DB LÀ TRIBU SIMPLE, OU ASSOCIATION DES MÉNAGES
Ceux qui ont tardé plusieurs mille ans à faire des découvertes aussi faciles que l’étrier et la soupente [de voiture], ne doivent pas s’étonner d’ignorer encore des vérités fondamentales en politique socia’e. La première est que le ménage conjugal ou individuel n’est pas fait pour le peuple. C’est un plaisir de gens riches, comme celui de rouler carrosse, mais le peuple est fait pour se passer de carrosse et de ménage, il doit aller à pied et vivre en pension, les gens mariés comme les non mariés. Le peuple est ruiné, malheureux, condamné aux privations perpétuelles, s’il est obligé de tenir ménage.
On a déjà vu dans le traité des périodes 7, Sérisophie, ou Tribus composées, et 6 1 ou tribu mixte , quelle immensité d’économies et d’agréments procure au peuple la réunion en grandes sociétés d’environ 6 et 400 personnes ; mais dans la période Sérisophie , il existe association d’industrie générale ou presque générale. Ici , au contraire , nous avons à spéculer sur des familles qui ne sont point associées d’industrie générale; nous ne voulons que les associer de ménage, par tribus peu nombreuses et qui seront d’ordre simple, puisqu’elles ne seront sociétés que de ménage et non d’industrie ; elles devront être d’environ moitié numérique de celles d’ordre mixte, 7e période, soit 144 à 160 personnes par chaque Tribu simple.
Les lieux les moins cultivés peuvent comporter des réunions de 1 50 personnes, environ 30 familles. Il n’est guères de hameaux qui ne s’élèvent à ce nombre; au reste, les exceptions n’infirment pas la règle, et quand même un petit nombre de montagnards serait obligé de rester en familles isolées, il n’en serait pas moins certain qu’une réunion domestique de 1 50 villageois peut se former à peu près dans tous pays cultivés, et à plus forte raison parmi le peuple des villes.
Répétons que c’est ici une spéculation pour le peuplât non pour les gens riches. La théorie du Garantisme n’a pas besoin de garantir aux riches ce qu’ils ont déjà, le bien-être domestique dans un ménage opulent; mais le peuple et la bourgeoisie même , dans ses mesquins ménages, sont fort loin du bien-être domestique , et l’on peut assurer que si les tribus simples étaient organisées , aucune famille de 5 à 6 individus ne voudrait rester en ménage isolé, à moins de 6000 fr. de rente ; or , quel est le nombre des familles rentées à 6000 fr. ? à peine une sur cent. C’est donc à la totalité de la Civilisation que s’adapterait la Tribu simple, car elle conviendrait aux 99^1 00 qu’on peut bien compter pour
le tout; d’ailleurs le Garantisme assure aux riches une foule de biens qui, sans rien changer à leurs habitudes de ménage, leur vaut de nombreux avantages vainement désirés en Civilisation; tels sont entre autres : la cessation des révolutions et excès de population, la perception facile des impôts, l’extrême diminution des guerres, la circulation directe, etc.
Il est surprenant que nos Économistes, soi-disant politiques, n’aient pas encore découvert en Économie une vérité connue de tous les soldats. C’est qu’il faut, lorsqu’on est pauvre, se réunir pour épargner les frais de ménage et améliorer sa misérable chère. Si les soldats , au lieu de faire la soupe de chambrée, faisaient chacun la leur , comment parviendraient-ils , avec leur chétive paie , à manger quelque chose de passable? Pour y réussir, ils font société de cuisine, se concertent pour l’achat des légumes ; le caporal va au marché , assisté d’un soldat pour prévenir les grivelages. Ainsi la compagnie est fournisseur d’elle-même, sans passer par les mains d’un intermédiaire qui la grugerait en achats, ni d’un cuisinier salarié.
