‹ Circulation Artérielle du TesticuleChapitre 10 sur 18 · CORRE ME · texte numérisé non relu

CORRE ME

L'erreur doit venir du procédé des coupes, sur lequel je me suis déjà expliqué et dont j'aurai occasion de parler encore à propos du testicule de l’homme. Le rasoir atteint toujours une branche albuginique; et toujours une quelconque (au moins) des branches terminales appliquées en g'erbe divergente sur le septum central; jamais il ne découvrira dans toute son étendue le rameau perforant oblique, étendu de l’un de ces points à l’autre. Conclusion : on décrira une artère périphérique et une artère centrale. La première sera intra-albuginique (ce qui est vrai) ; la seconde sera appliquée sur le corps d'Highmore, et « viendra d’une branche directe, profonde d'emblée, de l'artère spermatique » (ce qui est inexact). ,

En terminant ce qui a trait à l'artère spermatique du bélier, je dois avouer que j'ai tiré grand avantage de la direction relativement facile du testicule de cet animal. En effet, jamais je n'aurais songé à rechercher chez l'homme certains détails bizarres des dispositions intimes des artères, jamais surtout je n'aurais appris à me défier du procédé des coupes, qui a trompé nombre d’anato-

mistes.

Enfin, ce qui a été dit jusqu'ici, — un peu longuement peut-être, — simplifie beaucoup l'intelligence’de ce qui va suivre, et permettra d'être plus bref sur les détails similaires des vaisseaux artériels

chez les autres animaux, et même chez l’homme.

Résumé. — L’artère spermatique du bélier, après s'être enroulée en spirale dans le cordon, arrive au testicule. R En ce point, elle donne deux branches à l’épididyme. Puis, s'engageant dans l’albuginée, elle contourne le pôle inférieur, le bord antérieur de l'organe, et s'épuise finalement dans la région du pôle

supérieur.

Chemin. faisant, elle se ramifie

De ces branches partent des qui suivent les cloisons

régulièrement parallèles, flexueuses, intra-albuginiques AT

aux pl er

Artère spermatique du cheval.

Dispositions générales du testicule et de l'épididyme chez le cheval. — Le testicule du cheval est un volumineux organe, très dur et très résistant, qui atteint souvent les dimensions d’un poing d’adulte. Sa forme est très exactement celle du même organe chez l’homme, et ce n’est pas seulement le seul point d’analogie qu'il y aura lieu de relever entre l’un et l’autre. Comme chez l’homme, il est dirigé d'avant en arrière, avec une obliquité presque semblable. Sa description complète comporterait donc : deux faces, deux bords (supérieur ou épididymaire, et inférieur), et deux extrémités, l’une située en avant, l’autre reportée en arrière.

L'épididyme possède une tête renflée et non déjetée sur une face, comme chez le bélier, mais bien en place sur le pôle antérieur. Le corps et la queue n’offrent aucun détail particulier, sinon l’épaisseur de la tunique fibreuse quiles entoure.

L'albuginée du cheval est une membrane extrêmement résistante, dont l'épaisseur est bien près d'atteindre 2 millim. Les

auteurs décrivent en elle des fibres musculaires lisses. Mais, ce

qu'on voit sans microscope, à l’aide de la simple dissection, c’est

l'arrangèment suivant : deux plans très nets du tissu fibreux qui

la compose. Ramolli par la macération dans l'acide tartrique

(48 heures suffisent) ce tissu se laisse aisément décomposer en deux

couches superposées. L'une, externe, enveloppe toute la glande,

vaisseaux compris, mais ne pénètre pas dans les cloisons interlo- A. 4

OR es

baires. L'autre interne, un peu moins épaisse, se continue avec ces mêmes cloisons, et, en définitive, avec le corps d'Highmore. Entre ces deux lames existe un tissu intermédiaire, conjonctif évidemment, mais non pas fibreux, au sein duquel s’engage sans trop de difficulté le manche du scalpel. C’est dans ce tissu intermédiaire que siègent les vaisseaux. Ceux-ci en sontséparables, etj'ai utilisé cette disposition pour injecter la spermatique au cours même de ‘son trajet intra-albuginique, c'est-à-dire tout près de sa terminaison, et c’est de cette façon bien simple que j'ai pu découvrir la terminaison du vaisseau dans la tête de l’épididyme, détail qui échappe toujours sans l'emploi de cette technique.

