‹ Civilité du premier âgeChapitre 8 sur 11 · SIXIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

SIXIÈME SOIRÉE

Du respect pour les vieillards et pour les personnes élepe'es en di'a gnité.

Mme dE SAINTE- IVC IE,

Les enfans ne sauroient avoir trop cle respect pour les vieillards : il faut les saluer poliment; se lever devant eux; leur donner le haut du pavé; leur montrer beaucoup d'égard et de complaisance; leur rendre service autant qu'il est possible ; supporter patiemment et avec douceur les défauts de leur âge, leurs infirmités; ne pas paroître s'en apercevoir; surtout ne point en faire un sujet de pîaisan-

terie, même en leur absence. On doit toujours avoir dans l'esprit que l'on arrivera à cet âge redoutable 5 que son père et sa mère n'en sont pas éloignés, et qu'on ne vou* droit , ni pour eux , ni pour soi , des mépris d'une insolente jeunesse.

On doit éviter de regarder fixement les personnes raisonnables, et se bien garder de rire en leur parlant, car c'est une preuve de bêtise ou une impertinence, surtout si ce sont des vieillards : dans ce cas, c'est une preuve de mauvais cœur.

La vieillesse est par elle-même une chose vénérable. L'enfant qui agit lestement et sans respect avec un vieillard, prouve qu'il manque de religion et d'humanité : on augure mal de lui pour l'avenir ; il

doit craindre d'être traité sur ses vieux jours comme il a traité les autres.

Celui qui se moque en lace des gens avancés en âge , est déjà méchant : il faut le fuir !

J'ai vu à la campagne, la semaine dernière, un tableau charmant de la piété de deux petits de votre âge, Paul et Nelsie : un vieillard, leur grand-père sans doute , s'avancoit tout courbé et avec peine , en s'appuyant d'une main sur son bâton et de l'autre sur l'épaule d'un enfant, qui me parut beau comme un ange , tant il y avoit de douceur sur son aimable figure : onlevoyoit si occupé de ce bon papa ! Il écoutoit avec tant d'attention les paroles du vieillard ! J'en étois enchantée !.... Au même moment, je

vis accourir une jolie petite fille ,

tenant d'une main un tabouret et de l'autre une cruche : elle fit asseoir le bon papa à l'ombre, lui fit boire du lait chaud, et s'assit ellemême à ses pieds avec son frère. Je quittai à regret c,e groupe intéressant ; et , les yeux remplis de larmes, j'appelai sur leurs têtes toutes les bénédictions du ciel !

La politesse est, en général , tout à l'avantage de celui qui en fait usage. Peu importe à un enfant qu'il s'adresse â quelqu'un qui ne l'entende pas , ou qui n'y réponde pas, il n'en passera pas moins pour être bien élevé.

C'est pourquoi, plus un jeune enfant témoignera d'égard et de respect aux personnes en place et â celles qui ont du mérite , plus on pensera avantageusement de son esprit.

Mes chers amis , honorez chacun selon son rang; pour cela , prenez exemple sur ceux qui ont l'usage du monde et de la politesse.

Si une personne au-dessus de vous vient dans le lieu où vous êtes, levez-vous, et restez debout jusqu'à ce qu'on vous ait permis de vous asseoir. Si l'on vous adresse la parole, saluez d'abord, puis répondez poliment et d'un air sérieux et modeste.

Respectez les ecclésiastiques et les personnes élevées en dignité; écoutez -les en silence, sans pirouetter sur vos talons, ni tourner la tête à droite et à gauche : un air décent et poli donnera bonne idée .de votre cœur et de votre éducation.

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