Tel est le modèle que doit suivre la Tribu simple , quoique dans un cadre plus vaste. Les gens du peuple réunis en masse d’environ 1 50, doivent s’associer pour le ménage seulement (je ne dis pas pour l’industrie); ils doivent observer les 2 règles suivies par les soldats : être four nisseurs et cuisiniers pour eux-mêmes et ainsi des autres *bncti:ns de ménage, blanchissage , raccommodage , etc. J’ai cité la cuisine comme la principale et la plus adaptée aux spéculations de réunion économique.
Un grand fléau pour le peuple et la bourgeoisie, c’est la rareté des ménagères ; on épouse une femme pour tenir le ménage, mais sera-t-elle apte à ce genre de service ? J’ai démontré qu’il se montre à peine une ménagère sur 5 à 6 femmes, et que, par un effet qui nous paraît vicieux et qui est une disposition de haute sagesse, la femme qui est ménagère par caractère est en état dje conduire, de régir 6 ménages et non pas 1.
Ainsi, sur une masse de 30 familles, on trouvera communément 5 à 6 ménagères. C’est tout ce qu’il en faut pour une tribu de 150 personnes; 6 femmes intelligentes la régiront d’autant mieux, quelles se partageront les fonctions ; les unes dirigeront la cuisine, les autres la lingerie, et ainsi des autres emplois, et un résultat de cette gestion combinée sera de rendre ménagères la plupart de celles qui ne le sont pas. En Civilisation, en effet, telle femme opérerait assez bien dans les emplois secondaires et spéciaux, mais si vous lui donnez le tout à gérer, s’il faut qu’elle surveille à la fois cuisine, lingerie, blanchissage, cave, etc. , sa tête n’y suffit pas, elle se rebute et prend en aversion la branche même qui lui aurait plu isolément. Cette femme sera à sa place
dans la Tribu simple où elle ne s’occupera que de la portion du ménage qui lui plaît, et qu’elle exercera en 2e, 3e rang, selon ses moyens connus. D’ailleurs la combinaison des travaux domestiques n’exigera guère que le tiers des femmes qu’emploie l’incohérence actuelle.
30 familles sont nécessaires dans cette réunion ; elle échouerait complètement à 1 0 ou 1 2 familles. Ce nombre ne se prêterait ni aux distrit butions matérielles ni aux distributions passionnelles qui exigent variété et classement progressif. 1 50 personnes des 2 sexes et de tout âge, c’est le moindre nombre que puisse comporter le classement dont nous devons ici nous occuper. Cette entreprise est infiniment facile en Civilisation. Dans les villages comme dans les villes, tout homme tant soit peu riche peut devenir sur ce point un messie social et changer la face du monde policé par la facile entreprise d’une tribu simple.
Examinons- la d’abord dans les détails de la subsistance, qui est l’objet le plus intéressant pour le peuple, et ne perdons pas de vue qu’il faut joindre l’agréable à l’utile, puisque la destinée de l’homme est composée, et que la philosophie échoue depuis 3000 ans pour avoir voulu spéculer en simple, établir l’utile sans l’agréable. Remplissons e? conditions quant à la subsistance, et observons que des gens pauvres ou même gens de fortune bornée ne peuvent, en fait de subsistance. reunir l’utile à l’agréable que dans le cas d’une nombreuse association.
J' ai vécu longtemps dans les pensions. Souvent parmi les invités se trouvaient des étrangers, des gens tenant bon ménage dans leur petite vihe, et qui envoyant notre ordinaire s’écriaient avec étonnement : — Est-ce que vous êtes servis tous les jours de cette manière ?
— uui, ouiours. — Mais vous payez donc bien cher? — 2 francs par jour oour dîner et souper. — Vous voulez dire 2 francs à chaque repas ?
