ARCH. DÉ ZOO. EXP. ET GÊN. — 5° SÊRIE, — T, X. — (V
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tique ; un Cirolanide très allongé comme Conilera n’arrivera jamais à se rouler en boule. L’enroulement suppose done une forme appropriée préexistante. Mais la forte courbure de tergites, la forme bombée des somites et du pléotelson est une: suite de l’enroulement.
20 Téte. Sont sans conteste dues à l’enroulement : l’aplatissement de l’épistome et les gouttières profondes qui le sillonnent pour recevoir les appendices ; l’appareil articulaire qui encastre la tête dans le péréionite I. ;
30 Antennes. Racourcissement considérable de ces organes par deux procédés :
a) Réduction du nombre des articles de la hampe des Antennes II. Non seulement, on ne trouve trace de l’article I, présent chez quelques -spèces sous forme rudimentaire, mais l’article [I n’est plus représenté que par un faible rudiment. Cette réduction se fait suivant une règle très générale chez les Isopodes : les hampes des antennes se réduisent par la région proximale. On verra que cette loi ne s’applique pas à tous les appendices.
b) Réduction du nombre des articles du flagelle aux deux. antennes.
Cette réduction est nécessaire pour que l’animal puisse faire rentrer complètement les antennes à l’intériéur de la boule, disposition de la plus haute importance, comme je l’ai montré ailleurs (1907 a). L’action de l’enroulement sur les antennes est donc antagoniste de l’adaptation à la vie cavernicole qui se manifeste toujours par un allongement de ces appendices, et elle est plus puissante. Faucheria se tire d’ailleurs d’une façon élégante de ce conflit : pour compenser la réduction des antennes, elle augmente la taille et la puissance des organes sensitifs. |
49 Péréion. Outre le bombement des tergites, déjà mentionné, deux modifications ‘importantes sont dues à l’enroulement :
a) Polymorphisme des épimères et indépendance très prononcée de chaque épimère, au point de vue de la forme et de la
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direction de son axe principal. En général, les épimères montrent des changements progressifs de forme d’avant en arrière. Chez Faucheria, il n’en est pas tout à fait ainsi, comme le montre surtout la figure 117; la nécessité de clore hermétiquement les côtés de la boule, à différencié les épimères
d’après la situation qu’elles occupent chez la bête enroulée.
b). Présence d’un appareil articulaire. Cet appareil est loin d’avoir l’efficacité et la complexité qu’il atteint chez certain Sphéromien, chez lesquels cet appareil est très ancien. Chez Faucheria, c’est une acquisition récente et comme telle peu perfectionnée.
59 Péréiopodes. Réduction de longueur pour qu’ils puissent se loger dans la boule. Cette réduction n’affecte pas le nombre des articles, mais seulement leur longueur. Les péréiopodes postérieurs paraissent les plus raccourcis ; il y a moins de différence de longueur entre les péréiopodes antérieurs et postérieurs que chez les types normaux.
6° Pléon. Fusion de tous les pléonites avec le telson. IL est probable que cette fusion est due à l’enroulement en boule,
mais il ne faudrait pas croire que ce soit une loi générale. Il
est vrai que chez les Sphéromiens elle se vérifie fort bien, mais
chez les Isopodes terrestres elle ne se réalise pas. De plus, chez
beaucoup d’Isopodes qui ne se roulent pas en boule, on constate la même fusion des pléonites avec le telson.
Les causes de la coalescence sont donc multiples, et il est nécessaire de les rechercher pour chaque lignée. Un fait cependant me semble pouvoir être généralisé, c’est l’ordre dans lequel fusionnent les divers pléonites. La coalescence du pléo-
… nite VI, due à la transformation de ses appendices en uropodes,
s'effectue d’abord et très primitivement. Ensuite, de façon indépendante chez les diverses lignées, s’effectua la fusion des cinq autres pléonites, en commençant par les antérieurs. Le pléonite I fusionna avec le IT, le I + IT avec le III, le I + IT + III avec le IV, et finalement le I + II + III + IV avec le VI + telson. En même temps, iles parties fusionnées se ré-
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duisent de plus en plus, en commençant par les épimères, et la réduction progresse également de l’avant vers l'arrière. C’est, d’après cette loi, qu’on doit identifier les pléonites rudimentaires. N’oublions cependant pas que les lois ou généralisations biologiques peuvent comporter des exceptions, qu’une étude attentive permettra presque toujours de découvrir d’ailleurs. |
70 Pléopodes. Réduction considérable des dimensions des pléopodes, qui n’occupent qu’un faible espace de la cavité sternale du pléotelson. La raison de cette réduction est toute mécanique ; c’est la nécessité de fournir une place suffisante à la tête et à ses appendices, quand l’animal est enroulé. On peut attribuer à la même cause, aidée par le bombement considérable du pléotelson, la disposition bizarre des pléopodes postérieurs et la forme que possèdent leurs sympodites. Il est plus douteux que la forme générale des pléopodites antérieurs soit due uniquement à l’enroulement.
