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Rarement une Chambre nouvelle s'est trouvée en face de problèmes aussi graves que la Chambre sortie des élections d'avril-mai 1910.

Après une courte session presque exclusivement ^ consacrée à l'étude du terrain politique sur lequel ^ elle aurait à évoluer, cette nouvelle Chambre va se ^ réunir de nouveau, et elle devra prendre position ^ sur le terrain social; elle aura à étudier presque toutes les bases du gouvernement : finances, administration, justice, mode de suffrage, et l'on se demande si une législature peut suffire à cette tâche.

La préccdenlc Chambre a cru en finir avec la loi des retraites ouvrières et paysannes; et la loi faite, votée en vue des dernières élections, est entièrement à refaire si Ton veut sincèrement arriver au but.

Tout est à faire ou à refaire, car nous n'avons point d'organisation sociale. Nous vivons dans les ruines du passé, en pleine incohérence. Les scandales qui éclatent nous montrent assez les plaies d'un corps social en pleine décomposition.

Mais il faut voir plus haut et plus loin qu'une Chambre qui arrive et qui passe. Il faut considérer ce mouvement invincible qui entraîne l'humanité vers la solution des problèmes sociaux, et il faut comprendre que, d'une façon ou de l'autre, cette solution ne peut plus être retardée par des détours et des amusements.

Depuis plus d'un siècle on ne discute en France que des questions politiques et, avant tout, la forme du gouvernement, chacun attribuant une vertu souveraine à celle qu'il préfère. Et pourtant que de changements de décors pour une pièce qui est toujours la même, car c'est toujours le pouvoir absolu, ou d'un homme, ou d'une classe sociale, ou d'un

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