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Absence d'appareil optique externe

3. — Développement des organes sensitifs compensateurs. J’ai indiqué cependant que, pour les organes antennaires, ce développement est dû aussi à la compensation pour le raccourcissement des antennes, conséquence de l’enroulement.

ORIGINE DE L’ENROULEMENT. L’enroulement est-il hérité de l’ancêtre épigé ou est-il acquis après la colonisation souterraine ? Question importante, mais difficile à résoudre. Si l’on considère que l’enroulement en boule de Faucheria est assez parfait, et si l’on tient compte des nombreuses modifications qu’il a produit dans l’organisme de cet Isopode, on serait tenté d’attribuer cette faculté à l’ancêtre épigé immédiat, et peut-être même à un ancêtre plus éloigné. Mais la paléontologie ne nous

fournit aucune donnée, et parmi les Cirolanides actuels aucun autre ne se roule en boule, ni ne montre des tendances manifestes à cette habitude.

Il se peut donc que l’enroulement soit acquis après la colo-

nisation souterraine, sous l’influence de la lutte pour l’existence

contre le terrible compagnon d’habitat, le Niphargus. Mais dans ce cas également, les formes de transition nous manquent. Nous laisserons donc cette question sans réponse.

AFFINITÉS DE FAUCHERIA. — Après avoir fait remarquer que Faucheria ne possède plus aucun des caractères paléogénétiques énumérés dans la partie générale, je vais essayer de reconstituer la diagnose de l’ancêtre déroulé.

Petite taille. — Corps trapu. — Tête plus large que longue, plus large en avant qu’en arrière ; lame frontale grande, avec

une dépression sur la face antérieure ; clypeus à angle anté-

rieur saïllant. — Yeux petits. — Antennes courtes, les IT plus longues que les I. — Pièces buccales de Cirolanide carnassier libre typique ; lacinie mobile sans grosse dent ; lame interne des maxilles TI avec 3 tiges ciliées ; lobe masticatoire pourvu de crochets. — Péréion avec péréionite I le plus long, les suivants plus courts que les médians ; épimères monomorphes. — Péréiopodes médiocres, les I à IIT préhensiles, les autres nettement ambulatoires ;: propodos à bord inférieur garni d’épines dentées ; organe dactylien formé par quelques lanières disposées en rangée serrée transverse. — Pléonites libres, mais les premiers et le dernier réduits, à épimères faibles et cachés par les épimères des somites précédents. — Pléopodes sembla-

bles et petits; pléopodites I et IT et exopodites IIT à V chiti-

neux, endopodites LIT à V, charnus respiratoires ; sympodites plus longs que larges ? ! Pléopodes I ne formant pas d’opercule cachant les autres, un peu plus courts que les IT ; exopodite I allongé, sans sillon longitudinal ; endopodite T de même forme,

à bord interne non épaissi et relevé en forme de gouttière,

notablement plus court que l’exopodite. Exopodite IT ellip-

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tique ; endopodite II plus court que l’exopodite. Exopodites III à V, pourvus d’une articulation transversale incomplète. Pléopodites I et IT et exopodites III à V pourvus de tiges ciliées sur le bord postérieur; endopodites IIT à V, nus. Pas de branchies. — Organe copulateur s insère très en arrière de l’angle antéro-interne de l’endopodite. — Uropodes calcifiés, situés dans le même plan que le telson, à sympodite grand, pourvu d’un angle postéro-interne très allongé ; endopodite bien développé, mais l’exopodite court et étroit. — Telson très large, faiblement atténué au sommet.— Habitat littoral et sublittoral benth:que.

Cette diagnose ne s’applique bien à aucun des Cirolanides de ma collection. J’ai donc dû m'adresser aux descriptions publiées qui malheureusement toutes négligent un certain nombre de caractères très importants. Quoi qu’il en soit, le résultat de mes comparaisons est le suivant : c’est au groupe que j’ai désigné, dans la partie générale, sous le nom de Hansenolaninae, que ma diagnose hypothétique s’applique le mieux.

J’ai déjà indiqué que, très probablement, on devra réunir dans la même sous-famille : Hansenolana anisopous STEBBING (1900), Cirolana sphæromiformis HANSEN (1890) et Cirolana Hanseni BonNNIER (1896), en créant un genre nouveau pour chacune des deux Cüirolana. Cirolana sphæromiformis ne peut être réunie à Hansenolana comme le veut STEBBING (1905, p. 15), ces deux formes présentant des différences d'ordre générique aux péréiopodes, pléonites, pléopodes, etc. C. Hansen, quoique plus voisine de C. sphœromiformis présente également des caractères différentiels importants (à la tête, aux pléonites, pléopodes, etc.).

Quoi qu’il en soit, c’est de ces trois espèces que Faucheria se rapproche le plus ; plus spécialement de C. Hanseni, me semble-t-il. Je ne veux point dire que c’est parmi ces formes qu’il faut chercher l’ancêtre du cavernicole ; je crois seulement que cet ancêtre se placerait à côté des Hansenolaninæ, sinon dans cette sous-famille. Quoi qu’il en soit, je crois que ma diagnose hypothétique sera un bon guide pour ceux qui recherche-

ront les affinités, si obscures encore, de Faucheria. C’est le seul résultat à peu près certain que nous puissions obtenir actuel-

lement.

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