PHYLOGÉNIE
Le genre T'yphlocirolana, tel que je l’ai défini, constitue
certainement un groupe naturel, qui possède encore quelques-
CIROLANIDES Fa 247
uns des caractères paléogénétiques mentionnés dans la partie générale :
1° Rudiment de l’ärticle I de la hampe des antennes II.
20 Pièces buccales également bien développées, du type carnassier libre. |
39 Suture épiméro-tergale du péréionite I visible.
4 Cinq somites libres au pléon.
59 Organe copulateur mâle simple. |
Beaucoup d’autres caractères, par contre, sont néogénétiques, par rapport aux précédents.
Sont à considérer comme caractères Do à la vie souterraine :
1° Absence de pigmentation.
2° Disparition de l’appareil optique externe.
3° Longueur des flagelles antennaires.
49 Développement des organes sensitifs tactils.
5° Allongement du corps.
Il est possible cependant que ce dernier caractère ne soit pas dû à la vie cavernicole et qu’il ait été hérité de l’ancêtre lucicole. Beaucoup de Cirolanides épigés le possèdent également. Peut-être est-ce un caractère de lignée qui s’est seulement exacerbé depuis la colonisation souterraine.
. Les caractères néogénétiques suivants ne semblent pas pouvoir être attribués à la vie souterraine ; ils devaient caracté-
riser la lignée avant la colonisation souterraine.
1° Polymorphisme des péréiopodes et organe propodial.
2° Structure des pléopodes I.
Sont à considérer comme caractères récents, acquis indépendamment après la spéciation qui a divisé la lignée.
1° Polymorphisme des uropodites.
20 Forme et structure du telson.
La paléontologie ne peut fournir aucune donnée sur l’origine de T'yphlocirolana et malheureusement la comparaison avec les Cirolanides vivants ne peut être faite d’une façon satisfaisante. De caractères très importants (organe propodial,
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organe dactylien, ete.), ne sont pas mentionnés dans les des: criptions et les autres caractères sont insuffisamment figurés ou décrits. La seule chose qu’on puisse affirmer, c’est que de tous les genres connus, c’est Cirolana et |[Conilera, qui paraissent les plus voisins. À première vue, on serait même tenté d’après la forme générale et la structure des pléopodes de rapprocher étroitement T'yphlocirolana et Conilera ; je ne pense pas cependant que ces deux genres soient étroitement apparentés; les ressemblances me paraissant dues au parallélisme.
Je chercherai plutôt parmi les Cirolanes, sinon des parents directs du moins des formes voisines de la souche. On à vu plus haut que Cirolana est un groupe complexe qu’il faudra scinder en lignées homogènes. Or, parmi ces lignées, il en est qui comprennent de petites formes benthiques, élancées, souvent aveugles, à péréiopodes ambulatoires. C’est parmi ces lignées qu’on trouvera probablement les plus proches parents de T'yphlocirolana. Cirolanides, quoique cavernicole, ne peut entrer en ligne de compte ; c’est dans une autre lignée de Cirolana qu’il faut rechercher ses affinités.
Les quatre espèces de T'yphlocirolana sont reliées par de si nombreux caractères de filiation qu’il est certain qu'ils dérivent d’une souche commune. La spéciation a-t-elle eu lieu simultanément ou successivement ? Il est prématuré de formuler une réponse nette à cette question. IL est probable que la lignée souche était déjà adaptée à la vie dans les eaux douces épigées des Baléares et du nord de l’Afrique à une époque où il existait une communication sinon franchement terrestre, du moins lagunaire, entre ces deux régions. À moins de s’adresser à des époques géologiques par trop anciennes, ce n’est que pendant le néogène moyen que semblable communication
aurait pu exister. Dès la période suivante, l'isolement de la
colonie baléarique fut complet. Les formes africaines se seraient isolées plus tard à cause du désèchement progressif du pays. Il est possible que les facteurs biologiques (Telphuses ou autres aquatiques mieux armés) soient intervenus aussi pour exter*
- miner les Typhlocirolanes épigées ; seules ont persisté les colo- # nies isolées, vivant dans les eaux souterraines.
D 7. Moraguesi semble donc avoir été isolée la première ; elle s'oppose d’ailleurs aux trois autres par beaucoup de caractères, ce qui rend très vraisemblable l'hypothèse que je formule sur son histoire. T. Buxtoni et T'. fontis sont à ce point appa- … rentées que la distinction établie sur l’organe propodial et l’isolement justifient seuls leur distinction spécifique. 7. Gurneyi quoique très voisine de ces deux formes, présente des différences — morphologiques plus importantes.
Tableau dichotomique des espèces de Typhlocirolana.
1. — Lobe masticatoire du maxillipède avec 1 crochet. — Epimères ÿ avec dépression et carènes. — Méros du péréiopode I avec 3 k'4 2. ECTS PR OR PR RS 2 l- 1. — Lobe masticatoire du maxillipède avec 2 crochets. — Epimères pe sans dépression ni carènes. — Méros du péréiopode I avec ÉE RCE ER ie ducs do lo ee soldes TRE e CO 3 M. 2. — Exopodite des uropodes lancéolé, 3 fois %, plus long que large. | — Bord postérieur du telson denté, sans tiges ciliées....., FE. LACS PRNSENEE PR NS OA T. Moraguesi Racov. 3 2. — Exopodite des uropodes styliformes, huit fois plus long que 2% large. — Bord postérieur du telson non denté, avec 12 tiges & CHHÉRS ENV OM ee be see ne Lee Dee ele de T. Gurneyi n. sp. # 3. — Grand (12 à 15 mm.). — Antennes IT atteignant le péréionite # V. — Exopodite des pléopodes ITT subtronqué. — Bord pos- { térieur du telson pourvu d’une trentaine de tiges ciliées...
nr ne à as ne an moe do vie - MES "BURIONT. IL | SD:
x : 8. — Petit (6 à 8 mm.). — Antennes II atteignant le péréionite IV. ê | — Exopodite des pléopodes III arrondis. — Bord posté- % rieur du telson pourvu d’une dizaine de tiges ciliées....... Ë Nm PP ue, SAAB Le EEE ARE AU ar DT T. fontis Gurney.