— ÎNon, z francs les 2 repas. — Oh ! cela n’est pas possible ; votre maître ue oension serait bientôt ruiné. — Il s’y ruine si peu qu’il y gagne sa vip — Mais c'est inconcevable ! on vous prodigue volailles fines, pâtisseries, lardinages délicats, desserts somptueux, le vin à discrétion. Peste si nous voulions faire une chère pareille dans nos ménages7 nos revenus n’y brilleraient pas. — Là-dessus on faisait comprendre à ces étrangers qu’un homme travaillant pour servir 25 à 30 personnes en 2 tables a des moyens que n’a pas un petit ménage : premier principe que les économistes et moralistes ne savent pas mettre en pratique pour le peuple civilisé.
Passons à l’agréable. D’autres étrangers nous disaient : — Mais vous êtes bien gais, vous riez comme des bienheureux. On apprend avec vous toutes sortes de nouvelles ; chacun apporte la sienne, l’un sur le commerce, l’autre sur les spectacles, tel sur les femmes, tel sur la poli-
tique. On apprend un peu de tout à vos dîners, on y rit, on y mène une bonne vie. — Assez bonne. Eh ! cela n’est donc pas si gai dans votre ménage? — Ah bon Dieu ! ne m’en parlez pas — Cependant vous avez une femme aimable. — Oui, oui, tout ça est beau le premier mois. Tenez, j’aime bien ma femme; je n’en voudrais pas avoir d’autre , mais si ça était à refaire.... Ah! ne vous mariez pas. — Ça n’est donc pas gai comme chez nous? — Bah ! de la gaîté dans nos petits ménages ! C’est l’enfant qui piaille, c’est la ménagère qui gronde. C’est le diable! On est triste à table comme des hibous ; il faudrait avoir tous les jours des amis , mais la dépense! Ah ! nous ne faisons pas une chère comme vous. Au reste voici la belle saison, j’enverrai la femme et les enfants à la campagne, et sitôt qu’ils seront partis, je viendrai un peu rire avec vous.
La conclusion est que la gaîté à table n’habite pas dans les ménages pauvres; elle peut bien régner chez les Mondors, qui ont des ménages somptueux, mais nullement chez le bourgeois, et encore moins chez le peuple. Elle ne s’établit à table que dans les réunions amicales, artistement variées, car il y a des règles pour la composition des compagnies, et souvent telle réunion, fort gaie une année, devient morne une autre année par vice d’assortiment des caractères.
Sur ce 2e point comme sur le premier, une tribu simple de 150 personnes pourvoit à l’utile et l’agréable ; jugeons~en par le détail du régime alimentaire d’une Tribu simple; et comme il faut envisager l’ensemble de ses fonctions , je vais donner du tout une description complète.
La maison est disposée de manière que les 30 ménages peuvent se rendre à couvert aux salles du repas. Je les suppose composées d’ouvriers qui en moyenne ne peuvent dépenser que 1 fr. par jour en nourriture, soit 150 fr. par jour, environ 5,500 fr. par an. Admettons que le fonds capital soit garanti, et on verra plus loin quels en seront les moyens, et je maintiens qu’avec la modique somme de 1 fr. par jour, ils auront la chère des bons ménages de la ville, et la gaîté dont dont on ne trouve pas l’ombre dans les ménages.
