totale en 1901, En 1911, ce n’est plus que 28,51 % et, en 1921, 27,91 %, soit plus du quart des habitants du Dominion.
Il est vrai que la courbe du pourcentage s’infléchit également dans le même sens pour l’élément britannique. Celui-ci recule de 60,55 % en 1871, à 57,03 % en 1901, et à 54,08 % en 1911, mais remonte à 55,40 % en 1921, représentant plus de la moitié de la population totale. Et cependant l’élément anglo-saxon n’a cessé de s’accroître, passant de 2.110.502, en 1871, à
(1) Voir : Le recensement canadien de 1891, ses inexactitudes , ses altérations, par Edme Rameau de Saint-Père [Revue française de l'Etranger et des Colonies, Ier octobre 1893, ï**' janvier, ier mars 1894).
3.063.195, en 1901, à 3.896.985 en 1911, et à 4.868.903 en 1921. La population anglaise est ainsi à peu près le double de la population française. La différence entre les deux, soit un million et demi, est constitué par l’élément étranger.
Les Britanniques ont toujours tenu à conserver la marque spéciale de leur origine. Aussi les recensements ne manquent-ils pas de les classer en Anglais, Écossais, Irlandais et Gallois, ce qui permet de suivre la marche de chacun de ces groupes dans le peuplement du Canada. Or, il résulte de l’étude des derniers dénombrements, que les Irlandais, qui tenaient, il y a un demisiècle le premier rang dans l’immigration, ont considérablement diminué leurs apports dans ces dernières années.
Kn 1871, on comptait, d’après le recensement, 846.414 Irlandais, 706.369 Anglais, 549.946 Écossais et 7.773 Gallois. En 1901, les Irlandais sont distancés par les Anglais de plus de 250.000 unités. En 1921, non seulement ils ne regagnent pas le terrain perdu, mais encore ils sont devancés par les Écossais. On compte, en effet, à cette époque, 2.545.496 Anglais, 1.173.637 Écossais, 1.107.807 Irlandais, 41.953 Gallois. Du premier rang, en 1871, les Irlandais sont descendus au deuxième en 1901» puis au troisième vingt ans après.
CANADA
Sous le rapport proportionnel, les Irlandais représentaient 24,28 % de la population, en 1871, -les Anglais 20,26 %, les Écossais 15,78 %. En 1921, ce classement est renversé. Des Anglais comptent pour 28,96 % de la population totale, les Écossais pour 13,35 % et les Irlandais pour 12,61 % seulement, ces derniers se trouvant en perte de près de moitié en l’espace d’un demisiècle.
En comparant les chiffres de 1921 avec ceux de 1911, on constate que les Anglais présentent une augmentation de 716.346, les Écossais, de 1 75. 757 et les Irlandais de 57.423 seulement. C’est donc l’élément anglais proprement dit qui marque de plus en plus son empreinte dans le peuplement britannique du Canada.
Du fait de l’immigration, l’élément étranger s’accroît sans cesse au détriment des deux races, anglaise, et surtout française. De 658.749 en 1901, il monte à 1.354.968 en 1911 et atteint, plus difficilement par suite de la guerre, 1.466.829 en 1921, représentant respectivement 12,06 %, 17,41: % et 16,69 %•
De tous les immigrants étrangers, les Allemands sont ceux dont l’établissement au Canada est le plus ancien et dont le groupe est le plus important. Ils étaient déjà 254.000 en 1881, alors que le mouvement d’immigration commençait à peine ; et, si on n’en relève que 300.000
environ en 1921, cela tient à la guerre qui a arrêté leur habituelle progression et qui leur a fait perdre près de 100.000 unités, les ramenant au-dessous de leur chiffre en 1901. Les trois derniers recensements leur donnent, par ordre de date, 310. 501, 393.320 et 294.636 unités. C’est dans la province d’Ontario que les Allemands sont en plus grand nombre, 130. 145, puis en Saskatchewan, 68.202.
Après les Allemands, les représentants du second empire de l’Europe centrale venaient ensuite, en 1911. Les Austro-Hongrois étaient alors 129. 103. Depuis la dislocation de la monarchie des Habsbourg, un nouveau classement a dû être opéré en vue de répartir ses sujets entre les diverses nations ressuscitées ou agrandies sur les débris de l’empire.
L’accroissement des Austro-Hongrois avait été rapide, car au recensement de 1901, dans lequel ils figurent pour la première fois, ils n’étaient encore que 18.178. Malgré la guerre, ils sont 120.852, en .1921, se subdivisant en 107.671 Autrichiens et 13.181 Hongrois et seraient sans doute plus nombreux sans les modifications politiques survenues.
