‹ Claire d'AlbeChapitre 17 sur 40 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

CLAIRE , à part.

d'at.be 5 obsen>ant Claire.

Air : T'en souviens-tu?

Elle paraît inquiète et pensive.

CLAIRE , à part.

Alfred ! grand dieu ! que peut-il lui vouloir ?

d'aIjBE , s' approchant.

Auprès de moi , d'oi!i vient qu'elle est craint'v<^'?

CLAIRE , à part.

Est-ce un soupçon qu'il a pu concevoir?...

d'albe , avec tendresse. Ma chère, allons, quel trouble vous agite ?... Pardonnez-moi , j'avais tort, j'en convien...

CLAIRE , à part.

C'est sou pardon . hélas ! qu'il sollicite , Quand je voudrais lui demander le mien !

( Pendant ces deux vers , d' Albe s'assied près du guéridon. )

d'albe.

Eh bien ! Claire , vous ne vous mettez pas à tal)le? Vous ne venez pas , comme autrefois préparer le thé ? , . . Est-ce que vous avez oublié toutes ces habitudes de ménage qui m'étaient si douces ? Ah ! ne cherchez pas à me faire sentir qu'elles ont été trop long-temps interrompues. . . je les ai si souvent regrettées ! . . . et toi ?

claire, s'asséyant.

Moi , Monsieur ?

d'albe.

Monsieur !... encore?. . . ce n'est pas bien.

CLAIRE

Pardon. . . mon ami.

d'albï.

A la bonne heure ! Mou dieu ! que je suis bien là , en face de vous! Que de fois, dans l'absence, j''ai pensé au moment où nous nous retrouverions ainsi !... Et jamais sans que les larmes m'en vinssent aux yeux d'espérance et de joie. On n'est bien, on n'exisLe que dans son ménage.

CLAIRE

Oui, vous avez raison.

d'albe.

De quel air tu me dis cela. . . Tiens, c'est un bonheur que tu ne sens pas comme moi.

Mais je vons assure. . .

d'albe.

Je t'assure que non; et je sais bien pourquoi. . . Oh! je ne suis pas injuste... je conviens qu'une femme de ton âge ne peut attacher la même importance à ces plaisirs . un peu monotones , qu'on goûte chez soi. ( // lui prend la main; elle la retire vivement; il se rapproche en souriant. ) Oh! vous n'en méritez pas moins ma confiance, et je vais vous en donner la plus grande preuve.

CLAIRE

A moi?

d'albe.

Je vous l'avoue, ce que j'ai résolu aujourd'liui , il y a huit mois , je ne l'aurais pas osé. . . Je me disais : son cœur est bon, toutes ses pensées sont pures; mais cette imagination , si calme dans l'indifférence , un rien suffirait pour l'exalter. Que de dangers , si elle ne trouvait pas toujours près d'elle un guide , un protecteur , un appui ! . . .

CLAIRE

Vous disiez cela ?

d'albe.

Sans doute !

CLAIRE

Et vous avez pu me quitter ainsi , me laisser seule ?, . .

d'albe.

Des reproches?... Eh bien! je ne les nȎrite pas. . .

Une soeur mouranlc m'appelait près d'elle... Pouvais-je me dispenser de partir?

CLAIRE 5 ^'e L-t^a/il.

11 exilait m'emjuener.

. , f, ,. D ALBE , se Ifuanl.

Pourquoi? A présent , au contraire, je suis tente <le me féliciter d'une année d'épreuves , qui m'apprend à te mieux connaître. La retraite où ta vivais, l'ordre que je retrouve dans mes affaires. . . Je croyais n'avoir qu'une femme aimable et jolie , et je vois que j'ai encore une mailresse de maison, simple , active , économe , une excellente mère de famille enfin. Ma pauvre nièce, ma petite Jeuuj , c'est à toi que je la confie. . . elle n'a plus de mère. . . je ne suis qu'un soldat î ce n'est pas moi qui l'éleverai. . .

ylir de la Sefiti/tell'..

A cet entant ouvre aujourd'hui t^s braa. Qu'elle retrouve eu toi sa pauvre uiére.

C'est un dépôt qu'au iiiond*? tu jenciras. . Sois son appui , sou guide tulélaiie !

Ce mondt; e.-»t plein de pièces iuiprévua , ' Qui me tesaiout trembler pour çlle;

Grâce à toi , je ne les crains plus...

Oui , le digne prix des vertus.

C'est d'en être un jour le modèle.

UN DOMESTIQUE, ahuoncaiU par le fond.

Monsieur Alfred de Surgy.

( M. d'Albe va à sa rencontre; Clair va s'asstfoir à gan^lit.)

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