ACTE II, SCENE IX
rai à ma nièce que je me fais fort de les rendre plus tard impossibles. Pensez-vous que si je parviens à lui persuader, ..?
le DOCTEUR. Ce sera sans doute un adoucissement à ses peines pour quelques jours, et c'est une ressource à ne pas négliger ; mais, bientôt après, son ame se prendra tout entière au poignant chagrin de n'être pas aimée de sa mère autant que sa sœur. Sa douleur aura moins d'objets, mais non pas moins d'intensité; car, je vous le répète, votre nièce se meurt de l'indifférence de sa mère.
d'ormenil. Vous me désespérez. Que faire ?
le docteur. Je sais bien le résultat qu'il faudrait obtenir ; mais comment l'obtenir?... voilà ce que j'ignore. Comment tromper votre nièce, par exemple? comment lui faire accroire qu'elle est dans Terreur et que sa mère l'aime autant qu'elle aime Euphrosine ? ou bien comment parvenir à la rendre indifférente à cette préférence de sa mère pour sa sœur?
d'ormenil. Et vous pensez que si on n'obtient pas ce résultat...?
LE docteur. Perdue, perdue; et je déclare désormais mon art et mon zèle tout-à-fait impuissans.
Il salue.
d'oRMENIL. Quoi, mon ami, vous me laissez!.. t,y goufr v\ gfrV . VlQib
LE DOCTEL'R. Il faut que je revoie votre nièce... que je l'interroge... que je réfléchisse encore si (Lui prenant la main.)
Mon ami, vous avez pour Claire une bien tendre affection ; mais je vous assure que mon cœur n'est pas moins navré que le vôtre, et que vous ne seriez pas plus heureux que moi si j'avais trouvé un moyen de la sauver.
Il sort par le jardin.
OOOOOOOOOOOOQQQS