On voit déjà parmi nous un germe de combinaison sur la préparation des aliments, par la boulangerie et la brasserie. Un seul boulanger prépare pour 100 et 200 ménages, un brasseur pour 1000. Pourquoi les ménages n’ont-ils pas de même un seul traiteur? C’est que les fraudes commerciales ont un champ moins vaste en boulangerie, le commerce et la chimie n’ayant pas encore inventé un moyen de substituer à la farine quelque drogue malfaisante. On peut maintenir sur ce point l’industrie combinée qui tombe partout où s’introduit la fourberie, mais il est aisé de prévoir que les villes de construction harmonique présenteraient contre la fourberie des traiteurs une garantie suffisante , et
quils en viendraient bien vite à préparer pour 3 ou 400 ménages à la fois. Supposons 3 de ces grandes maisons contenant chacune 100 ménages, et où les propriéta:res n’auront admis que des familles assez industrieuses ou assez aisées pour mériter crédit d’un mois sur la subsistance. Ces 3 maisons contiguës pourront se ménager une communication couverte, et la maison centrale fera la cuisine pour les 3, en la disposant pour 3 classes d’inégale fortune. On a vu ailleurs de quelle excellente chère et de quelle économie jouirait une telle réunion; elle ferait révolution à l’instant, et la vie de ménage tomberait à plat, excepté chez les gens riches : encore préféreraient-ils généralement se faire servir par la cuisine unitaire, comme ils se font servir par le boulanger. Il est entendu que les 300 familles ne se mettraient pas comme nos bourgeois à la discrétion d’un traiteur qui, selon son caprice , frelate les vins , détériore les mets, achète de basses qualités, etc. On aurait aux cuisines un comité de surveillants tirés des 300 familles, et les plus riches feraient un fond pour l’approvisionnement direct, et pour se mettre à l’abri des astuces mercantiles.
Dès ce moment, la révolution de vie domestique serait consommée, et la vie de ménage abandonnée : cette combinaison fondamentale donnerait bien vite naissance à toutes les autres. Malheureusement ceux qui spéculent sur des réunions, comme la société coopérative de Londres, comptent pour rien Ja cuisine et lec 2 combinaisons qu’elle peut former, l’une matérielle, par la bonne chère et les facilités de la préparation en 4 classes; l’autre spirituelle, par la variété des réunions qu’on peut, dans une masse de 300 familles, assortir et varier au gré de tous les goûts. C’est donc sur la cuisine combinée qu’il faut spéculer avant tout pour atteindre au double charme qui est le \œu de tous les humains, et il est certain qu’on serait arrivé promptement à ce but, dans une ville construite selon les règles d’architecture unitaire ou harmonique, dont nos architectes n’ont eu aucune idée, et dont nos philosophes s’éloignent de plus en plus par leur théorie de fausse liberté, consacrant le morcellement des ménages, le mauvais goût, les caprices individuels, sacrifiant le beau à de folles illusions sur le bon, opposés aux garanties de jouissances collectives. On a cru sur leur parole que le sentierde la vertu était dans la mauvaise cuisine, les sales habitations et les fourberies mercantiles. On peut juger maintenant quel crédit méritent ces visions qui prétendent faire régner le bon aux dépens du beau et protéger la fourberie sous prétexte de liberté individuelle, et qui repousse tout principe sur la solidarité des individus pour les jouissances de la masse, la solidarité des masses pour contribuer aux plaisirs et subvenir aux besoins de l’individu. En Civilisation, loin que la masse concoure aux plaisirs de l’individu, elle ne veut pas même coopérer
pour satisfaire ses besoins, et l’on ose, dans un pareil état social, parler de garantie , de perfectionnement social !
Une des erreurs de la politique civilisée est de compter pour rien le plaisir, ignorer qu’il doit entrer pour moitié dans toute spéculation sur le bonheur social. C’est la morale qui fausse ainsi les esprits sur ce point, et qui les engage dans cette politique simple, spéculant sur l’utile sans y joindre l’agréable. Qu’en résulte- t-il ? Qu’elle ne peut pas procurer l’utile aux sociétés humaines, le nécessaire et le travail au peuple.
