‹ Cinquante ans dans l'Eglise romaine [microforme]Chapitre 45 sur 52 · XXX. Maladies et guérisons les miracles de l'Eglise de Rome · texte numérisé non relu

XXX. Maladies et guérisons les miracles de l'Eglise de Rome

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ville. Rien n'avait pu arrêter ses ravages perdant l'hiver. Le surintendant, deux médecins, et la plupart des gardes-rmalades avaient succombé les uns après les autres. Pour ne pas augmenter le mal, en jetant l’épouvante dans la ville, les docteurs corvinrent avec moi de cacher les ravages de l'épidémie, Mais force me fut de les révéler à l’évêque vers la fin de mai, car je me sentis alors atteint par les premiers symptômes de la peste. Il ne me restait plus rien à faire qu'à me préparer à la mort, et à demander à l'évêque de nommer quelqu'un pour me remplacer dans mes fonctions de chapelain. L'évêque choisit le jeune abbé Destimauville, en me priant de l’initier aux nouveaux devoirs de sa position. Quoique déjà bien affaibli, je me rendis avec lui à l’hôpital, où il allait entrer pour la première fois. Mais, à environ vingt pas du seuil, je lui dis:

— Mon jeune ami, arrêtons-nous un moment ici; j'ai à remplir un devoir aussi pénible que sacré à votre égard: une affreuse épidémie règne dans cet hôpital depuis l’automne dernier, et elle a déjà moissonné bien des victimes; c’est un vrai miracle que j'aie pu échapper jusqu'à ce jour. Mais depuis dix heures, je me sens moi-même atteint. Avant d’aller plus loin, faites généreusement le sacrifice de votre vie; car vous allez sur un champ de bataille d’où bien peu sont revenus; si vous ne voulez pas courir le risque de mourir jeune encore, n'allez pas plus loin : retournez sur vos pas.

Mes paroles avaient frappé plus fort que je ne l’avais pensé. Le jeune prêtre me regarda fixement; il il était pâle, et ses lèvres tremblaient. Puis il me dit :

— Êtes-vous sérieux? Est-il vrai que la peste soit dans l'hôpital où vous me conduisez et dont je viens d’être nommé chapelain?

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