‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 62 sur 223 · XVII. — OEUVRES CONSEILLÉES, LE DIMANCHE l'7t · texte numérisé non relu

XVII. — OEUVRES CONSEILLÉES, LE DIMANCHE l'7t

pîration d'En-Haut d'inappréciables perfectionnements (1). Lebesoin de rites cérémoniels, et du chant en particulier, se ferait-il moins sentir en ce siècle de raison pure, ou prétendument pure ? La nature des choses ne change pas. Ce que l'homme a été, il lest et le sera toujours, un composé de corps et d'ame. Or, en cette qualité, il lui faut un culte extérieur, c'est-à-dire la louange de Dieu, non seulement conçue au dedans, mais encore se produisant au dehors, non seulement parlée, mais encore'chantée, enbien des cas du moins, parce que telle est la faiblesse de son être, qu'il ne peut s'élever jusqu'aux réalités spirituelles, que par le moyen des choses sensibles, au nombre desquelles le chant tient une des premières places : Viper ohlectamenta aurium infirmorum animus in afCectum pietatis assicrgat ; ainsi s'exprime le Docteur angélique, saint Thomas, en qui pourtant la raison pure, à prendre ce mot dans le meilleur sens possible, était d'une incomparable vigueur (2). Pourquoi donc ? car la question n'est pas résolue. Si, au temps présent, et à peu près partout, la louange de Dieu chantée s'est éteinte sur les lèvres des fidèles, quelle est la cause réelle de ce mal ? Réponse : l'affaiblissement de la foi ; l'indifférence devenue plus grande ; et comme conséquence de cette infirmité dans la foi, de cette plaie toujours grandissante de l'indifférence, le respect humain (3;. Lo jour où l'Arche d'Alliance entra dans Sion, Michol, fille de Saùl, ayant aperçu d'une des fenêtres de son palais, David qui s'était mêlé au peuple, s'associant à ses transports de joie, et selon toute apparence, à ses chants,, elle se moqua. Le saint Roi n'en eut cure : Je le ferai encore, répondit-il, et je m'en applaudirai : Et ludain, et vilior fiam plus quam factus sum, et gloriosior apparebo... (4). Que nos fidèles d'aujourd'hui n'ont-ils l'âme aussi hien trempée que David ! Que ne reprennent-ils les usaoes vénérables des siècles de foi ! Que ne s'as&ocient-ils aux'îérén onies saintes, à yios chants d'église surtout 1 Je l'ai dit ailleurs, je le répète ici : nos Offices pa-

(1) Le lecteur comprendra sans effort que nous faisons allusion, ici, au Chant Grégorien, postérieur à S. Augustin et à S. Jérôme.

(2) S. Thom. Lire tout ce bel article : Utrum in divinis laudibus, sintcantus assu mendi. 2. 2. q. xci, art. 2.

(3) Sans préjudice de plusieurs autres causes ; lire l'appendico qui faifc suite à c& pi'ône.

(4) IIReg. c. VI.

roissiaux, tant du matin que du soir, ne seront vraiment beaux et attrayants, que du jour où tout le peuple chantera les louanges de Dieu.

Mais il faut finir. Et pourtant, même après l'Office du soir achevé, le saint jour n'est pas à son terme; plusieurs heures vous restent. ■Qu'en ferez-vous, pieux fidèle ? Ici encore l'Église ne prescrit rien, •elle conseille seulement. Par exemple, les vêpres sont-elles suivies de la récitation du chapelet, selon le vœu si franchement exprimé, et déjà tant de fois notifié, du Souverain Pontife : TÉglise vous conseille d'y asbister. — Le pasteur a-t-il institué, ou une ■confrérie, avec réunion^ chaque dimanche, des membres qui la composent, ou un catéchisme de persévérance, ou quelqu'autre exercice religieux : mères chrétiennes, jeunes filles pieuses^ l'Église vous conseille d'y prendre part. — Vous avez dans votre voisinage, quelque pauvre, quelque malade, un de vos prochains très affligé : allez le visiter, le consoler, le réjouir, ou par de bonnes paroles que vous tirerez du bon trésor de votre cœur, ou par une aumône, abondante, s'il se peut, que vous tirerez de votre bourse. Le texte de saint .Jacques vient ici fort à propos : La religion pure et sans tache aux yeux Je Dieu notre père, consiste à venir au secours des orphelins, et des veuves qui sont dans l'affliction (1). — VouSj vous avez le goût de la solitude, ou bien vous êtes retenu au logis par l'âge, ou par quelque infirmité : procurez-vous un bon livre, à la Bibliothèque paroissiale, et lisez. — Vous, ouvrier chrétien, qui, dès le jour suivant, de grand matin, vous enfermerez pour toute la semaine dans un atelier manquant d'air et de lumière : allez, en compagnie de votre femme et de vos enfants, respirer à pleins poumons l'air pur de la campagne, ce bon air que le bon Dieu a fait, comme le disait Napoléon lui-même sur son rocher de Sainte-Hélène (2). — Vous, jeunes hommes, apprentis, commis de magasin, employés de bureau, étudiants : courez vite, vous, au patronage, vous, au Cercle, où vous attendent de francs amis, et les jeux les plus variés; car je vous le dis, ouplutùt c'est un grand docteur qui vous le crie : l'Église n'est pas l'ennemie des divertissements honnêtes, il s'en faut; c'est la débauche seule

<1) Jac. c. I, V. 27.

<2) ANATOLE DE SÉGUR. Unîvers, 2 mars 1892.

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