En passant, mais j'y reviendrai plus tard, je signale l’abus de langage qui consiste à qualifier de « sinus » les vaisseaux de l'albuginée. Dans ce qu'on appelle « sinus », le vaisseau perd sa tunique propre que remplacent les éléments fibreux de la membrane enveloppante, et ne garde avec lui que son épithélium caractéristique. Or, ici pareille transformation n'existe pas, l'artère garde sa paroi propre et se trouve même quelque peu séparée des

lames fibreuses par le lit cellulaire plus haut signalé.

Technique. — Il est nécessaire d'employer à la fois, chez le cheval, deux procédés consécutifs, si on veut injecter la totalité du département spermatique. L'artère est si longue et si enroulée, les veines qui l'entourent sont si pressées, les tissus traversés sont si résistants, qu'il estimpossible d'obtenir du premier coup toutes les branches. Mieux vaut s’y prendre en deux temps. Mieux vautencore injecter l'artère dans son trajet funiculaire avecl’intention de n'obtenir que les branches intra-albuginiques initiales. Quant à sa ter-

minaison, on use d’un procédé que j'indiquerai quand nous en

a - jte

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TN

serons à ce point particulier ; mais pour cela ilest préférable d'opérer sur un second testicule, tout à fait réservé à la préparation de ces branches terminales difficiles à montrer.

Le testicule du cheval est celui que j'ai injecté le plus souvent, en raison surtout des particularités de circulation qu'il m'a été donné de relever dans l’épididyme. Une quinzaine de mes préparations montées en pièces sèches, sont déposées à Clamart, dans le cabinet du prosecteur.

Le meilleur procédé d'injection m'a paru être le suivant : L'organe lavé et décortiqué de son épaisse tunique vaginale, est abandonné deux heures dans l’eau à 40°. Cinq minutes avant l'injection la température du bain est portée très haut, vers 70° ou 80°; il n’y a à cela nul inconvénient, la coque fibreuse reste intacte et ne paraît subir aucun recroquevillement. Quant à la matière à injection, celle de blanc de baleine et de cire me paraît suflisante, à la condition d'élever la quantité de térébenthine à la moitié du total.

Rien n’est plus facile que de trouver l'artère au milieu des éléments du cordon, pourvu qu'on la cherche assez haut, un peu audessus de l’orifice du canal inguinal. Là elle n'offre plus les spi-

rales qui gênent tant quand on cherche à l'isoler plus bas.

L'artère spermatique du cheval dans son trajet funiculaire. — Le calibre du vaisseau est supérieur en ce point à la radiale de l'homme prise au poignet : il se maintient tel ou à peu près jusqu'à l’arrivée au testicule.

Comme chez le bélier, le trajet est loin d’être direct, Le vaisseau s’enroule en spirales capricieuses, tellement obliques parfois qu’elles arrivent à se placer suivant un plan presque vertical. Les

spirales s’exagèrent à la partie tout à fait inférieure, et le peloton-

-nement de l'artère bien injectée arrive à former une masse mal circulaire dont la coupe à près de trois centimètres de diamètre. Cette coupe rencontre l'artère 10 et 12 fois toujours obliquement.

Il est assez malaisé de dérouler ces spirales retenues et aecolées par des éléments fibreux et par un plexus veineux très riche et très solide lui-même. J'ai tenu à le faire au moins une fois. L'artère, mesurée de l’orifice inguinal profond à son arrivée au testicule, atteignait un mètre et demi. [l n'y a guère plus de cinquante centimètres à ajouter de ce point à l’origine de la spermatique sur l'aorte, d'autant plus que le vaisseau perd là toute flexuosité au moins prononcée. C’est donc à un total de 2 mètres

qu’on arrive pour le trajet entier.

Branches funiculaires et scrotales. — Dans son trajet au

- centre du cordon, l'artère abandonne quelques branches dont la note caractéristique est l'extrême exiguïté. Ces branches se distri-

° buent aux enveloppes, quelques-unes se perdent sur les parois du plexus veineux. Les plus inférieures descendent jusqu'à proximité

de l’épididyme, et là s'unissent aux rameaux terminaux que la

spermatique envoie se perdre dans la partie antérieure de cet

“organe. Pour voir les unes et les autres plus facilement, il est bon de tendre fortement sur une tige, avec des épingles, les tuniques

scrotales incisées de haut en bas; après un jour de dessiccation, les

rameaux injectés tranchent par leur couleur vive (bleue ou rouge)

sur le fond terne de la préparation. D'ailleurs, leur importance

n’est pas considérable; le point le plus intéressant me parait ètre

ce détail, qu’elles s'unissent assez franchement aux rameaux arté-

riels qui montent de l'épididyme.

*. satiné

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