‹ Civilité du premier âgeChapitre 7 sur 11 · CINQUIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME SOIRÉE

X)£<9 Devoirs envers le prochain, les père et mère , maîtres et mai* tresses.

Mme DE S AÏNTE-LtrCïE.

Vo us savez, mes enfans, que toute la conduite de Ja vie est renfermée dans ces deux maximes :

I « Ne faites point à autrui ce que vous ne voudriez pas qui vous fût fait. » ,.

« Faites à autrui ce que vous voudriez qui vous fût fait. »

| C'est Dieu qui nous ordonne d'aimer notre prochain comme nousmêmes 5 comment oserions- nous

manquer à nos devoirs envers nos frères

On doit donc être charitable ; c'est-à-dire indulgent pour les fautes de son prochain, et toujours prêt à venir à son secours.

On entend par le prochain tous les hommes en général , les supérieurs , les égaux et les inférieurs.

Mous sommes tous égaux aux yeux de Dieu ; c'est pourquoi , pour lui plaire , il faut aimer et secourir son semblable , sans distinction de rang , et surtout sans intérêt.

Vos supérieurs, mes en fans , ce sont vos père et mère , vos maîtres et maîtresses, et ceux que le rang, l'âge ou le mérite mettent au-dessus de vous.

Vous devez aux grands du respect; à vos maîtres, respect, soumission j reconnoissance et atta-

chement; à vos père et mère, respect, soumission, reconnoissance, attachement et dévouement.

Comment n'aimeriez - vous pas vos père et mère qui ont soigné votre enfance;, qui vous veulent tant de bien ; qui travaillent pour vous; qui vous ménagent un avenir heureux , et vous sacrifieroient leur vie s'il en étoit besoin!.,.

En respectant ceux de qui vous tenez le jour, vous donnez bonne opinion de votre cœur, de votre esprit et de vos principes; vous vous honorez vous-mêmes. Rendez-leur donc toute sorte d'hommages : parlez-leur d'un air soumis, et toujours debout; ne les tutoyez point:

ce nouvel usage, établi par la tendresse maternelle, nuit au respect des en 1 ans. Ne passez jamais devant eux sans les saluer; et surtout ne

parlez jamais de leurs défauts !

Montrez-leur votre soumission par une prompte obéissance, en faisant de bon cœur et avec joie ce qu'ils vous commandent; ne murmurez jamais; gardez-vous de leur résister , vous seriez bien coupables ; car vous agiriez directement contre vos propres intérêts, et vous affligeriez ceux que vous devez chérir.

Si vos père et mère sont malades, soignez-les, selon votre âge et vos moyens : en pareil cas, les petits enfans remplissent leurs devoirs en s'abstenant de faire du bruit, et les grands par des soins assidus.

Dans ma dernière maladie , Nelsie m'a donné mille preuves de sa tendresse pour moi , et elle n'avoit pas six ans 1 Ma garde, fatiguée de passer les nuits , s'endormoit le

jour; Nelsz'e, prévoyante, attentive, veilloit pour elle : sa conduite dans cette circonstance est audessus de tout éloge ! (Nelsie baise la main de sa maman. )

Vous savez , mes chers petits amis , qu'il est de la plus mauvaise éducation de répondre à son papa , à sa maman ou à ses maîtres avec impolitesse et brusquerie : quand on a tort, il faut se taire et se corriger; si l'on croit avoir raison, on doit s'excuser avec douceur , puis garder un silence respectueux. Les pârens tiennent sur la terre la place de Dieu, à l'égard des enfans; ceuxci doivent se souvenir du commandement de Dieu : Honorez votre père et votre mère, etc. C'est ainsi que je terminerai cet entretien. Ayant dit ces mots , cette

bonne mère donna un baiser à ses enfans, et les envoya jouer.

En s'en allant, Nelsze dit à Charles : Crois-tu , mon frère, que maman m'ait entendue ce malin , lorsque j'ai répondu si mal à ma maîtresse de musique ?J'en ai peur I cela ne m'arrivera plus.

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