I .ut à la notion même de Tédut
intfll«'ctuelle, que se jnslilif*, en grande part, la primaut- la traditioi
bumnnitts classique;» accorde aux lellrt^s sur li's sciences. Les humanités, sainement conrut>s, n impliqutMit aucun d( daiii pour les sciences, aucune disposition de négligence à leur égar ^i certains humanistes ont donné «{ui se
lie souvent à une ^ ...:..... ;•. une
certaine vanité de rbétoricienj, il faut leur
dire qu'ils ont grande responsabilité dans Taudace des entreprises dirigées contre une cause qui leur est chère, mais qu'ils entendent mal, qu'ils alï^iblissent, qu'ils découvrent La culture scientifique n'est pas une annexe, un accessoire des humanités; elle en fait partie intégrante; elle y tient seulement moins de place que la culture httéraire. Pourquoi? parce que les lettres offrent à l'esprit qui se forme un champ d'exercice beaucoup plus étendu et beaucoup plus varié ; elles lui offrent beaucoup plus d'idées à pénétrer et, entre les idées, des rapports en grande partie plus fins et plus complexes. C'est pour cela qu'elles forment le plus large fonds de la culture commune. Les lettres sont ellesmêmes une science, la science de l'homme, c'est-à-dire la science des sciences.
Une éducation intellectuelle, conçue d'après ces données fondamentales, qui n'ont aucune prétention à la nouveauté (car elles sont vieilles comme la haute civilisation), laissera l'adolescent qui sort du collège au milieu d'un monde d'ignorances.
,\l*l|N i.i >..riif iiii ; j».»*, ijiH» lin,
ell»» Il V^l c|u'uii « iienl. on l'ou-
blie tni|i. Os igiioraiicoH. de:» danses hieii faites Tauroiit iiii^ ù im^me d*y remÎMlitT» s» ■ -. avec loule la rapiiliU*
Ut i !♦' |»ré|mrenlàlin»rchiubK?
fniil ili» toul et' (|u'il apprenti r.i II ^a^lt mi.u\ - i\oir très peu de cliost-
l rompu à rêiude que do pu-
-ii| . I iici» !î • beaucoup de nuin»ii>
a\ei' uiir i <|ui n'esl capable que ile
niouvemenb vagues et incertains. Simpli- (ier pour fortiUer, sélectionner pour uirtrir toul ramener à lartivité de Tesprit. toi
iloit rtre le blll .l-- î» .-.iiifi-.'-r. r.nin.. <|ii.»
toii»i atteiiil.Mi'
iilement iièoiil .MCoUiltiâre. (!eri est vrai
J...U1 v»'ii^ les tle^'ns de 1» .••'fuienl
non sprria! huis !•» véritai' it» des
< li'»>' •• diffèrent pas entre
«Mix en quanlilf. comme des amas de connai'^'ianceî» im-^aux; ils tliffèrent en qualil» DU inlensilr comme diffèrent «les mouvements animè> de puissances inégales et
qui ne peuvent tous, en conséquence, parcourir des cercles également vastes. Ces inégalités correspondent à celles des professions ou fonctions sociales considérées dans ce qu'elles exigent de Tintelligence. La fonction d'ingénieur demande des opérations intellectuelles plus étendues que celle de contremaître ; elle met en face de questions dont la solution oblige à considérer et à coordonner un plus grand nombre et une plus grande diversité de données. Il en est de môme de celle de général rapportée à celle de capitaine, de celle de chef d'administration comparée à celle de rédacteur, de celle de médecin en regard de celle de pharmacien. Il est une certaine étendue des opérations intellectuelles à laquelle on n'est point apte sans études classiques. C'est pourquoi il faut maintenir, avec une intransigeante fermeté, la doctrine d'après laquelle un homme sans études classiques, sans humanités est insuffisant pour certaines professions.
