‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 178 sur 223 · LI. — SANCTION DU DÉCALOGUE · texte numérisé non relu

LI. — SANCTION DU DÉCALOGUE

cerner ses serviteurs de ses ennemis, et quelles que soient les apparences contraires, tout compte fait, môme pendant cette vie, les premiers seront encore plus heureux que les seconds. Cette sanction pourtant ne sera qu'accessoire. Dieu a devers lui de meilleurs biens que les biens d'ici-bas, adonner à ceux qui le servent ; comme aussi il tient en réserve pour ceux qui l'outragent, de plus grands maux que les maux présents. C'est-à-dire que la loi nouvelle, la loi évangélique, aura pour sanction de récompense, sans préjudice des deux autres, le bonheur éternel du Ciel : Q}u facit voluntatem Patris mei, qici iii cœlis. est, ipse intrabU in regnum cœloruni (1) ; et pour sanction de châtiment, sans compter les deux autres, le malheur éternel de l'Enfer : Oinnis arbor quœ non facit fructinn bonum, excidetur et in ignem mittetur (2). O sanction, de toutes les sanctions la plus haute, la plus vraie, la plus efficace ! Est-il rien de plus enviable, de plus délectable, de plus attirant qu'un bonheur qui dure toujours ? Est-il rien de plus redoutable, de plus terrifiant qu'un malheur qui ne finit jamais ? Du bonheur du Ciel, qui dure toujours, réservé aux observateurs de la loi, le prophète royal dit : c'est la plus magnifique des rétributions : In custodiendis illis retribittio ?nuUa{3). Du malheur de l'Enfer, qui ne finit jamais, et sera le partage des transgresseurs de la loi, Jésus-Christ dit : Ne craignez point les hommes qui tuent le corps, et cela fait, ne peuvent plus rien : mais craignez Celui qui après avoir tué le corps, peut jeter l'âme au fond de l'Abîme. . . En vérité, je vous le dis : voilà qui vous devez craindre : Ita dico vobis : Hune timete (4).

Héritiers de l'ancienne Loi, enfants de la nouvelle, Chrétiens, gardez donc les Commandements du Seigneur.

Écrivez-les, non, comme au temps d'autrefois, sur les vêtements, sur le seuil des maisons, sur les linteaux des portes (5), mais dans votre cœur (6).

<1) Matth. c. VII, V. 21.

(2) Ibid. V. 19.

(3) PSAL. XVIÎI, V. 12,

<4) Luc. c. xii, V. 5.

(5) Deut. c. VI, V. 7, <6) II Cor. c. m, v. 3.

Observez-les, non par crainte servile, mais par amour filial : 60US le doux régime de Jésus-Christ, Famour chasse la crainte dehors, et lui ferme l'entrée (1) .

Ne prenez point tel commandement, pour laisser tel autre : gar-dez-les tous, et chacun d'eux; Tapôtre saint Jacques vous crie : que pour se perdre, et se voir appliquer la sanction de châtiment, il suffit de violer la loi sur un point unique (2).

Enfin, et pour terminer, ajouterai-je, avec infiniment moins d'autorité que saint Augustin, non sans quelque raison pourtant, ce que ce grand Docteur disait à son peuple : Vitam nostram in/in7ia7n, laboriosam, periculosam, in hoc mundo consolamini bene vivendo... Oui, il est laborieux, et autant que laborieux plein de périls, le ministère pastoral. Pour ne parler ici que de ce que les Écritures appellent onus verbi : qu'il est lourd à porter le fardeau de la prédication ! Que de recherches à faire ! Que de méditations prolongées ! Que de veilles même! Eh bien, alors, le^^ choses étant telles que je les dis : dédommagez-nous, en bien vivant : consolamini bene vivendo. Cette vie qui est la nôtre, laborieuse, périlleuse, cette vie qui use la vie, consolez-la, en bien vivant ; je veux dire, en faisant delà loi du Seigneur, maintenant tout expliquée, le tnoderamen, la règle, invariable désormais, de toutes vos actions, et de vos pensées elles-mêmes : Vitam nostram in/irmam, laboriosam, periculosam^ in hoc mundo consolamini bene vivendo (3)..».

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