La place des Austro- Hongrois est occupée aujourd’hui par les Scandinaves, dont la progression s’est vivement accentuée depuis le début de ce siècle. De 31.042, en 1901, ils passent à
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107.535 en 1911, et à 167.359 en 1921. Ils n’étaient que 4.214 en 1881. C’est dans les provinces de l’ouest que les Scandinaves sont surtout fixés : 58.382 dans la Saskatchewan et 44.545 dans l’Alberta.
Après les Scandinaves viennent les juifs. Leur multiplication a été foudroyante. De 667 seulement, en 1881, ils passent à 16.131 en 1901 et à 126.196 en 1921. Ba nature de leurs occupations les éloignant des travaux du sol, c’est dans les villes qu’on les rencontre surtout. Rien qu’à Montréal, on en compte 42.817, alors que leur nombre ne s’élevait qu’à 246, en 1881. Pour eux l’Amérique remplace avantageusement la Terre promise(i).
Dans l’ordre d’importance les Hollandais se présentent ensuite. Ils sont 117.506 contre 30.412 en 1881. C’est dans la province d’Ontario qu’011 en trouve le plus grand nombre, 50.512, puis au Manitoba, 20.718.
Des Russes figurent ensuite au tableau pour 100.000, ayant plus que doublé en 10 ans, alors qu’ils n’étaient que 1.227, en 1881, et encore y compris les Polonais. Bien que faisant partie intégrante de la Russie — pour le plus grand nombre du moins — les Ruthènes sont comptés
(1) A New-York, la plus grande ville juive du inonde, on évaluait leur nombre à 1.643.000, en 1924, sur 6.200.000 habitants, soit plus du quart de la population totale.
à part et sont 80.000. Leur nombre doit même être élevé à 106. ooo, si on y ajoute les Galiciens et les Bukoviniens, relevant aujourd'hui de la Pologne et de la Roumanie et qui, au point de vue de la race ne sont autres que des Ruthènes, car il n’y a pas de nationalité galicienne ou bukovinienne.
Parmi les Russes, on range les sectes des Mennonites et des Doukhobors, qui avaient quitté jadis l’empire des tsars pour se soustraire au service militaire, contraire à leur doctrine, et vivre dans les plaines de l’ouest, en conformité avec leurs mœurs et leurs institutions. Malgré la liberté dont on jouit au Canada, un certain nombre se sont trouvés encore gênés sous le rapport de l’hygiène et des lois civiles et ont été planter leur tente au Mexique.
Les Italiens sont 66.769, alors qu’ils n’étaient que 1.849 en ïSSi. C’est dans Ontario qu’ils se trouvent en plus grand nombre, 33.355, puis dans la province de Québec, 16.141.
Les Asiatiques forment ensemble 65.731 unités dont 39.587 Chinois et 15.868 Japonais. Ces derniers sont établis presque tous — 15.006 — en Colombie. Les Chinois sont aussi nombreux — 23.533 — dans cette province qui, par sa position géographique en face de l’Extrême-Orient, se trouve être le premier déversoir des Asiatiques au Canada. Le recensement de 1881 relevait la
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présence de 4.383 Chinois, mais ne faisait pas mention des Japonais, dont le nombre était infime.
Les Polonais, qui dépendaient naguère de trois empires différents, ne relèvent plus aujourd’hui que d'un seul pays : le leur, revenu à l’existence politique. Ils sont 53.403, répandus pour le plus grand nombre au Manitoba (16.594) et dans Ontario (15.587).
Les Finlandais sont 21.000, établis (îe préférence en Ontario (12.000) et en Colombie (3.000).
Les Belges figurent au recensement pour 20.234. C’est dans l’ouest qu’on les rencontre surtout. Il y en a 5.320 établis au Manitoba et 3.477 en Saskatchewan.
On compte encore dans le Dominion : 18.000 nègres, en majorité dans Ontario et en Nouvelle- Écosse ; 13.000 Roumains, en plus grand nombre en Saskatchewan et en Ontario ; 12.800 Suisses, surtout dans Ontario et Québec ; 8.800 tchèques, en nombre égal en Saskatchewan et Alberta ; 8.000 Syriens, presque tous dans Ontario et Québec ; 5.700 Grecs, la plupartfdans ces deux provinces ; 3.900 Serbo-Croates, pour le plus grand nombre en Ontario, Saskatchewan et Alberta ; 2.000 Espagnols et des représentants, en petit nombre, d’une trentaine d’autres nationalités, car on peut dire que tous les pays
du monde ont des sujets au Canada. C’est surtout dans les trois provinces des prairies que les étrangers sont nombreux.