Les théoriciens scolaires que nous com-
battons s.' {»l.iiN4*iit à iiiViHjii'-i 1 .it ^'liiiHhl ilu « r. .ili>ii»f •. Col arguiiifiit a du |iii'>ligi» <i t? loiis-nou!» ili» lour vu lais^rr hbi'ii i ne leur appartionl pa- i
!ioniil I9 lt*ur abandonner que tj*u|)|> à liMirs thi^HiH. «Mil II m» l'a fuit «jiie
ivnii -..UN. lit, ^\>^ . rations tirée» tie
ilisnie >me est un mauvais
mol, plein (rêquivo<|U4> et de vague, plu tôt
iqiie (|ue fraiirais, diriirile À incorj*> .> . ,1.111s 11» tissu dune pensée claire el loyale. Kt il y a dan» notre lanj;ue de meilleures expressions et plus sOres pour la partie réellement noble et saine de la pensée qu'il contient. Kn plaçant sous le pavillon de l'idéalisme la cause îles bumani t. s, ,.ii fournit à leurs adversaires le moyen d'un avantageux alibi. On va audevant du grief qu ils tournent le plus volontiers ccuitre les fidèles de la tradition classique accusés par eux de manquer i\u si*ns des réalités, alors que « > >[ I lient contre eux-m^mes que ce
^*M. M irréalisme vaut. Les cbim -' v "v c est eux. Les théories faites «1 ,
rience et gonflées de vent, ce sont les leurs.
Ils veulent, prétendent-ils, faire des hommes modernes, des hommes* de notre temps (c'est leur formule favorite). Nous le voulons aussi. Quelle méthode est la bonne ? Celle qui consiste à supprimer dans la nourriture intellectuelle de la jeunesse la substance des lettres antiques pour la remplacer par la matière des connaissances modernes et surtout, surtout (car c'est à cela qu'on tient) par l'aventureux dogmatisme des prétendues « idées modernes » ou « vérités modernes » ? Ou bien celle qui consiste à conserver à cette partie de la jeunesse destinée à composer l'élite du pays le plein commerce de Fantiquité, mais en enrichissant cette source immortelle de culture de matières empruntées à ce que la science et les lettres modernes offrent de plus grand et de plus indiscuté et choisies d'ailleurs d'après un critérium pédagogique? Là-dessus un esprit réfléclii, un esprit droit, dont la vue naturelle ne se laisse pas obscurcir par les
passions )Militi(|ii('s (*t reli|noufi(*.< rt qui ne row^uMi* ^ur !«•» ifintitutions ilf riMliiratinn quf !»• tint t»t les inlérrU ili» r*Mlijcalion, no saiiniil li»*sil«T un in^lant Oit no iH'itt
sur 1< iiiiKierne f|uan<l un igiiorr lunrifn. On 11 j.. ut 'ntin» <»l apiincionrune
luaiiK r. I i)li» If» choses tl<» son
temps quand on ne tloniinopns son U^nps; t»l comuionl le dominer, si l'on ne Irouve dans une suffisante connaissance du pass/ des poinU de perspeclive et des points de r«Mi)|mraison? L'histoire de Thunuihumanité civilisée), son histoire piilili(|ue. sociale, religieuse, philosojdi'"- >:••■:= ^^^[ coniparaMe à une u'i I vlion ininlrrroinnu.'
qui -<* |ioursuivniit de siècle en siè. ♦•^l fatal que celui qi -ans «Hre
initié et mis au courani, (jui la prend au point où il la trouve, n'en comprenne point les propos, ou, qui pis est, qu'il s'en forme un*' interprétation tTronre «t fantastique. ('. «si le cas de l'autodidacte. Ce qu'il sait
-•t ■• ^ -r du p:' «'- L.H.... .1...
idées, des institutions, des coutumes, des relations nationales, tient dans des notions de manuel auxquelles Tignorance serait préférable ; il ne l'a pas acquis par cette longue pratique des études qui dénoue Fesprit et seule lui donne un sens réel, une perception simple et naturelle des choses. Ce qui lui manque avant tout, c'est la connaissance et la mesure de Fhomme. Aussi est-il sans défense contre les théories qui supposent Fhumanité autre qu'elle n'est, pourvu du moins que ce soit dans des formes d'apparence scientifique et avec des airs de hardiesse novatrice que ces théories se trompent. Jusqu'ici seulement l'autodidacte n'était tel qu'à cause des circonstances qui l'avaient personnellement privé de se mieux instruire. La suppression ouFexcessifafTaibhssement des humanités classiques équivaudrait au dessein de fabriquer systématiquement ce type d'esprit et de peupler la bourgeoisie française de têtes sans lest et de gobeurs de billevesées.
