‹ Cinquante ans dans l'Eglise romaine [microforme]Chapitre 11 sur 52 · L. 42 ee LS FE · texte numérisé non relu

L. 42 ee LS FE

« Je viens d’en avoir un exemple dans ma propre

famille. Comme je vous le disais, il n'y a qu'un mo- » :. ment, je ne voulais pas que ma petite fille allât à EE confesse. Mais sa pauvre mère, qui est sous le con- Tu : trôle des prêtres, voulait absolument qu'elle y allât. î que Et, pour ne pas avoir une scène regrettable dans ma EE maison, j'ai dû céder aux larmes de ma femme. Eh À ce je bien! le lendemain de cette confession ma femme d'ail me croyait dans le village, tandis que j'étais dans mon si hc bureau, dont la porte entr'ouverte me permettait d'entendre tout ce qui se disait dans le salon. appr

« Ma femme et ma fille se croyaient donc bien parol seules pendant la con ersation que je vais vous Tap- quée porter : Louis

« Pourquoi donc es-tu si triste et si rêveuse, de- ‘ceau. puis tu as été à confesse, ma chère Lucie? Il me Ces p semble que tu devrais te sentir plus heureuse après qui le avoir eu le bonheur de te débarrasser de tes de re péchés. » \avait-

Ma petite fille ne répondit rien à sa mère. Deux tions

ou trois minutes plus tard, ma femme interrompit de " nouveau le silence en disant :

« Mais pourquoi pleures-tu, chère enfant? Es-tu | malade ? » | De « Point de réponse encore de la part de mon en. S!0nna fant à sa mère. Vous pouvez penser que j'avais l’o- 4 reille attentive! Je soupçonnais l’affreux mystère. qui allait bientôt se révéler. Le cœur me battait d'im-? patience et de colère. Une troisième fois, ma femme # s’adressa à sa fille, mais d’un ton assez ferme, cette : fois, pour la forcer à parler. d:

« En effet, mon enfant, d’une voix tremblante et 4 he entrecoupée par ses sanglots, répondit : 0.

€Ah, maman! si tu savais ce que le prêtre m'a8

; — D e dans ma propre ‘ demandé et m'a dit au confessionna

lny a qu'un M0", pas moins triste que moi | petite fille allàt à

l, tu ne serais

| — Mais que t’a-t-il donc dit? C’est un saint homme! 1 est sous le con- “Tu ne l'as pas compris, si tu penses qu’il t’a dit quelnt qu'elle y allât. « que chose pour l'affliger,

grettable dans ma À" ire petite maman ! répond mon enfant, en e ma femme. Eh :

se jetant dans les bras de ga mère, ne me parle plus . d'aller me confesser à ce prêtre: il m'a dit des choses si honteuses, que je ne puis les répéter. Mais ce qui . me désole, c’est que les choses abominables qu’il m’a apprises ne peuvent plus sortir de ma pensée ! Ces aient donc bien paroles impures sont comme les sangsues qui, applije vais vous rap. quées l’autre jour sur la poitrine de ma jeune amie Louise, n’ont pu être ôtées qu'en emportant le morsi réveuse, de- Ceau. La chair était rongée par ces reptiles. Ainsi > Lucie? Il me ces paroles sont sur mon cœur comme des sangsues ; heureuse après ‘qui le rongent et le dévorent, Elles ne me donnent arrasser de tes de repos ni jour ni nuit, Quelle idée ce prêtre “avait-il donc de moi pour me faire de pareilles ques= sa mère. Deux Ations ?

e interrompit de # « Mon enfant s'arrêta là, et se mit à sangloter. … « Après quelques minutes de silence, ma femme enfant? Es-tu reprit: « Je m'en vais trouver M. le curé et lui faire la leçon ; je lui dirai d’être plus prudent au confes- Sionnal. J'ai cru, en effet, m'apercevoir qu’il va un que j'avais l'o- N ie trop loin dans ses duestions avec les personnes ffreux mystérem d'un âge mûr ; mais Je le croyais plus rÉsarvé avec 4: iles enfants. Après la leçon que Je vais lui donner, me battait d’im-"4 : it Lu ee.

fois, ma femme #S0IS Certaine qu’à l'avenir tü n'auras plus qu’à lui ez ferme, cette #

ssion ma femme > j'étais dans mon e me permettait s le salon.

art de mon en

+pos des questions sans fin qu'il nous fait.

