XV. — OEUVRE PRESCRITE, LE DIMANCHE
en vue du même but à atteindre, par les supplications les plus Imnibles, et les cris les plus perçants poussés vers le trône de Dieu. Gomment cela? Toujours pour la même raison : que le sacrifice de la messe étant identiquement le même que celui de la croix, sauf le mode de sacrilicature qui diffère, Jésus Christ est à l'autel ce qu'il était sur la croix, prêtre et victime tout ensemble ; il y est se substituant à nous, expiant pour nous, et recevant sur hii les coups de la justice divine, pour les écarter de nos têtes coupables; il y est, rendant grâces à Dieu son Père, en notre lieu et place, puisque nous sommes impuissants à le faire, et lui offrant non seulement l'approchant, mais encore l'équivalent, et mille fois plus que l'équivalent de ses dons, puisqu'il s'offre luimême ; il y est enfin, faisant fonction de médiateur intercédant, autorisé, et en cette qualité disant à l'infinie Majesté : Tout couverts qu'ils sont de leurs péchés, les hommes ne méritent aucune faveur de votre part • mais c'esf pour eux que j'ai versé mon sang, c'est pour eux que je m'immole en ce moment : laissez-vous donc fléchir, exaucez-les selon leurs demandes et leurs besoins, non pas parce qu'ils en sont dignes, mais parce que c'est moi qui vous prie avec eux, et pour eux, et qu'en m'offrant à vous, je vous donne infiniment plus qu'ils ne sollicitent (1)... N'insistons pas davantage ; descendons même de ces hauteurs pour ne point perdre le fil de notre Instruction : et puisque le dimanche a principalement pour objet le culte dû à Dieu, et secondairement nos utilités spirituelles, étant donné que la messe atteint ce double but, les raisons qui font de l'assistance à cet auguste sacrifice une obligation rigoureuse, apparaissent clairement.
Mais il y a d'autres questions à résoudre. Puisque la messe est strictement obligatoire : quelle messe est requise ? quelle présence de corps ? quelle attention de l'esprit ?
Quelle messe est requise... Réponse : Une messe entière, et entière du même prêtre. Les détails sont nécessaires ici. — Vous arrivez au Sanctus de la messe : vous perdez la messe. - Vous manquez tout le commencement de la messe, jusqu'à et y compris l'offertoire : vous perdez la messe. — Vous manquez, ou la Consécration ou la Communion, ou, ce qui est pire encore, l'une et l'autre
(1) Voir nos prônes sur le Sacrifice de la Messe. 52 prônes sur les Sacrements^
partie d^ la messe, la Consécraiion et la Communion : vous perdez la messe. — Yoqs manquez la première partie de la messe, jusqu'à l'Épître inclusivement, et la dernière partie de la messe, depuis et non comprise la communion du prêtre : disjointes l'une de l'autre, chacune de ces parties est matière légère ; additionnées l'une de l'autre, elles forment une chose notable : conséquemment, dans ce dernier cas, vous perdez la messe. — Vous assistez à deux moitiés de messe ; par exemple, à la moitié de la messe dite par votre curé, et à la moitié d'une autre messe dite par monsieur le vicaire : à moins que l'une de ces deux moitiés ne renferme, elle seule, la Consécration et la Communion, vous perdez la messe... Pour résumer : Une messe sans l'OlTertoire, la Préface et le Sanctus n'est pas une messe ; une messe sans Tune ou l'autre, et à plus forte raison, sans Tune et l'auirj Consécration, n'est pas une messe; une messe sans la Communion, non des fidèles, mais du prctre, selon le sentiment le plus autorisé, n'est pas une messe ;la moitié d'une messe, et la moitié d'une autre messe, ne se lient point ensemble pour former un tout, et faire une messe. Ah ! Chrétiens, laissezmoi vous le dire avec toute la liberté du ministère pasioral: Pourquoi les Fidèles se gênent-ils si peu, que la Théologie se soit vue contrainte d'examiner l'un après l'antre ces cas ditlérents, et de 1 "S résoudre? Pourquoi la plus courte messe est-elle toujours la préférée ? Pourquoi, si courte qu'elle soit, veut-on la tenir encore pour trop longue ? Pourquoi, si le prêtre célébrant s'avise de faire le plus modeste des prônes, ces airs de surprise, comme s'il commutait une vraie indiscrétion? Quand le Pasteur vous voit si lents à arriver à temps, ou trop prompts à sortir avant le temps, ou pris d'ennui pendant le temps, peut-il ne pas faire intérieurement cette réllexion ; peut-il même la retenir sur ses lèvres, et ne pas l'exprimer : Que Notre Seigneur y mit plus de façon, au jour où, pour expier lesjiéchés du monde, etparticulièrement les nôtres, il resta trois grandes heures sur la Croix ?. . .
Quelle présence de corps est requise... Réponse : Une présence qui soit^ au sens exact du mot, tcne vraie présence. Rappelons sommaiiement ici ce que nous avons exposé plus longuement ailleurs. S'adressant aux premiers Fidèles, et en leurs personnes aux Fidèles de tous les temps : Vous êtes le peuple saint, leur