En dehors des races implantées sur le sol de l’Amérique depuis sa découverte, il ne faut pas oublier celle qui a précédé toutes les autres, la race autochtone des Indiens. Naguère seuls maîtres du sol, qu’ils ne cultivaient pas d’ailleurs, ne vivant que de chasse et de pêche, les Peaux- Rouges n’ont cessé d’être refoulés et de diminuer en nombre, au Canada comme aux États- Unis, depuis l’envahissement de la race blanche. Cependant, après une assez longue période de diminution régulière et progressive, une certaine stabilisation semble s’être établie parmi eux.
Il y avait 108.547 Indiens établis au Canada, lors du recensement de 1881 ; il y en a 105. 491 en 1911, et 110.814, en 1921. On voit donc que leur nombre n’a guère varié. Ua plupart sont fixés dans Ontario (26.654) et en Colombie, (22.377). Uorsque la politique d’extension de la colonisation, qui ne peut faire autrement que de se poursuivre, aura refoulé les Indiens dans des régions inhospitalières et improductives, la race sera amenée à disparaître peu à peu, ou à transformer son genre de vie au contact des blancs.
Après les races, les religions.
Un facteur dont l’influence n’est pas niable
G. DEMANCHE. — CANADA.
au point de vue de la colonisation, c’est l’élément religieux. Chez les catholiques, le ministre du culte joue un rôle important. Il n’est pas de centre franco-canadien — Français et catholique étant synonymes là-bas - — qui n’ait à honneur d’avoir son curé. Celui-ci, non seulement prend soin des âmes, mais encore est, le plus souvent, un guide précieux pour ses paroissiens en ce qui concerne leur établissement et leurs travaux. Il en est même, comme le curé Isabelle, dont la province de Québec et Saint- Jérôme en particulier, ont fidèlement conservé la mémoire, qui ont acquis des titres particuliers à la reconnaissance de leurs compatriotes en les précédant et en leur frayant la marche dans les régions inhabitées.
Tel a été aussi le rôle des missionnaires colonisateurs des provinces des prairies, qui ont su ramener des États-Unis et établir dans les plaines de l’ouest de nombreux convois de Canadiens, qui, dans les milieux industriels où ils avaient été chercher du travail, regrettaient leur patrie, leur bien-être et leur milieu social. En faisant et avec succès, cette œuvre patriotique, les missionnaires colonisateurs ont rendu au Canada des milliers de ses enfants. Ue point de vue religieux a donc sa place marquée dans la grande entreprise de la colonisation.
En 1871, le Canada renfermait 1.492.020
CH. I. — la formation du canada 25
catholiques sur 3.485.761 habitants. En 1881, on en comptait 1.791.982, sur 4.324.810 habitants, dont 1.170.718 dans la province de Québec, En 1921, on en relève 3.389.636 sur 8.788.483 habitants, dont 2.023.993 dans Québec. Sous le rapport proportionnel il faut constater un légel recul, car les catholiques qui représentaient 42.80 % et 41,43 % de la population en 1871 et en 1881, n’en formaient plus que 39,31 % en 1911 et 38,5 % en 1921. E 'élément canadien français étant, proportionnellement en régression, l’élément catholique devait suivre le même sort. C’est aussi à l’immigration étrangère, en majorité protestante, qu’il faut attribuer ce recul.
Ees catholiques forment le groupe le plus nombreux. Quant aux autres cultes, on n’en relève pas moins de 64 différents. Ees plus importants comprennent les presbytériens : 1.409.407 et les anglicans : 1.407.994, soit 16,04 % 16,02 % de la population. Ceux de
moindre envergure ne comptent que quelques centaines d’adeptes, sans parler des sectes n’a5^ant que quelques dizaines d’adhérents.
Ea répartition des catholiques entre les provinces autres que le Québec, est assez inégale et varie suivant l’importance des groupements français et irlandais. Elle s’établit comme suit : Ontario, 576.178 ; Nouveau-Brunswick,
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17°. 531 ; Nouvelle-Écosse, 160.872 ; Saskatchewan, 147.342 ; Alberta, 97.432 ; Colombie, 63.980 ; Prince-Édouard, 39.312 ; Nord-Ouest, 3.849 ; Yukon, 699. Partout où l’élément français se trouve en nombre, comme dans l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, les catholiques forment un quotient appréciable.
