‹ Claire d'AlbeChapitre 18 sur 40 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

ALFRED , à ?.I. cF/U/ie.

Vous m'avez fuit demander , Monsieur; je me rends à vos ordres. . , {A Claire. ) Madame. . . ( // la salue. — Claire est assise de manière à lui tourner

ledos i elle incline légèrement la tête, et prend sa broderie

sans le regarder. )

d'albe.

Pardon, mon cher Surgy, Je vous avoir déranj^é. Que voulez-vous? c'est le privilège de mon âge.

ALFRED

Comment donc , Monsieur , c'est un honneur. . .

d'albe.

Hein?. . . Un plaisir, à la bonne heure.

ALFRED

Monsieur.. ,

d'albe.

Monsieur I Monsieur î... Allez-vous aussi prendre avec moi ce ton froid et cérémonieux que je reprochais à ma femme.

claire , s'efjorçant de sourire.

A moi?

d'albe.

En vérité, vous me feriez croire que je n'ni plus d'amis , et que mon absence. . .

ALFRED , vivement , d'un air enjoué.

Comment (îonc ? Je suis toujours le même , je vous assure^ et je serais désolé de vous donner des idées. . . d'albe.

Eh bien ! c'est cela. . . je vous retrouve. N'ai-je plus les mêmes titres à votre confiance? esl-ce que vous n'avez plus cette gaieté que nous aimions eu vous?

ALFRED , de même.

Si ait , si fait. .. je suis très-gai. ( A part. ) Ah ! quel supplice !

d'albe.

Ohl je sais que vous êtes toujours un peu étourdi , un peu léger, mais non pas en amitié.,. Vous gardez cela pour vos amours.

ALFRED, auec inquiétude.

Mais. . . je ne comprends pas. . .

d'albe , souriant.

Parbleu! vous allez faire croire à votre constance. . . Oh î quand vous prendrez votre air inquiet. . . ALFRED, ajjectont une grande gaieté.

Moi! pas du tout, je tous assure. . . je vois que vous voulez plaisanter, et moi-même. . .

d'albe , toujours gaiement.

Comme si je n'avais rien appris pendant mon voA'age. . .

CLAIRE, d part.

Grand dieu!

ALFRED

Monsieur, Monsieur , je ne sais ce que vous voulez dire. . .

d'alhe,

j4ir du Baiser au Porteur.

Eh mais, d'où vient ce trouble extrême?

ALFRED

Qui , moi , trouble' !... Vous vous trompez , je croi .

d'albe.

Uaus vos amours u'êtes-vous plus le même?

Il se pourrait...

CLAIRE , à part.

Je meurs d'effroi.

ALFRED

Un cœur à des chaînes rebelle.

Far le bonheur u'éiait pas éprouve' , Pour le chercher, il était infidèle;

( Regardant Claire à la déiobée. )

11 ne l'est plus sitôt qu'il l'a trouvé !...

d'albe.

Je crois comprendre. . . un amour raisonnable. . . tant mieux. . . c'est justement pour cela que je vous ai fait appeler. En revenant de Hambourg, j'ai passé dernièrement à Metz , oîi vous avez été' élevé , je me suis arrêté dans votre famille, chez les amis de votre mère, et j'ai même vu la lille de l'un d'eux, du général Delmare... ah ! une jeune demoiselle charmante, sans flatterie.

( Mouvement de Claire. )

ALFRED, à part.

Ciel!. .. {Haut et troublé.) Monsieur, nous reparlerons

de cela plus tard. . . ailleors. . . Ces afFaires de famille. , . devant madame. . .

d'albe.

Pourquoi donc ?. . . Claire ne sera pas indifFe'rente à la nouvelle de votre futur établissement, . . N'est-il pas vrai, ma bonne amie?

CLAIRE

Ah ! . . . monsieur va se marier ?

ALFRED, vivement avec trouble.

Moi , madame ... je ne crois pas . , . C'est-à-dire , il n'y a rien de décide'. . .

d'albe.

Oh ! permettez . . . On m'a fait lire votre dernière lettre.. . Yons demandez du temps , des délais . . . Du reste , de grandes protestations d'attachement pour la famille^ de fidélité à la jeune personne. , . Elle y croit. . . Vous n'avez pas voulu la tromper ? . . . ob ! non . . . lajaunay , dans la coulisse.

Non, non, s'il est en afFaires, je reviendrai plus tard.

d'albe.

C'est Lajannay . . . il s'en va. . . Quel enfantillage ! . . . Mon ami, mon ami, . . ( // sort vivement. )

ALFRED, à Claire, très-bas (i).

Un instant d'entretien ! . . .

CLAIRE , se levant^ et laissant tomber sa broderie. Jamais !. . .

ALFRED

Pour me justifier. ..

CLAIRE

Vous me perdez , monsieur. . .

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