Mais je «te recommande de ne jamais arler de cela à pertremblante etl# J P p

sonne; Surtout que ton père ne sache rien, car, déjà

il n'a pas trop de religion, et cela pourrait bien lui > le prêtre MäMôter le peu qui lui en reste, »

> dE

Je ne pus me contenir plus longtemps : je me levai de et entrai brusquement au salon. Ma petite fille se et jeta dans mes bras en pleurant; ma femme laissa l'in échapper un cri de terreur, et faillit se trouver mal. sià

« Je dis à mon enfant : « Si tu m'aimes, mets ta cor main sur mon cœur et promets-moi que tu n'iras plus tou jamais te confesser ? Crains Dieu, mon enfant, marche abo

en sa présence ; car son regard te suit partout! Sou- M viens toi qu’à tous les moments du jour et de la nuit sur à est prêt à nous pardonner. rais « Mais ne va plus te faire souiller et dégrader aux app pieds du prêtre. mes « Mon'enfant me le promit. suje

« Et lorsque ma femme fut revenue de sa surprise, tain: je lui dis : « Madame, il y a longtemps que je sais ‘seul que le prêtre est tout pour vous, et que votre époux par n'est rien | Il y a une puissance secrète et terrible n'ai qui gouverne vos pensées, votre cœur et vos affections, ainsi que vos actes : c’est la puissance du prétre! Vous me j’avez souvent nié. Mais la providence a voulu qu'aujourd'hui, ce pouvoir fût à jamais brisé pour vous et pour moi. Je veux être maitre dans ma maison ; et, dès ce jour, l'empire du prêtre sur vous doit pour toujours être fini, à moins toutefois que vous ne préfériez sortir de ma maison pour n'y plus rentrer. Si jamais il vous arrive encore d’aller porter au pieds du prêtre votre cœur et vos secrets, ne revenez plus ici. Assez longtemps le prêtre a dominé dans ma famille, le jour où il a souillé et flétri l’âme de ma fille doit irrévocablement signaler la chute de son règne, »

Trois autres discours suivirent celui de M. Dubord, tous remplis de détails et de faits qui démontraient à l'évidence que le confessionnal, plus que tout autre Chose était la cause de la déplorable démoralisation

mps : je me levai Ma petite fille se ma femme laissa it se trouver mal.

m'aimes, mets ta que tu n'iras plus on enfant, marche suit partout! Soujour et de la nuit

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de St-Thomas. Et certainement, si j'eusse pu parler et dire à cette assemblée ce que je savais déjà de l'influence corruptrice de cette institution dont les siècles de ténèbres ont doté le monde, j'aurais encore ajouté à la détermination énergique, prise par tous les membres, de mettre tout en œuvre pour en abolir l'usage.

Mais, Ô Dieu? qui connaissez tout ce qui se passe sur celte terre de misères et de péchés, que n'’aurais-je pas à dire sur cette grande abomination qu’on appelle la confession, si je pouvais révéler ce que mes vingt-cinq années de prêtrise m'ont appris à ce Sujet; si je racontais, en détail, l’histoire de centaines de prêtres qui ont scandalisé les enfants, nonseulement par des questions infâmes, mais encore par des actions de la plus horrible dépravation! Je n'ai pas moins de cent dix noms de prêtres du Ca-

nada qui se sont servis du confessionnal pour commeltre avec les petits garçons ou les petites filles

rs

qu'ils avaient à leurs pieds des actions de la plus diabolique immoralité! Mais comment redire ces

choses? Il n’y a pas de paroles humaines pour expri- “mer ces horreurs | s Je garderai donc le silence sur ce au sujet de ces Supérieurs du Séminaire de Quebec, “le Révérend M. P... et le Révérend A..., dont le premier est mort tranquille dans son lit, après avoir perdu des centaines de jeunes personnes et dont

que j'ai connu

W'autre a été obligé de fuir, pendant la nuit, parce

» une des victimes de la lubricité de e haut dignitaire, ne pouvant plus le tolérer, alla Ce malheureux eut donc à choisir entre la potence et la trappe. Il se hâta de faire son paquet, pendant la nuit, et partit à la pointe du jour pour Sa nouvelle destination.

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