‹ Circulation Artérielle du TesticuleChapitre 6 sur 18 · EL AGE · texte numérisé non relu

EL AGE

C'est là, je le répète, une disposition constante et facile à vérifier. Or, elle s'éloigne de ce qu’on peut trouver chez certains autres animaux. N'y aurait-il donc pas ici une explication à fournir, quelque détail anatomique commandant un semblable arrangement? Il me semble avoir trouvé cette explication dans la situation particulière de la tête de l’'épididyme chez le bélier. Cette tête n'occupe pas, comme chez nous, le pôle antérieur du testicule, elle est rejetée sur la face externe, assez loin des bords de l'organe. Elle ne se trouve donc plus sur le chemin de l'artère spermatique. TI s'ensuit que cette dernière aurait le chemin le plus bizarre à suivre, s’il lui fallait envoyer ses branches terminales dans cette tête ainsi déviée. Bien plus simple pour elle est de donner tout de suite à l’épididyme les rameaux qu'elle lui doit; elle continue ensuite sa route normale, et va se terminer où elle se termine toujours, c'est-à-dire dans la région du pôle antérieur (supérieur ici) ; mais là elle s’épuise dans le testicule et l'albuginée, non plus dans l’épididyme, puisque celui-ci est normalement dévié de la position qu’il occupe chez les autres animaux, et s’est écarté de la route ordinaire de l'artère, Telle est l'explication qui m'a paru plausible : une disposition absolument spéciale de l’épididyme explique les branches à lui

données par l'artère spermatique.

” Voilà l'artère conduite jusqu’au testicule. Au point précis où elle l’aborde, son calibre est au moins égal à celui de la radiale au poignet, et ce volume relativement considérable se maintient encore pendant quelques centimètres. Suivons-la jusqu’à sa terminaison.

Arrivée au contact de l’albuginée, elle pénètre immédiatement

dans l'épaisseur de cette membrane et se maintient constamment

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dans la zone intermédiaire aux deux couches fibreuses qui la cons. tituent. Le point de pénétration répond au pôle supérieur de la glande. Delà l'artère redescend le long du bord postérieur, non pas sous l’épididyme, mais à côté de lui et plus en dehors, c’est-à-dire sur la partie contiguë de la face externe. Avant d'atteindre le pôle inférieur, elle se dévie juste de ce qu'il faut pour venir s'engager sous la queue de l’épididyme, et finalementapparaître à l'extrémité inférieure de l’orgaue. C’estlà qu'elle va donner ses branches.

: Dans toute cette première partie deson trajet l'artèreestremar

. Quable par les quelques flexuosités à grand rayon qu’elle dessine

dans la trame albuginique. Mais elle est surtout remarquable par absence absolue de toute espèce de branche, petite ou grosse ; elle n'en donne ni par ses bords, ni par sa face contiguë à la glande. C'est seulement au point le plus déclive de l'organe qu'elle commence à se diviser

Ces divisions sont régulièrement disposées en éventail, deux ou

trois sur la face externe, deux ou trois sur la face interne. Elles

remontent toutes vers le pôle supérieur du testicule, tout de suite,

refaisant en sens inverse le chemin déjà parcouru par l’artère sur

le bord opposé. Chemin faisant, elles se bifurquent une première

fois, puis chaque branche ainsi formée se bifurque à son tour, d’une façon toujours régulière.

Ces rameaux de terminaison ont une fixité remarquable dans

leur façon d’être, et leur aspect est caractéristique du testicule du

- bélier, qu'on reconnaît presque à distance grâce à leur disposition

toujours identiques. Leurs caractères sont les suivants : 1° Tous ces rameaux se divisent en remontant vers le pôle supé-

rieur du testicule.

2° Dans ce trajet ils accentuent encore leurs flexuosités, mais A: HAS

avec une régularité telle que le parallélisme n’est jamais détruit.

3° Aucune anastomose ne les unit les uns aux autres.

& Ils s'épuisent et disparaissent à l’extrémité toute supérieure de l'organe.

Leur réunion offre un aspect des plus élégants, qui rappelle assez bien les galons enroulés surles manches des dolmans. Le bélier et le taureau sont les seuls animaux quiprésentent ces détails aussi prononcés ; ils s’atténuent beaucoup chez le cheval et bien plus encore chez l’homme, où les flexuosités ne-sont qu'ébauchées, bien que reconnaissables encore, même sur le vivant, au cours des

cures radicales d'hydrocèles.

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