8° Uropodes. Enorme développement et forme prismatique du sympodite, réduction des uropodites.
La forme prismatique du sympodite s’explique par la compression subie pendant l’enroulement. Les rapports de cet article avec le bord du telson sont exactement les mêmes que chez les Cirolanides qui ne s’enroulent point : le bord interne du sympodite est recouvert par le pléotelson. C’est cette partie qui fut coincée et déprimée par l’enroulement ; le reste, au contraire, bomba librement et prit part à la délimitation externe de la boule.
La transformation et l’atrophie des uropodes est aussi une conséquence de l’enroulement, comme je l’ai déjà indiqué (1910, p. 639), mais chaque lignée possède une loi spéciale à cet égard, et l’on aurait grand tort de vouloir chercher une loi générale. Je compte revenir plus tard sur ces intéressantes adaptation, effectuées de façon indépendante dans chaque lignée et à des époques diverses; pour l’instant, je me borne aux constatations suivantes. | |
A. — Quand les uropodes restent fonctionnels, ils s'adaptent simplement à la formation de la boule, sans se transformer beaucoup. Ex. : Sphæroma.
B. — Quand les uropodes sont peu ou pas fonctionnels, ils subissent des modifications considérables ou s’atrophient complètement.
Plusieurs cas peuvent se présenter :
à. — La forme souche possède des sympodites très développés. Le sympodite de la forme dérivée qui s’enroule exagère son développement et les uropodites s’atrophient. Ex. : Faucheria, Armadillo. Chez Armadillo, c’est l’exopodite qui disparaît, chose facile à constater.
Chez Faucheria, qui n’a qu’un uropodite rudimentaire, il est moins facile de résoudre le problème. Je crois cependant que chez notre Cirolanide c’est également l’exopodite qui à disparu.
Remarquons d’abord que le lobe arrondi (fig. 165) situé à l'angle postéro-interne du sympodite, que DoLLFus et VIRÉ (1905) prennent pour un endopodite, est, en réalité, l’homologue du prolongement plus ou moins prononcé qui existe chez presque tous les Cirolanides à cet endroit. L’uropodite rudimentaire se place tout contre cet angle, comme le font les endopodites.
L’uropodite de Faucheria porte des poils acoustiques, à la base et au sommet, comme les endopodites des autres Cirolanides ; les exopodites n’en portent point.
Les exopodites dans les diverses lignées de Cirolanides sont toujours plus petits que les endopodites et souvent très réduits.
Ces arguments me semblent fournir de fortes présomptions en faveur de mon interprétation.
b. — La forme souche est pourvue de petits sympodites.
Les uropodites comme le sympodite peuvent contribuer à la formation de la boule: Ex. Armadillidium.
Le sympodite se réduit de plus en plus et un des uropodites
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reste seul fonctionnel et se développe. Ex. : Cilicæa (exopodite plus développé). |
L’uropodite développé évolue pendant que le sympodite s’atrophie et que l’autre uropodite a disparu. Ex. : Monolistra, Anoplocopea, Campecopea (disparition de l’endopodite).
L’uropodite unique perd sa fonction et s’atrophie, il ne reste plus trace du sympodite. Ex. : Cæcosphæroma Virei.
L’uropode a disparu en entier. Ex. : Cœcosphæroma burgundum.
On voit donc que chez les Isopodes enroulables l’uropode peut être conservé en entier ou disparaître entièrement ; qu'il s’atrophie, soit par le sommet, soit par la base, qu'il perd tantôt l’exopodite, tantôt l’endopodite. Aucune loi générale ne peut donc se formuler.
Pléotelson. Bombement considérable et spin du bord postérieur au contour de la tête.
B. CARACTÈRES DUS A LA VIE SOUTERRAINE. Ces caractères sont faciles à énumérer :
1. Absence de coloration. Cela démontre que si la souche était colorée, cette coloration était due uniquement à des pigments photogéniques.