L. Descaves
M. Poizat n'a guère labouré que les vieilles terres de Fart classique. Il a fait une Atalante, une Electre, une Sophonishe, une Antigone. Parfois sa muse austère a bien voulu rire et rire aux éclats dans le Cyclope. Aujourd'hui, elle sourit. Et nous lui devons Circé...
C'est un aimable conte... Par la grâce malicieuse de l'idée, sinon par le tour léger du style, il évoque ceux que l'exquis Jules Lemaître inscrivit « en marge » de YOdyssée. A vrai dire, M. Poizat est un lettré trop scrupuleux pour prendre avec le biographe d'Ulysse de grandes libertés. Il modère son imagination. Il ne crée pas à proprement parler... Il s'inspire du poète antique et jamais il n'oublie la pieuse déférence cjui lui est due. S'il modifie quelques péripéties dans le célèbre épisode de Circé. c'est tout juste ce qu'il faut pour animer le récit, y ajouter une allusion satirique, le parfumer d'ironie, l'élever enfin sans heurt et par degrés jusqu'au niveau d'une indulgente et sereine philosophie.
Ad, Brisson.
(P.-N. t>7704. — P. «I-vi )