A PAUL BOURGET
PRI^IFACE
Je ne me serais pas permis de recueillir en ml urne de^i écrits dv circotèstance. Uùcaisiun des sujets trati'\s datts res morceaux, qui uni paru primituement comme articles de reiuea, a pu être iktssin/ére ; je me suis appliqué à saisir if^ sujets sotki leurs (ktpecis durables. L'étude ^itr le Germanisme cl Tesprit humain, puhliéten 1916 par la Hevue bleue, a choqué
'net personnes, comme trop [■
'futgne. Ces personnes sont (i.//..,.^ J. ur dire que peu d'écrivains se sont monnés aussi opfMtses que moi à r influence qermanique et aussi arertîs de ses danqci 'les quinze années qui ont précédé Ui ytêtrre. Du moins avant de juger la i)ensée des plu-
Il CINQUANTE ANS
losophes allemands, m'efforçais-je de la comprendre.
La guerre venue, des Français, dont le patriotisme valait d'ailleurs le mien, se sont imaginé rendre service en montrant le poing à Kant, à Gœthe, à Wagner. Comme ce mode de critique ne se serait pas généralisé sans nuire au renom d'intelligence et de pensée libre qui est une des parties les plus sûres du patrimoine de notre pays, f éprouvai, pour ma modeste part, le besoin de réagir discrètement. Ne confondons pas les procédés de réclame par lesquels V Allemagne prussifiée parvenait à donner figure d'autorités scientifiques à ses têtes les plus médiocres avec l'influence que des Allemands supérieurs n'ont due qu'à la qualité réelle de leurs ouvrages. Cette qualité est à discuter et l'on aura bien souvent à montrer ce qu'elle a de trouble. Mais il faut apporter dans cette discussion la dignité, le calme et la bonne foi qui sont le signe de l'esprit. Sans aller, certes, jusqu'à dire avec Hegel que « tout ce qui est réel est rationnel », on peut admettre, comme maxime di-
h! IM Nsf \ FRANÇAISE m
nrtiir, , i^fie rim de ce qui ' (ne grande
piace diiiès i'histuire ne ipetu iiit jiujé fHir un simple m de col^e et Himiné du débat ;xir un mumernirnt d t^fHiuics. St la pensée aiUniandi a été appelée peniiitnt le dix-neuviéifie siècl siircés qm woi« paraissent justement disjtropijrtun, "structif de
chtrcher la ra*suu de <*<> studs immérités, dussions-mnis la trouver, pour une bonne part, datks les alfaihlissements dont a pu souffrir ta pensée frntirmsf. Combien j'attends i/j" cehu-ii ifourd'hui en qu
tnmiuis s,,nt barbai' ui-ld qu
droit cotr clairement ta quué nutui avons bcM^m de nous rendre furts.
Prêtons garde à ne pas laisser s*établii nuts, sous le couvert d'une piété sacrée envers notre passé et nos traditions, un régime de timillectuelle. l^ monde attend de la France i, truelle lui a généreusement donné t4Mt de fois : de la j^eièsée. La pensée est un fruit de l'ordre; rien ne la tue comme les perturlmtmn.s nuits et les dominations révolu tionttaire^