SCENE XIII
SAINT-CHARLES , D'ORMENIL.
d'ormenil. Monsieur , vous avez désiré me parler ! . . .
saint-charles. Oui , monsieur , j'ai une confidence à vous faire , une grande confidence ; et je ne sais vraiment pas comment m'y prendre pour vous expliquer une conduite que l'amour seul peut excuser. Vous savez que l'amour...
d'ormenil, souriant. Je sais... j'ai su. Il en est des amours comme des mathématiques: quand on les néglige, on les oublie... Monsieur, on m'a dit que vous prétendiez à la main d'Euphrosine.
SAINT-CHARLES. C'est-à-dire. . .
d'ormenil. Depuis le jour qu'on vous a reçu dans la maison, autant qu'il m'en souvient, elle a été l'objet de vos soins, de vos prévenances.
saint-charles. Il est vrai.
d'ormenil. Dans les bals , dans les soirées musicales que sa mère donnait , vous avez toujours dansé , toujours chanté avec elle.
saint-charles. Oui, monsieur.
d'ormenil. Conclusion : vous l'aimez.
SAINT-CHARLES, embarrassé. Non, monsieur.
d'ormenil. Vous chantez, vous dansez avec elle , et vous ne l'aimez pas?
saint-charles. Non , monsieur.
d'ormenil. Et pourquoi donc voulezvous l'épouser ?
saint-charles. C'estque. . . monsieur. . .
je ne le voudrais pas.
d'ormenil. Qu'est-ce que cela veut dire?
saint-charles. Monsieur, vous avez une autre nièce.
d'ormenil. Oui , monsieur , que vous n'avez jamais fait danser.
SAiNT-cnARLES. Il est vrai.
d'ormenil. Avec laquelle vous n'avez jamais chanté ?
saint-charles. Oui, monsieur.
d'ormenil. Conclusion : vous ne l'aimez pas.
saint-Charles. Au contraire, monsieur.
d'ormenil. Vous n'avez jamais chapté ni dansé avec elle , et vous l'aimez ?