On croit raisonner sagement en disant : il n’est pas bien d’habituer le peuple aux plaisirs, il faudrait seulement pouvoir lui assurer le nécessaire. Yous n’y réussirez jamais sans lui procurer en même temps le plaisir. Dieu a fait de l’homme un être composé, et non pas simple. Sa destinée collective, le destin des sociétés humaines, est composé et non pas simple. Elles doivent tendre au bon et au beau réunis, ne jamais séparer dans leurs vues l’agréable de l’utile, sinon elles n’arriveront ni à l’un ni à l’autre, et tomberont, comme le peuple anglais, dans l’extrême pauvreté à force d’industrie. Qu’on ne cite pas quelques exceptions de colonies naissantes, où la rareté de bras et l’abondance des terres procurent au peuple une aisance momentanée, elle cessera bien vite par l’accroissement de population. D’ailleurs, ces petites exceptions confirment la règle que les sociétés doivent tendre au beau et au bon à la fois, et ne peuvent pas arriver à l’un des deux isolément. La morale qui nous prêche le contraire, qui veut qu’on n’envisage que le bon, que futile, sans tendre au beau et au plaisir, est la plus trompeuse des sciences, le véritable ennemi de l’homme, car c’est elle qui lui a faussé le génie en politique sociale, et qui le jette dans l’anarchie simple, le détourne des vues de progrès composés, tendance au beau et au bon réunis.
J’ai dù établir cette thèse par un exemple très-matériel et très-sensuel, tiré des plaisirs de la vue, du tact et du goût, dont la voie se trouve dans l’architecture unitaire. Je pourrais établir même démonstration sur les autres sens, et prouver que si on spéculait sur l’ouïe, un moyen de donner l’oreille musicale à la nation la plus fausse d’oreille, aux Français, on n’y parviendrait que par des méthodes et dispositions qui seraient en même temps voie de progrès social et d’acheminement à d’autres garanties que celle de l’ouïe. C’est donc une grande erreur de prétendre que les sens sont des guides trompeurs, comme l’enseigne la morale; ils sont au contraire des guides très-sûrs en progrès social, pourvu qu’on spécule sur le produit des sens en mode composé, col* lectif et intégral , en application à la masse du peuple entier, et non pas à quelques riches , selon les procédés de nos sciences économi-
ques, dont les fruits ne s’étendent qu’aux classes riche ou moyenne.
Appuyons la thèse d’un exemple tiré du sens le plus impérieux, qui est celui du goût ; examinons les résultats du développement de ce sens en mode composé, collectif et intégral, et en mode simple, individuel et incomplet.
Le goût de la bonne chère n’entraîne les individus qu’à des dépenses ruineuses, des excès préjudiciables ; mais ce goût de bonne chère devient une voie de haute harmonie sociale, s’il est appliqué à la plus grande réunion domestique, 3 à 400 familles. Il devient alors voie d’économie et de concorde par le charme de variété des compagnies, assortiment des caractères et des intrigues, auxquelles se joint le plaisir sensuel. Dans ce cas, l’exercice du sens du goût devient :
Composé, allié à un plaisir spirituel, celui des compagnies intriguées et variées ;
Collectif, étendu à la masse entière par les 3 degrés de chères culinaires ;
Intégral, embrassant toutes les branches et relations qui tiennent au régime des subsistances.
Ainsi la nature, ou Attraction, soit en plaisirs sensuels, soit en plaisirs spirituels, est toujours un guide sûr, pourvu que l’homme sache l’employer selon le mode voulu par Dieu, qui est l’application aux masses les plus nombreuses possible. Je viens d’appliquer cette règle à un plaisir sensuel, qui paraît le plus étranger à la politique sociale. C’est l’architecture combinée, jouissance pour la vue et le tact; on a vu quelle conduit très-directement à la branche la plus importante d’association, celle du régime unitaire des subsistances en préparation et consommation.
Là finissent les diatribes de la morale contre les sens, dont on peut dire, comme des autres branches d’attraction : Dieu fit bien tout ce qu’il fit, et il n’y a de vicieux, dans nos passions, que la fausse direction donnée par le mécanisme civilisé, qui les développe, — en essor sim pie et non composé , — en essor individuel et non collectif, — en essor partiel et non intégral.
C’est de l’accomplissement de ces 3 conditions que dépend l’accord du beau et du bon emploi des sens.