JULIENNE, GERMAIN
JULIENNE, appelant. Germain?
germain. Ma femme?
julienne. As-tu attelé?
germain. Oui, ma femme.
julienne, soupirant. C'est donc fini...
ah!
germain. Tu soupires, parce que je viens d atteler ?
julienne. Germain , que te disais-je hier ?
germain. Tu me disais...
julienne. Que le mariage d'Euphrosine avec M. Saint- Charles tuerait ma pauvre Claire.
GERMAIN. Tiens! moi, je croyais qu'on ne pouvait mourir que de son propre mariage.
julienne. On va partir pour la campagne de madame, pour Auteuil qu'habite son notaire; on doit y passer le contrat de mariage d'Euphrosine et de M. Saint- Charles ; tous les amis de la famille se réuniront là... après le contrat, il y aura fête, et je remarque que Claire est aujourd'hui plus pâle que jamais.
germain. Ah ! bah ! tu te fais des idées ! M. Bénard, ce médecin célèbre, qui est plus savant que toi, dit qu'il ne comprend rien à la langueur de Mlle Claire, et tu veux la comprendre, toi !
julienne. M. Bénard, qui m'a interrogée plusieurs fois, sait aussi bien que moi ce qui guérirait cette bonne Claire.
Germain. Ah ! et quoi donc?
julienne. L'amour de sa mère... mais tu ne vois rien, toi, tu es si peu sensible !
germain. C'est pour cela que je me porte bien ; il me semble d'ailleurs que depuis hier madame ne fait aucune diffé-
rence entre ses deux filles ; on dirait même qu'elle est plus caressante pour Mlle Claire.
julienne. Oui, parce qu'elle a consenti à épouser M. d'Herbin.
germain. Chut! voici mademoiselle.