Si l'on considère la progression de la population par province, on constate que Québec a gagné, dans la dernière décade, 355.423 habitants, ou 17,72 %, gain un peu inférieur àcelui de la décade précédente, qui était de 356.878 ou 21,64 %.
Ontario révèle un accroissement de 406.370 habitants, ou 16,08 % augmentation portant surtout sur les grands centres et sur le nouvel Ontario, gain supérieur à celui de 1911, qui était
de 344-345 ou 15,59 %•
B’ Ile du Prince-Édouard est en décroissance de 5,4 % atténuant sa diminution antérieure, qui était de 9,2 %. Ba Nouvelle-Écosse progresse de 63 %, alors qu’elle atteignait 7,1 % pour la décade antérieure. Plus favorisée est le Nouveau- Brunswick, dont l’augmentation s’élève à 10,2 % alors qu’elle n’était que de 6,3 % en 1911, et ce, grâce à la forte natalité des Acadiens. Ces trois provinces renferment une population totale de 1.000.328 habitants, contre 937.955, en 1911, soit une augmentation de 62.372, ou 6 %.
Les provinces de l’ouest, vers lesquelles se porte de préférence l'immigration et qui ne comptaient pas il y a un demi-siècle, se signalent par des gains bien plus élevés. Le Manitoba progresse de 32.23 % ; la Saskatchewan, de 53>83 % ; l’Alberta de 57,22 % dans la dernière décade. De son côté la Colombie s’accroît de 33*66 %. Prises en bloc, les provinces des prairies présentent un gain de 627.961 habitants, ou 47, 3 % en 1921. Leur population ne constituait que 7,8 % de celle du Canada en 1901, tandis qu’en 1921 la proportion est de 22, % Si le mouvement continue avec la même intensité, le jour n’est pas éloigné où l’ouest contrebalancera l’est du Canada, c’est-à-dire où la politique économique des nouvelles provinces prendra le pas sur celle des anciennes.
De l’étude des derniers recensements un fait se dégage nettement : c’est le courant qui porte les habitants vers le grands centres. Le recensement de 1921 montre que ce courant s’est encore accentué. Pour la première fois on constate que que la population de Montréal et de Toronto dépasse le demi-million. En outre, on ne comptait jusque là que deux villes de plus de 100.000 âmes : Winnipeg et Vancouver ; deux autres cités sont venues s’y ajouter en 1921 : Ottawa et Hamilton.
Au début du xxe siècle, la population urbaine
CANADA
représentait 37,5 % de la population totale ; en 1911, la proportion était de 45,42 % et, en 1921, de 49,52 %. C’est dans l’île du Prince- Édouard que le taux est le plus faible : 21,55% et c’est dans Ontario qu’il est le plus élevé : 58,17 %. Malgré l’exode des habitants des campagnes vers les villes, trois provinces seulement voient diminuer leur population rurale : Nouvelle-Écosse, Prince-Édouard et Québec. Halifax, Sydney, Québec, Montréal, Ottawa, Toronto, Hamilton sont les principaux centres urbains d’attraction. Au Matinoba, les deux cités de Winnipeg et Saint-Boniface absorbent à elles seules un tiers de l’accroissement de la province En Colombie, Vancouver et Victoria en prennent près du quart. Deux villes de l’Alberta ont poussé avec une remarquable rapidité : Edmonton, la capitale, qui ne comptait que 4.176 habitants en 1901 et en renfermait 58.821 vingt ans après ; Calgary, qui, dans le même laps de temps, passait de 4.329 à 63.305.
De mouvement est donné et continuera de plus belle, quand les grandes villes s’annexeront leur banlieue, comme il est, d’ailleurs, déjà advenu pour Montréal et Toronto. Mais quand la population urbaine d’un pays, et surtout d’un pays neuf, arrive à égaler la population rurale — ce qui est le cas du Canada — il y a intérêt majeur à retenir ou attirer à la terre ceux qui
seraient tentés de lui refuser leur activité.
Cet exposé d’ensemble sur le peuplement du Canada, ne peut donner qu’un aperçu insuffisant sur le mouvement de la colonisation, le développement plus ou moins rapide des diverses provinces, par suite de l’immigration ou par le simple jeu de la natalité. Ces diverses questions font l’objet du chapitre suivant. Elles sont complétées par une étude spéciale concernant la force de résistance et le remarquable développement de l’élément français, ainsi que son expansion féconde dans toutes les provinces du Dominion.