ACTE III, SCENE X
poitrine n'est plus oppressée... ohï maintenant je ne veux plus mourir... maintenant que je sais... Bonne madame d'Ormenil, elle m'a adoptée, elle a élevé mon enfance, elle a tout fait pour moi, et elle ne me devait rien ; elle n'est pas ma mère! (Regardant le portrait.} Ma mère î pauvre mère, pardonnez-moi, si une autre partage avec vous mon amour et ma reconnaissance !.. Mme d'Ormenil est ma protectrice... Puis-je en un jour effacer de mon cœur des sentimens que depuis si long-temps j'éprouve pour elle? oh ! non, non, c'est impossible ! et à présent même, je ne pourrais m 'accoutumer au spectacle de sa tendresse exclusive pour sa fille.... Oh! il faut que je parte, que je m'éloigne, et pour ne plus revenir... Mais je ne puis partir sans remercier ma bienfaitrice ; car j'ai été bien ingrate à mon insu ; j'ai dû l'affliger bien profondément ; j'ai été cause qu'on l'a appelée mauvaise mère... Oh! oui, oui, je lui dois une réparation... et mon oncle m'approuvera quand il saura que je veux le suivre dans sa province, et ne plus le quitter... oui, oui, je dirai tout à Mme d'Ormenil, c'est une justice, et un devoir, un devoir sacré... lorsque je l'aurai accompli, je m'éloignerai pour toujours!.. {Pleurant.) Je la regretterai bien long-temps ; mais au moins quand je ne serai plus là, je ne pourrai rien exiger d'elle... je n'aurai plus rien à lui demander... je ne verrai plus Euphrosine, seule, dans ses bras... ( elle regarde le portrait ) et alors, alors je serai toute à vous, ma mère.
Elle pleure.