Les hommes qui se sont trompés et
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iii: :rt*unionconvi<
ra 111(1 il est arriva qii us si-
lr< , l«» propre objfl de leur
n>spon$abilitê publiquo et de lnur coinpét»*iic« professionnelle -ls de re-
iih'*«Î»*. iU iil mil Miraui invincible
aux plu> <i .< fuUtit>ns des faits. Sans
cela, roecasion serait bonne, terriblemf*nt bonne, pour demander à ces grands listes », férus de soustrain» la jeunesM* d Id tuti'lle d'un humanisme suraimé qui ifa plu.H de raison d'»'^tre au sièele de réleotricité, de la vapeur, deTaviation et du socialisme international, s'ils n'étaient pas les ni* li savaient qu'il n'y aurait plus
de .... . \ s'ils n'étaient pas les mt^mes qui savaient et qui démontraient qu'en dépit d'une fantasmagorie de mise en scùne guerrière bonne à frapper l'iii: m
des badauds, TKurope était d* « ik uM-ut enlr» ♦• dans l'ère du pacilisnu» tbiinitif, de la « paix par le droit •. J'entends encore un de ce^ penseurs sans préjugés, à b fois grand ennemi du latin et grand preneur
dé" î»a«ifi>in.'. n\r .lin-, il n'v a pas \Ai\s dr
deux ans, d'un air de douce pitié : « Et vous vous imaginez que l'Allemagne pense à la guerre ! » Ce que je lui avais dit du péril germanique me donnait à ses yeux figure de troglodyte intelJectuel. Soucieux cependant du bien de mon esprit, il ajouta : « Lisez le livre deNormann Angell. » J'aurais pu lui répondre : a Lisez les Commentaires de César. C'est beaucoup plus moderne. Les données de la situation séculaire existant entre la Gaule et la Germanie y sont écrites en lettres de fer. » J'aurais pu lui conseiller de rectifier Normarin Angell par bien d'autres vieux grands livres grecs et latins qu'on étudie dans les classes et où l'on touche du doigt, avec les causes antiques et toujours pareilles d'oii naissent les guerres, la nature des moyens également antiques et cent fois éprouvés dont disposent les peuples, soit pour en écarter autant que possible le fléau, soit pour y faire face avantageusement, si la fortune le permet.
Jamais les circonstances n'ont conseillé plus fortement à la jeunesse de chercher
cjci ^ Kiantls autcu. - ......uii.-
par runaiiiint* adoption «les ««ii"^!'!!'** I.a simplicité, runiversaliU* des id* • xjurience.s «ur l(>.M]iielles ceux-ci ajunl* U'iil noire médil.' * - n*
dani'i' a%*»c le» l . nU
par iHi X. trouvent remises à nu les vieilles élémentaires qui président aux mou- N m lits de riiuniaiiité et à la destinée des peuples. D'autre part (et le contraste prtV terait à de cruelles ironies), IVsprit public est tout obscurci de doctrines qui voilent sous les n 'un évolutionnisme aussi
fade que i.n.iai-i^te, d'un optimisme sans virilili-, la réalité de beaucoup de choses humaines.
L'humanisme n'est pa.s seulement pour la Franee ce qu'il serait pour tout autre pa}> civilisé : le meilleur instrument de culture de la raison. 11 se mêle aux sources (le notre vie nationale et son abondance la ranime et Texalte. Nous continuons directement les civilisations où il est né. La \ertu unique du latin, la nieessité du latin
pour toute éducation intellectuelle française vraiment solide, est la conséquence la plus palpable de cette filiation.
Voilà le côté fort des humanités, leur « réalisme ». Ce réalisme se confond avec un idéalisme bien entendu; car il forme des esprits non moins nobles que fermes. La vraie noblesse d'un esprit ne tient pas à la générosité d'un vain sentimentalisme dont les imaginations défient à plaisir les dures lois du monde. Elle tient à l'étendue de l'horizon qu'il embrasse et à la clarté des regards qu'il y porte. L'homme vulgaire n'embrasse que le cercle de ses intérêts personnels. Le résultat d'une belle culture intellectuelle et morale, c'est de rendre habituellement présents à notre pensée les intérêts généraux de la cité, de la société, de la civilisation humaine, mais en nous en donnant des idées aussi réelles, aussi positives que celles que l'homme vulgaire se fait de son bien matériel et privé. Nulle illusion n'a de noblesse par ellemême. La soHdité de la pensée, la santé du jugement sont nécessaires à la bonne
un ur et k -
fruit l*ri«iciU|»oii>-iii. k iiHMit <!•
mer le bon sens et la raison dans réiito des jeunes Franvais. Sur ce fond les saines grAtN'N de l'esprit, !• - * ' ' du^oût refleurin»f)t !
riront par surcroil